Publiziert am: 05.10.2018

État social sans limites

CONGÉ PATERNITé – Notre État-providence a atteint depuis longtemps 
les limites de ce qui est financièrement supportable. Impossible dès lors d’entrer 
en matière sur le congé de paternité, sous toutes ses formes d’ailleurs.

C’est le débat dont on serait bien passé. La consolidation de notre État-providence absorbe déjà des montants faramineux. Rien que pour assurer l’AVS, il faudra ajouter chaque année jusqu’en 2030 au moins 4 milliards de francs à l’assurance vieillesse de l’État.

Les correctifs liés à la prévoyance professionnelle en retard entraîneront des coûts annuels supplémentaires d’environ 2 milliards de francs. Dans l’hypothèse d’une croissance modérée des coûts de 3%, notre système de santé coûtera 2,5 milliards de francs de plus chaque année.

Des sommes épouvantables qui exigent des mesures d’austérité.

Quatre semaines – au minimum…

À gauche, on voit les choses de manière différente. Pour eux, notre État-providence ressemble à une vieille couverture trouvée qui, comme dans les États voisins très endettés, devrait enfin être largement ravaudée. Et ceci malgré le net rejet de la Prévoyance vieillesse 2020.

L’objectif des syndicats est à 
d’obtenir sur le long terme un congé parental d’au moins six mois. Comme étape intermédiaire, un congé de paternité de quatre 
semaines est mainte­nant ciblé au moyen d’une initiative populaire.

Une exigence minimale absolue, soulignent-ils, qui ne devrait jamais être remise en question.

Lutte contre les bureaux vides

L’usam s’oppose fermement au congé de paternité de quatre semaines, qui entraînerait des coûts supplémentaires de plus de 400 millions de francs. Hausses des cotisations sociales, des coûts salariaux: c’est impossible!

Cela signifierait aussi des absences supplémentaires à absorber, particulièrement problématiques pour l’économie. Les absences sur le lieu de travail sont déjà suffisantes côté masculin: en effet aux quatre semaines de vacances minimales s’ajoutent le service militaire, la protection civile, divers congés pour les jeunes, la formation continue.

Dans cette liste, il ne faut pas 
oublier les diverses maladies, accidents, congés divers – tout cela en parfaite conformité avec le Code des obligations. On devrait éviter que les gens soient plus souvent sur les fiches de salaires que dans les entreprises!

Droits des partenaires sociaux

Travail.Suisse est l’un des deux 
principaux syndicats à l’origine de l’initiative populaire pour un congé de paternité de quatre semaines. C’est incompréhensible.

Le congé de paternité est un terrain de jeu classique pour les négociations de toutes les conventions collectives. Si tout était réglementé au plan législatif, les syndicats ne seraient pas nécessaires. Travail.Suisse est donc en train de scier sa propres branche!

Certains diraient que d’autres pays disposent d’une politique familiale plus généreuse que la Suisse. C’est peut-être vrai. Cependant, ils en paient généralement le prix avec une dette intérieure élevée, un taux de chômage plus important, un manque de perspectives pour les jeunes et une faible prospérité.

Cette vision catastrophique n’est pas une option pour la Suisse. Le congé de paternité, quelle qu’en puisse être la durée, une durée imposée par l’État qui plus est, devrait donc être clairement rejetée.

Kurt Gfeller, usam