Publiziert am: 06.03.2015

Marché suisse tonique

Interoute – Propriétaire de la plus importante plateforme «cloud» d’Europe et de 70 000 km de fibre optique dans le monde, cet acteur apprécie le dynamisme du marché suisse des PME.

Ce groupe de droit privé non coté en bourse dispose de son cœur d’affaires en Europe tout en étant actif dans le monde entier. Avec près de 70 000 km de fibre optiques qui parcourent les continents et les océans, 12 centres de données et des centres de colocation dans plusieurs dizaines de pays et une couverture régionale avec assise nationale.

En Suisse, le groupe est présent à Genève et Zurich, via deux centres de ressources. «Le marché des PME suisses est très dynamique, plutôt mature, détaille Bastien Aerni, vice-président Sales et Business Development, également Head of Sport and Event Business. Contrairement à d’autres pays européens, ses acteurs disposent d’une assez bonne connaissance des technologies de l’information et sont capables de formuler des demandes de services informatiques plus abouties.»

Pas de ralentissements constatés
sur les projets de l’an dernier

Sur quel type de produits le marché suisse offre-t-il encore des potentiels? «Dans les services fournis depuis le Cloud, car c’est le modèle économique et technique qui est le plus adapté à ce marché et qui offre la plus grand flexibilité aux entreprises», analyse Bastien Aerni. Dans les secteurs, il y a actuellement beaucoup de discussions dans l’industrie et l’horlogerie. Le domaine des services, le secteur bancaire affichent en revanche un certain recul. La décision de la BNS n’a pas pour l’instant produit d’effets sensibles: «Nous ne constatons pas de ralentissement ou d’annulation sur les projets basés sur des décisions prises l’année dernière.»

Le groupe poursuit sa progression 
en construisant sur trois piliers: la communication, le computing et la connectivité. Historiquement, il y a une quinzaine d’année, l’essentiel de notre business était lié à la fibre-optique et nous fournissions à d’autres opérateurs des services de télécommunication, de la bande passante internet, rappelle Bastien Aerni. Puis, par innovations et acquisitions, nous sommes arrivés dans le computing, comprenant notamment des services de housing, d’hébergement, de serveurs virtuels et de service cloud.» La communication, le troisième pilier constitué par des services tels que la voix sur IP, la messagerie ou la vidéo-conférence. «Plus que la connectivité, le computing et la communication représentent les services à forte valeur ajoutée du groupe», affirme son vice-président.

Potentiel des petites structures actives à l’international

Ces services sont-ils financièrement accessibles aux PME? «Oui, il est possible de démarrer de manière modeste et de monter en gamme en fonction des besoins. Nous travaillons avec des petites entreprises qui sont activent à l’international – sur trois sites par exemple – avec lesquels elles doivent entretenir des relations étroites.»

Interoute dispose de bureaux techniques dans toute l’Europe (dans 32 pays) et livre des services dans près de 120 pays. Dans les océans, une dizaine de câbles parcourent la Méditerrannée, l’Atlantique jusqu’en Amérique du Nord, la Manche vers l’Angleterre. Parfois les câbles appartiennent à l’entreprise, parfois ils sont en co-location ou co-propriété avec d’autres structures.

«L’avenir verra les services unifiés monter en force, en accordant encore plus d’importance aux problématiques liées aux métiers. Pour prendre l’exemple de la vidéo conférence, nous achetons de moins en moins des écrans, mais de plus en plus un service qui met un écran à disposition, mais également de la connectivité, des logiciels», estime Bastien Aerni en songeant à l’évolution du secteur au cours de la prochaine décennie.

Observer comment les jeunes consomment de l’information

Et sur le plus long terme? «Toutes les données arriveront de l’extérieur avec une plus grande dématérialisation encore que tout ce à quoi nous pouvons penser maintenant. Il est déjà possible d’acheter des design d’objets en ligne, que l’on ‹imprime› ensuite localement. Observer la manière dont les plus jeunes consomment de l’information fournit une indication de la direction que nous prenons actuellement.»

Ce virage du «cloud» se fera sentir plus fortement lorsque ces générations entreront dans le monde professionnel. Certaines entreprises s’y préparent, leur présence en ligne fait déjà partie de leur culture.

«Chez Interoute, nous avons mis au point un Virtual Bridge, une salle de réunion virtuelle où chaque collaborateur peut entrer et inviter des interlocuteurs, ajoute Bastien Aerni. De notre point de vue, le télétravail est une option intéressante, même si les entreprises y arrivent plutôt lentement.»

François Othenin-Girard