Publié le: 2 mars 2021

Oui à l’accord avec l’Indonésie

VOTATIONS DU 7 MARS - L’accord de libre-échange (ALE) n’apporte pas davantage d’huile de palme, mais de l’huile de palme plus durable.

L’Union suisse des paysans (USP) s’est engagée avec la coalition sur l’huile de palme pour un accord de libre-échange (ALE) avec l’Indonésie ne compromettant pas l’agriculture suisse. Ce but est atteint ! Par conséquent, les représentants paysans ont avalisé l’ALE au Parlement, et l’USP s’est donc également prononcée en sa faveur. Bien sûr, l’ALE n’est pas en mesure de sauver la forêt pluviale en Indonésie. Il peut cependant contribuer à ce que l’huile de palme provienne de cultures plus durables à l’avenir.

Malgré les attentes de l’Indonésie, une importation illimitée d’huile de palme a été évitée. Des concessions n’ont été accordées que pour des quantités limitées. En outre, les droits de douane n’ont pas été abolis, mais seulement réduits. Les contingents pour la stéarine de palme et l’huile de palmiste ne posent pas de problème à l’agriculture suisse. Ces huiles sont principalement utilisées dans l’industrie. Dans le cas de l’huile de palme brute, qui fait concurrence aux huiles végétales et au beurre suisses, seul un petit contingent a été accordé.

Plus durable, mais pas moins chère

Seule l’huile de palme répondant à certains critères en matière de culture durable bénéficie de droits de douane réduits. Tout d’abord, l’huile de palme doit être certifiée. La Confédération reconnaît en particulier le label RSPO, qui est très répandu à l’international. Ensuite, l’huile de palme doit être livrée avec un certificat d’origine dans des conteneurs de 22 tonnes. Il est ainsi possible de garantir la traçabilité et le contrôle de la certification jusqu’à la plantation.

Ces exigences de durabilité occasionnent des coûts aux producteurs et commerçants. Ces coûts correspondent environ à la valeur de la réduction tarifaire. Par conséquent, l’huile de palme serait importée à peu près au même prix qu’auparavant. Ce qui change, c’est la qualité de la marchandise. Au lieu d’importer de l’huile de palme issue d’une production douteuse, les importations proviennent davantage de cultures durables.

Les concessions tarifaires étant liées à des exigences de durabilité, l’ALE ne génère aucune pression accrue sur les prix. Le débat public sur l’huile de palme a même profité à la production suisse : de nombreux transformateurs préfèrent maintenant de plus en plus l’huile de colza et le beurre à l’huile de palme. La demande de colza a ainsi augmenté d’environ 20% ces dernières années. L’accord a également été assorti d’une clause de sauvegarde. Si les prix des oléagineux indigènes venaient à subir une pression inattendue, la Suisse pourrait aussi suspendre les concessions accordées.

Une vision idéologique étroite

Le titre de la campagne des opposants « Stop l’huile de palme » est trompeur et faux. De grandes quantités d’huile de palme sont déjà importées en Suisse. Cette quantité n’augmentera pas à la suite de l’accord. Ce qui change, c’est qu’avec l’ALE, l’huile de palme importée devra répondre à des exigences minimales.

L’accord conduit donc à une amélioration, alors que sans l’ALE, la situation actuelle restera intolérable. Les opposants combattent donc une amélioration qui va en réalité dans le sens de leurs revendications: plus de durabilité. Une telle attitude ne peut s’expliquer que par une vision idéologique étroite s’obstinant à dénigrer systématiquement l’huile de palme.

Jamais un accord ne s’est vu assorti d’exigences aussi élevées en matière de durabilité. Cet exemple montre qu’il est possible de trouver des solutions sans mettre en danger la production indigène et tout en rendant le commerce plus durable. Indépendamment de l’accord, la destruction de la forêt pluviale causée par la culture de l’huile de palme reste un problème. C’est pourquoi l’industrie, la restauration, le commerce de détail et les consommateurs doivent, eux aussi, renoncer si possible à des produits contenant de l’huile de palme. L’huile de colza et le beurre suisses représentent des solutions de remplacement saines et durables.

Il est clair que les futurs ALE n’ont une chance que si la durabilité est prioritaire, si des normes relatives aux produits sont fixées et si l’agriculture suisse n’est pas mise en péril. De ce point de vue, l’accord de libre-échange avec l’Indonésie aura valeur de signal et mérite d’être approuvé dans les urnes. usam

www.suisse-ouverte-et-durable.ch

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