Publiziert am: 07.06.2019

Petites et grandes: l’unité de façade?

tissu économique – Quelques affaires récentes montrent à quel point il est parfois difficile d‘obtenir le soutien des grandes entreprises, quand celles-ci ne tournent pas leur veste, voire mènent un coup de lobbying contre les PME. Une entente entre tous constitue pourtant le ciment de la prospérité!

Les PME s’acquittent de leurs responsabilités face à l’Etat, défendent l’AVS et la fiscalité, s’efforcent de maintenir les bilatérales avec l’UE, se battent même pour les grandes structures. Mais que font ces dernières pour les PME? Ce qui donne à réfléchir, c’est le fait que de (trop) nombreux politiciens s’opposent aux PME par pur opportunisme.

Cas 1: alimentaire

Prenons la signalisation alimentaire (lire en page 8). Pendant des années, les PME ont résisté à cette nouvelle réglementation qui induirait des coûts non compensables. Au plan politique, la résistance fut difficile. Et le plus malheureux, c’est que déjà, certaines grandes entreprises tournent leur veste et s’adaptent volontairement à cette réglementation

Cas 2: droit des S. A.

Sur la révision du droit des sociétés anonymes, le comportement de nombreuses grandes structures, et de leurs associations est explosif. Les simplifications prévues pour les grandes, émissions d’actions en devises étrangères sans valeur fixe, etc., seraient compensées par des réglementations en plus pour les petites. Les conseils d’administration des PME devraient garantir personnellement la liquidité de l’entreprise. Les dispositions de l’initiative «Minder» contre l’escroquerie seront étendues aux PME.

Cas 3: actions au porteur

Il y a un autre problème qui illustre parfaitement ce biais contre les PME. Le Conseil fédéral veut interdire les actions au porteur et ce type de société. Ceux qui ne convertissent pas leurs titres seront expropriés. Environ 50 000 PME sont visées. Et que font les grandes entreprises et leurs représentants? Ils soutiennent le Conseil fédéral. En prétendant qu’il existe des traités internationaux qui règlent cette question. Or il n’existe ni traités, ni normes exigeant l’abolition de la société anonyme au porteur – il n’y a même pas de recommandations à cet égard.

Lobbying anti PME

Bien entendu, toutes les grandes entreprises ne sont pas opposées aux PME. Mais presque personne n’ose les défendre. Les associations de grandes entreprises se fendent même parfois d’un coup de lobbying contre les PME.

«Together we stand...»

Personne ne s’attendrait à leur soutien inconditionnel. Mais il est troublant de voir à quel point en cas de nécessité les grandes entreprises continuent d’exiger la solidarité des PME. Et que dans d’autres cas, elles tournent vite leur veste. Au sein des PME, une telle attitude opportuniste ne passe pas inaperçue. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que l’initiative de responsabilité d’entreprise soit parfois accueillie avec une certaine sympathie. A droite aussi, certains n’aiment pas constater que le cours des actions chutent et que les salaires des cadres grimpent en flèche, alors que les sites de production sont externalisés et que les contrats de collaborations avec les PME locales passent au vieux papier.

L’unité économique a fait la force de la Suisse. Elle devrait être plus solide qu‘une entente de façade. Les grandes entreprises auraient tout intérêt à s’en souvenir. (SC)