Publiziert am: 09.08.2019

Retraites à 65 ans: Oui! Augmenter la TVA: Non!

AVS 21 – A la mi-mai, les électeurs ont décidé d’allouer davantage de fonds à l’AVS. Cependant, celles-ci ne vont pas loin. Des mesures supplémentaires sont indispensables pour une rénovation durable.

L’AVS connaît des difficultés financières. L’année dernière, les dépenses ont dépassé les recettes ordinaires de plus d’un milliard de francs. Et en raison de la démographie, il faut s’attendre à des déficits plus importants d’une année à l’autre…

Le projet de loi RFFA, qui a été approuvé par les électeurs en mai, prévoit une aide à court terme. Dès l’année prochaine, la Confédération versera 800 millions de francs supplémentaires à l’AVS. Un montant supplémentaire de 1200 millions de francs sera exigé par le biais de déductions salariales plus élevées.

C’est douloureux. Et pourtant, l’effet est assez modeste. Dès 2023, il faudra s’attendre à de nouveaux déficits. D’autres mesures de restructuration de l’AVS sont donc inévitables.

Ne répétons pas les erreurs!

Début juillet, le Conseil fédéral a annoncé son intention de fixer l’âge de la retraite à 65 ans pour les femmes et les hommes. C’est une bonne chose: l’espérance de vie des femmes est encore d’environ quatre ans supérieure à celle des hommes. L’ajustement de l’âge de la retraite est donc attendu depuis longtemps et fait l’objet d’une approbation de plus en plus forte au sein de la population. Et l’AVS dépend d’urgence d’une économie annuelle de 1,4 milliard de francs.

D’autre part, il est incompréhensible que le Conseil fédéral veuille consacrer immédiatement environ la moitié des économies réalisées grâce à l’unification de l’âge de la retraite à des mesures compensatoires pour les femmes. Et tout cela pendant neuf ans. Nous ne pouvons tout simplement pas nous le permettre.

Le déficit de financement de l’AVS est tel que les économies qui peuvent être réalisées doivent profiter pleine­ment à la restructuration de l’AVS. Le vote sur la Prévoyance vieillesse 2020 en septembre 2017 a clairement montré que les mesures compensatoires telles que la pension complémentaire de 70 francs prévue à l’époque n’augmente pas les chances qu’une proposition soit soumise à l’urne, mais la mettent plutôt à genoux. Cette erreur ne doit pas se répéter.

Symétrie des sacrifices

Le Conseil fédéral veut combler l’essentiel du déficit de financement par des recettes supplémentaires. Il veut augmenter les taux de TVA de 0,7%. L’usam le rejette catégoriquement. Le principe de symétrie des sacrifices doit être respecté.

L’usam est prête à accepter une augmentation modérée de la taxe sur la valeur ajoutée en contrepartie du relèvement de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans. Toutefois, les revenus supplémentaires en faveur de l’AVS ne doivent pas être à la Prévoyance vieillesse 2020, et il faut également tenir compte des 0,3% de déductions salariales plus élevées qui ont été discutés dans le cadre de la proposition RFFA. Concrètement, cela signifie que pour l’AVS 21, seuls 0,3% de TVA supplémentaire au maximum peuvent être pris en compte. Ni l’économie, ni le consommateur ne devraient payer plus cher. Dans le cas contraire, les dommages causés à la place économique suisse et la perte de prospérité seraient trop importants.Kurt Gfeller, usam