Publiziert am: 08.02.2019

Revenir dans l’entreprise

EMBAUCHE «BOOMERANG» – De fréquents changements d’emploi sont normaux sur le marché du travail actuel et ne sont plus un mauvais signe. Mais un employé n’a pas besoin d’être parti pour toujours. Les anciens employés peuvent aussi rester une grande opportunité.

«Merci beaucoup pour votre travail. Qui sait, peut-être que nos chemins se recroiseront? Dans tous les cas, vous pouvez m’ajouter comme personne de référence dans votre dossier.»

C’est comme ça que vous imaginez la fin d’un entretien de départ? Dans l’affirmative, cela pourrait avoir un effet positif. Parce que cette partie sur les retrouvailles n’est pas une phrase vide de sens. Par contraste avec le passé, où les chemins se séparaient pour toujours dans le monde du travail, aujourd’hui, autant de portes que possible devraient rester ouvertes, y compris pour les personnes qui reviennent dans l’entreprise. On appelle cela l’embauche «Boomerang».

Changer souvent, c’est normal

Il fut un temps où, passé l’apprentissage, on restait dans l’entreprise jusqu’à l’âge de la retraite. Ce n’était pas si rare. On emploie l’imparfait, car pour la génération Y, diversité, équilibre entre travail et vie personnelle, reconnaissance sont nécessaires. Les changements d’emploi font partie de ce mouvement et ne sont plus perçus négativement – à condition qu’ils soient effectués de manière compréhensible.

On prendra l’ex-stagiaire

D’innombrables études font état d’oiseaux migrateurs sur le marché du travail. Habituellement, on suppose qu’il faut compter de trois à quatre ans avant que les employés ne soient attirés par un nouvel emploi. Cela augmente également la probabilité de frapper à la porte d’un ancien employeur à un moment donné. Ou à celle d’un ancien employé.

Mais il ne s’agit pas seulement de spécialistes hautement qualifiés. Prenons le cas d’un apprenti qui n’a pas encore de plan précis pour son avenir, se rend à l’école de recrue et retourne ensuite dans son entreprise. C’est un classique. Que vous soyez un ancien stagiaire ou un chef d’équipe, la devise est surtout de maintenir le cap.

Ancien employeur, nouvel emploi

Cette idée de retourner où l’on était peut venir du fait que le nouvel employeur n’est «pas aussi génial» que le précédent. Il y a beaucoup d’autres raisons. Les responsables RH sont donc bien avisés de garder tous les dossiers à portée de main et cela durant quelques années.

Une entreprise et une vie privée peuvent beaucoup changer en une seule année. Un poste important est soudainement vacant, les horaires de travail sont devenus plus flexibles. D’autre part, le temps aidant, une personne souhaite assumer plus ou moins de responsabi­lités. Elle peut aussi avoir acquis de nouvelles qualifications.

L’expérience est également une valeur clé. Derrière, il y a bien plus que des années dans la profession. La formation continue, le réseautage, l’élargissement des horizons, les changements dans l’environnement personnel – de nombreuses valeurs se développent avec le temps.

Quelles que soient les raisons de partir, il y en toujours aussi pour revenir. Mais il faut s’engager de part et d’autre. Les responsables RH doivent prendre à cœur ce défi, et surtout prendre les choses en main, être proactifs sur les médias sociaux pour garder le contact et continuer à inviter les gens (et d’accepter les invitations reçues). Et d’inviter les anciens aux événements de l’entreprise. Ces derniers à leur tour restent informés de la vie de l’entreprise.

Il revient, et après?

Un retour n’est pas évident. Tout le monde a besoin de temps pour s’adapter, y compris celui qui revient. Est-ce que les anciens sont toujours là? Demandez-vous – et demandez-leur – à quoi devrait ressembler le nouvel esprit d’équipe.

Y a-t-il eu des conflits dans le passé? La personne revient-elle dans une fonction supérieure qui pourrait susciter l’envie? Et le rapatrié est-il toujours la bonne personne pour ce poste en dépit des changements qui ont eu lieu entretemps dans l’entreprise?

L’embauche «Boomerang» est un moyen efficace de trouver des travailleurs qualifiés, mais doit être traitée aussi soigneusement que le recrutement «normal». Le potentiel de surprises est trop élevé pour que l’on puisse se permettre de dormir sur ses lauriers. UHL/JAM