Publié le: 19 janvier 2018

Service public sans arnaque

no billag – Un OUI à l’initiative «No Billag», soumise au vote le 4 mars, ne signerait même pas 
la fin de la SSR. Pour cette grande institution, ce sera au contraire le début d’une nouvelle ère.

En cas de OUI à «No Billag», la 
Suisse ne périra pas. Cela n’est pas seulement le propos des défenseurs de l’initiative. Gilles Marchand, directeur général de la SSR, partage cet avis. Il l’a répété dans l’interview accordée au JAM. Un OUI à l’initiative «No Billag» ne signi­fiera pas ipso facto la disparition de la SSR. Leader du paysage médiatique suisse, celle-ci continuera de jouer un rôle important de service public. Le plan B élaboré par le comité interpartis des arts et métiers «OUI à l’initiative No Billag» montre que l’acceptation de l’initiative permettra enfin d’ouvrir le débat sur le service public. Les programmes qui ne trouveront pas de financement sur le marché seront soutenus. Mais ce soutien se fera de manière démocratique, sans arnaque, sans double imposition arbitraire des entreprises et sans distorsion du marché au détriment des médias privés.

Une SSR libérée, allégée...

Dans cette campagne, la tactique des responsables de la SSR a consisté à peindre le diable sur la muraille en évoquant le dépôt de bilan et la liquidation de la SSR. «Si, malgré l’excellente position de leur société, les fonctionnaires de la SSR menacent de la liquider sans proposer de plan B, ils commettent une erreur du point de vue de l’économie d’entreprise», relève Jean-François Rime, conseiller national (UDC/FR) et président de l’usam. Un argument qui lui semble discutable d’un point 
de vue politique et démocratique. «Cette position revient à exercer un chantage à l’égard du peuple suisse en simulant un lock-out, analyse-
t-il. Si, avec la société prospère qu’elles ont en main, la direction commerciale et la direction straté­gique de la SSR ne sont pas à même de développer une vision entrepreneuriale et des idées commerciales, chaque franc investi par le contribuable est un franc de trop.» La SSR, une fois délivrée des entraves de l’impôt médiatique, pourra exploiter de nouvelles possibilités. «Le service public sera financé dans une très grande proportion par les recettes provenant du marché, précise Hans-Ulrich Bigler, conseiller national et directeur de l’usam. Quant au service public dans les régions, il restera financé.» L’acceptation de l’initiative «No Billag» est une chance offerte à la SSR de se renouveler et de devenir indépendante. Un OUI à l’initiative supprimera cet impôt injustifié sur les médias, ainsi que la double imposition arbitraire des entreprises. «À l’avenir, les citoyens verseront leur contribution à la SSR pour ses émissions et ses programmes de qualité. On ne les contraindra pas à payer un abonnement général qu’ils n’ont jamais demandé», déclare Sylvia Flückiger-Bäni, conseillère nationale (UDC) et cheffe d’entreprise.

Fin du pluralisme médiatique

«Un OUI à l’initiative ‹No Billag› permettra de renforcer le pluralisme des médias en Suisse et d’éviter l’étatisation de la presse écrite et en ligne, observe Peter Schilliger, conseiller national (PLR) et chef d’entreprise. C’est le danger de cette nouvelle loi sur les médias qui esquisse une nouvelle phase d’étatisation du système médiatique suisse, en prévoyant une extension des subventions aux journaux ou aux portails en ligne. Ce serait la fin du pluralisme médiatique et des médias libres et il importe 
de s’opposer résolument à cette évolution.» Comme entreprise libre, la 
SSR pourra pleinement exploiter les chances qui lui sont offertes. Elle ne faussera plus le marché en utilisant des milliards de francs de fonds publics, elle n’étouffera ni n’évincera plus les médias privés par son statut de mastodonte. La SSR restera leader du paysage médiatique suisse, mais dans le cadre d’une concurrence 
loyale et à armes égales. usam

n Lire également pp. 4,5,6.

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«No Billag» dans l’émission de l’usam

 

 

L’usam soutient l’initiative «No Billag» (voir texte principal et pages 6-7). Les adversaires de l’initiative ont aussi leur mot à dire dans 
cette campagne. Dans cette édition, le directeur général de la SSR, 
Gilles Marchand, présente sur deux pages ses arguments et ses idées sur la manière dont la SSR doit 
s’adapter à la nouvelle donne 
(pages 4 et 5). «FOKUS KMU», l’émission de TV de l’usam, présentera une édition spéciale «No Billag». Sous la direction de Filippo Leutenegger, l’ex-présentateur de l’émission (jadis) culte «Arena», le président de la SSR, Jean-Michel Cina, et d’autres s’affronteront sur ce sujet. La discussion durera 40 minutes et sera diffusée sur les chaînes privées comme Tele Z, TeleZüri, TeleBärn et Tele M1, du 12 au 18 février. Programme disponible sur Internet dès le 12 février.


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