NON clair des PME à l’initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions!»
La Formule E sur la rampe de départ
innovation – Comment construire, financer et tester la voiture électrique de demain. Enquête sur un nouveau paradigme.
L’avancement de Daech et le scandale Volkswagen qui ont secoué la planète en 2015 ont remis sur les devants de la scène l’un des plus vieux rêves de l’humanité, celui de la voiture électrique. Éviter les guerres, la pollution et les technologies frauduleuses qui masquent les émissions de CO2, serait l’objectif de ses constructeurs bien décidés à détrôner le roi Pétrole. La Suisse, qui fut, au 19e siècle, avec l’Angleterre, la Wallonie et la France, l’un des pays pionniers de la première révolution industrielle, pourrait, à nouveau, être parmi ceux qui révolutionneront le monde au 21e siècle. L’EPFL* et l’ADELE** y travaillent déjà !
La Formule E arrive en Suisse
En décembre 2015, le Conseil fédéral a donné son feu vert à l’organisation, dès le 1er avril 2016, de courses de voitures électriques sur circuit dans le pays. Deux mois avant cette décision historique, l’ADELE avait pris les devants. Dans les murs de l’EPFL, cette association estudiantine avait organisé la présentation de la voiture du Championnat du monde FIA*** de Formule E, en présence des constructeurs, scientifiques, sponsors et d’une pilote automobile suisse. Nelson Koch, président de l’ADELE, y avait annoncé la couleur: «La Formule E est plus qu’un sport automobile, c’est un promoteur des énergies renouvelables, puisqu’elle accélère le développement des voitures électriques de demain.» La première saison de Formule E avait été lancée en 2014 à Pékin, et le seul modèle de voiture homologuée à ce moment-là était la Spark-Renault SRT 01E construite par la start-up parisienne Spark Racing Technology, en collaboration avec les sociétés Renault, Dallara, McLaren Electronic Systems et Williams Advanced Engineering. «La Suisse est un cluster de technologies très performantes qui pourrait avoir un apport capital dans cette innovation», souligne Xavier Richard, consultant chez Spark Racing Technology.
Particularités du véhicule
Contrairement au véhicule classique mû par un moteur à combustion interne, la voiture électrique est quant à elle propulsée par la force électromotrice d’un moteur électrique. Ce dernier peut être nourri soit par une batterie d’accumulateurs, soit par une pile à combustible (hydrogène ou méthanol), soit par un moteur thermique. Dans le cas de la Formule E, il s’agit de l’utilisation d’automobiles à batterie d’accumulateurs uniquement. Théophile Gouzin, directeur technique chez Spark Racing Technology, explique: «En l’état actuel des technologies, une voiture électrique n’est pas encore capable de faire une course de plus de 40 à 50 minutes sans que sa batterie soit rechargée. Le but de la Formule E est donc d’offrir une plate-forme aux constructeurs automobiles pour qu’ils puissent venir démontrer leur savoir-faire en termes de mise au point de chaîne de traction électrique.» Des avancées majeures en la matière ont déjà été accomplies par des fabricants de voitures électriques. «L’évolution du coût de la batterie par kilowatt-heure pour une voiture électrique standard est absolument impressionnante», constate le professeur Mario Paolone du laboratoire des systèmes électriques distribués d’EPFL. D’après ce scientifique très recherché des constructeurs, en sept ans, les fabricants ont réussi à baisser de sept fois le coût de la batterie, ce qui laisse présager une démocratisation de la voiture électrique dans un proche avenir.
Ce qui intéresse les sponsors
Anticiper le progrès en y contribuant les premiers. ValĂ©rie Patthey, directrice exĂ©cutive et responsable du marketing rĂ©gional chez Julius Bär, explique qu’une Ă©quipe dĂ©diĂ©e Ă l’élaboration de «visionary thinking» s’occupe dans leur institution de l’étude des diffĂ©rentes tendances qui vont influencer nos Âmanières de vivre. La visĂ©e de cette stratĂ©gie est de dĂ©cider des meilleurs investissements Ă faire. La Formule E en fait partie. Quant Ă Olivier Volery, directeur du sponsoring chez TAG Heuer, il souligne le fait que leur marque, spĂ©cialisĂ©e dans la fabrication de montres de sport et de chronographes de prĂ©cision, a Ă©tĂ© la première au monde Ă s’identifier au sport automobile. C’est d’ailleurs Édouard Heuer, le crĂ©ateur de cette maison horlogère suisse, qui a permis d’amener le vrai chronomĂ©trage dans le sport automobile. Depuis, il appartient Ă l’ADN de cette marque.
Point de vue des pilotes
«Les objectifs qui sont fixés aux pilotes sont très différents selon le type de compétition», explique Simona de Silvestro, pilote suisse de Formule E. D’après cette jeune coureuse automobile, lors d’une compétition de Formule 1, il faut penser à économiser l’essence. Au contraire, en Formule E, il faut se focaliser sur l’économie de l’énergie. De plus, les circuits de compétition de voitures électriques, contrairement à ceux de la Formule 1, ne sont pas permanents. Les pilotes doivent donc tout explorer en un seul jour. Autre point sensible: la différence dans le bruit du moteur, plus fort et sonore pour les automobiles à essence. De passage à Genève, Enrique Bernoldi, pilote automobile de Formule 1 et de GT1, confie: «La voiture électrique est certes une solution écologique importante pour la planète. Toutefois, à titre personnel, je ne la conduirai pas tant qu’elle ne fera pas le même bruit que les voitures de course de Formule 1. Cela me galvanise!»
D’après les estimations de l’OMS, une personne sur huit décède chaque année du fait de l’exposition à la pollution de l’air, phénomène dont 1600 villes à travers le monde souffrent tout particulièrement. Espérons que les constructeurs de voitures électriques de demain pourront réussir là où tous les congrès internationaux ont jusqu’ici échoué: rendre le monde plus respirable…
Textes et photos
Anna Aznaour, journaliste RP
anna@aznaour.com
LIENS
* EPFL – École polytechnique fédérale de Lausanne
** ADELE – Association des étudiants électriciens de l’EPFL
*** FIA – Fédération internationale de l’automobile
Communiqués de presse
Le développement des infrastructures de transport doit tenir compte des besoins des PME
Initiative fonds climat irresponsable: NON à encore plus d’impôts et de dettes!
Le conseiller fédéral Pfister appelle à une conception large de la sécurité et à un réarmement rapide
Conférence hivernale des arts et métiers à Klosters: «La Suisse, petit pays particulièrement vulnérable dans l'économie mondiale»
Plus d'argent pour vivre. Moins de charges pour les entreprises. OUI à l'initiative pour la réduction de la redevance SSR «200 francs, ça suffit!»
