Publié le: 15 août 2025

Passionnée de formation professionnelle

PUBLICATION – Pendant 36 ans, Christine Davatz a marqué la politique de la formation professionnelle de l’usam et le débat public autour de la formation professionnelle duale.

Avec Bruno Weber-Gobet, responsable de longue date de la formation professionnelle chez Travail.Suisse, Christine Davatz a formé une équipe solide qui a mis l’accent sur les besoins des entreprises formatrices, des formateurs et des apprentis. Le livre «Die Arbeit hinter den Kulissen» (Le travail dans les coulisses), qui vient de paraître (lire ci-contre), donne un aperçu du bilan de leur action couronnée de succès.

Équivalence: depuis 2006

Les 30 dernières années ont été marquées par une phase de bouleversement, de repositionnement et de renforcement de la formation professionnelle duale. Dans son rapport sur la formation professionnelle publié en 1994, l’usam présentait déjà sa vision du développement de la formation professionnelle. Ce rapport était publié dans le contexte des mutations économiques et politiques des années 1990. La même année, l’introduction de la maturité professionnelle au niveau national permettait d’intégrer un système de formation professionnelle global et pérenne. La loi sur les hautes écoles spécialisées entrait en vigueur en 1996, suivie en 2004 par la nouvelle loi sur la formation professionnelle (LFPr).La révision constitutionnelle de 2006 a constitué une autre étape importante.

Depuis 1994, l’usam réclame explicitement la reconnaissance de l’équivalence et l’égalité de traitement entre la formation professionnelle et la formation académique. En 2006, l’usam a obtenu l’ancrage de ce principe dans la Constitution fédérale. L’entrée en vigueur de la loi sur l’aide aux hautes écoles et la coordination dans le domaine suisse des hautes écoles (LEHE) en 2015 et de la loi sur la formation continue en 2017 ont constitué d’autres étapes importantes.

Pandémie: situation maîtrisée

La pandémie a posé des défis particuliers à la formation professionnelle. Au printemps 2020, quelque 70’000 jeunes en fin de scolarité devaient trouver une place d’apprentissage. À l’été 2020, des milliers d’apprentis arrivaient au terme de leur formation et se trouvaient à l’aube de leur vie professionnelle. En collaboration avec la Confédération et les cantons, les partenaires sociaux ont réussi à relever avec succès ces défis. Les entreprises ont continué à former des apprentis et les diplômés ont pu rester temporairement dans leur entreprise formatrice.

Le système de formation professionnelle a fonctionné sans défaillance notable. Cette période a aussi marqué la transition vers la nouvelle organisation nationale de la formation professionnelle avec la Conférence tripartite sur la formation professionnelle (CTFP). Les travaux ont débuté en 2021 et elle pilote aujourd’hui la formation professionnelle au plan national.

Un grand merci!

Cet ouvrage apporte non seulement un aperçu des étapes importantes de la formation professionnelle au cours des trente dernières années, mais dans la foulée une idée de l’esprit de coopération qui règne entre les partenaires sociaux, la Confédération et les cantons: toujours dans le but de faire progresser en commun la formation professionnelle. Christine Davatz et Bruno Weber-Gobet, ainsi que les autres acteurs, ont mis toute leur énergie au service d’un système de formation professionnelle efficace en Suisse. Ils méritent en cela toute notre gratitude, souligne l’usam.

Un nouveau tournant

La formation professionnelle fait face à de nouveaux défis. Fin avril, le Conseil fédéral adoptait le message relatif à la promotion de la formation professionnelle supérieure, avec diverses améliorations du système dual. Au cœur du projet figurent les titres supplémentaires «Professional Bachelor» et «Professional Master», qui visent à rendre la formation professionnelle supérieure plus visible au niveau tertiaire et à lui conférer une meilleure image dans la société (lire ci-dessus).

Les entreprises ont un besoin urgent de personnel qualifié et de cadres. Chaque année, environ 15’000 PME sont confrontées à un changement de génération ou de direction. Pour que la succession se passe bien, les entreprises ont besoin de personnel qualifié et de compétences de direction et de connaissances appropriées dans divers domaines.

La collaboration constructive et l’action créative menées par Christine Davatz et Bruno Weber-Gobet peuvent servir de modèle aux générations actuelles et futures de partenaires sociaux dans leur collaboration en faveur d’une formation professionnelle attrayante.

Dieter Kläy, usam

politique fédérale

Trois décenniesdans les coulisses

Le système suisse de formation professionnelle est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs au monde. Cela n’a pas toujours été le cas. Un ouvrage retrace son évolution au cours des trente dernières années en s’appuyant sur des entretiens menés avec Christine Davatz (usam) et Bruno Weber-Gobet (Travail.Suisse), qui expliquent comment leurs organisations respectives se sont défendues, quelles ont été les discussions et décisions auxquelles ils ont pris part. Lorenzo Bonoli complète leurs récits par des données et des faits historiques.

Ouvrage paru en allemand:

«30 Jahre Berufsbildungspolitik: Im Gespräch mit Christine Davatz und Bruno Weber-Gobet», von Lorenzo Bonoli. HEP-Verlag, ISBN 978-3—0355-2866-4. (36 francs).

www.hep-verlag.ch

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