Publié le: 23 janvier 2026

Activisme de luxe sur le dos des PME

VOTATIONS - L’initiative «Fonds pour le climat» promet d’invesir pour un avenir durable. En réalité, ce projet vise à redis­tri­buer plusieurs milliards en créant une nouvelle bureaucratie, de fausses inci­ta­tions. Au final, un monstrueux boulet pour l’économie, les PME et la classe moyenne. Et un bénéfice très discutable pour le climat et l’environnement.

L’initiative populaire émanant de la gauche écologiste demande la création d’un fonds climatique public alimenté chaque année par plusieurs milliards de francs. L’utilisation concrète de ces fonds reste délibérément ouverte. Des formulations vagues laissent une grande marge d’interprétation et ouvrent la voie à des convoitises politiques.

Au final, la mise en œuvre d’une idéologie plutôt que l’efficacité des mesures climatiques. Pour les entreprises, une incertitude: qui oserait investir de manière fiable lorsque l’idéologie remplace les critères d’éligibilité, les priorités et les objectifs d’efficacité? Même si les initiateurs de l’initiative sur le fonds climatique suggèrent le contraire, ce sont en fin de compte les contribuables et l’économie qui financeront ce fonds. De nouvelles dettes par milliards, en violation du frein à l’endettement, des taxes plus élevées ou de nouveaux impôts en sont la conséquence logique.

Plus d’État, plus de bureaucratie

Les PME, qui n’ont pas la possibilité de répercuter simplement les coûts supplémentaires, sont particulièrement touchées. La classe moyenne subit une pression accrue, les emplois sont menacés.

La Suisse dispose déjà aujourd’hui de nombreux instruments de politique climatique: taxe sur le CO2, redistribution, programmes de promotion, directives cantonales. Un fonds supplémentaire créerait des structures parallèles, de nouveaux offices et des processus administratifs.

L’expérience montre qu’une part considérable de ces moyens est consacrée à l’administration et au contrôle plutôt qu’à des mesures efficaces. Avec le fonds pour le climat, l’État doit déterminer quelles technologies, branches ou quels projets sont «dignes d’être soutenus». Cela va à l’encontre des principes de l’économie de marché.

Un danger de plus pour les PME

L’innovation naît là où règne la concurrence, là où les entreprises investissent de manière autonome et assument les risques. Les programmes idéologiques dirigés par l’État, qui consistent à arroser tout le monde de la même manière, évincent les investissements privés et freinent la véritable innovation. L’économie suisse est confrontée à la concurrence internationale. Des charges financières supplémentaires et des interventions règlementaires affaiblissent sa position. Les entreprises qui investissent aujourd’hui dans l’efficacité, les nouvelles technologies et la durabilité sont pénalisées au lieu d’être renforcées. C’est un mauvais signal.

Il est particulièrement choquant que l’initiative ne fournisse aucune preuve tangible d’un impact réel sur le climat. Des milliards doivent être dépensés sans indicateurs clairs, sans contrôle des résultats ni objectifs contraignants. La politique symbolique remplace les résultats vérifiables. Pour un pays dont la part mondiale de CO2 est déjà faible, il s’agit d’une approche coûteuse dont l’utilité est douteuse.

Un projet qui doit être rejeté

L’initiative sur le fonds climatique est une expérience risquée qui coûtera des milliards, dont les effets sont incertains et qui aura des conséquences désastreuse pour l’économie et la société. La protection du climat nécessite du discernement, une ouverture technologique et des solutions fondées sur l’économie de marché – et non pas de nouveaux fonds et davantage d’économie planifiée. Du point de vue des arts et métiers et des PME, il est donc clair que cette initiative mérite un NON catégorique.

Patrick DĂĽmmler, usam

www.fonds-climat-non.ch

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