Les membres du comité d’initiative multipartite et les représentants de l’usam ont récemment présenté, lors d’une conférence de presse, leurs arguments en faveur du OUI à l’initiative visant à réduire la redevance SSR «200 francs, ça suffit!». Cette dernière demande que la redevance radio TV, aujourd’hui la plus élevée au monde, soit réduite de 335 francs par ménage et par an à 200 francs. Elle vise aussi à exonérer totalement les entreprises et les commerces d’une double imposition injuste.
Marge faible et taxe SSR élevée
Les PME paient aujourd’hui une taxe SSR proportionnelle à leur chiffre d’affaires, alors que les propriétaires, les employés et les clients paient déjà à titre privé. Peu importe qu’ils utilisent ou non l’offre SSR. Fabio Regazzi, conseiller aux États du centre et président de l’usam, a critiqué cette double imposition des entrepreneurs: «En tant que particulier, je paie 335 francs par an. C’est certes la redevance TV – en réalité une taxe – la plus élevée au monde, mais je la paie. Mais ce qui est injuste, c’est de la payer deux fois. Mes entreprises ont par exemple versé 8765 francs à la SSR en 2025, alors qu’elles ne peuvent ni regarder la télévision, ni écouter la radio.»
Il s’agit là d’une erreur de conception de la révision de la LRTV, qu’il convient de corriger de toute urgence. Et le président de l’usam de souligner: «Cet argent fait défaut à nos entreprise: pour la formation de nos apprentis, pour la formation continue de nos collaborateurs, mais aussi pour les événements d’équipe, les investissements et la cybersécurité. Tous les collaborateurs paient déjà à titre privé. En tant qu’entreprise, nous payons deux fois plus!»
Heinz Theiler, conseiller national PLR et président de l’Union cantonale des arts et métiers de Schwyz, a présenté un autre exemple: «Un garage automobile de Suisse centrale emploie environ quinze collaborateurs, des apprentis. Il doit faire des investissements élevés dans les infrastructures et la formation. L’entreprise réalise un chiffre d’affaires élevé, mais travaille avec des marges très faibles, ce qui est typique pour ce secteur. Avec une année économiquement difficile, les bénéfices sont modestes. La facture de la SSR s’élève néanmoins à plusieurs milliers de francs. Non pas parce que l’on utilise la radio ou la TV dans l’entreprise, mais uniquement en raison du chiffre d’affaires.» C’est loin d’être un cas isolé.
Un peu plus d’argent pour vivre
Le conseiller national UDC Thomas Matter a déclaré: «Il faut soulager les consommateurs. La réduction de 335 francs à 200 francs est adéquate. Hausse des loyers, augmentation des primes d’assurance maladie: les citoyens sont confrontés à ces problèmes depuis longtemps. Grâce à notre réduction des émoluments à 200 francs, tout le monde aura plus d’argent pour vivre.»
Avec la multitude d’offres disponibles sur le Web, la diversité médiatique n’a jamais été aussi grande. «En même temps, nous, les jeunes, devons payer pour une offre que nous utilisons à peine», a déclaré Pauline Blanc, vice-présidente des Jeunes libéraux-radicaux suisses. En ajoutant: «Beaucoup de jeunes sont très surpris lorsqu’ils reçoivent la facture Serafe de 335 francs. C’est injuste, nombre d’entre eux ne roulent pas sur l’or durant leurs études ou leur formation.»
Jonas Lüthy, président des Jeunes PLR, estime que «la mission publique doit être réorientée. Personne n’a besoin de programmes financés par la redevance qui montrent des célébrités à la recherche d’elles-mêmes ou des émissions de rencontres. Le service public est là pour fournir des informations fiables, des contenus éducatifs et la promotion de la diversité culturelle, là où les privés se heurtent à des limites économiques. La SSR peut y parvenir avec 850 millions.» (lire p.2).
Tous les contre-projets rejetés
L’initiative populaire vise à permettre aux minorités linguistiques de continuer à bénéficier de programmes équivalents à ceux SRF grâce à une péréquation financière. Les chaînes de radio et de TV privées continueront à percevoir au moins la redevance actuelle. Dans le même temps, le «service public» sera redéfini, comme l’a souligné Gregor Rutz, conseiller national (UDC): «La concession transitoire de la SSR, octroyée en 2019, a expiré fin 2022. Elle a été prolongée jusqu’à fin 2028. Une fois de plus, le Conseil fédéral et le Parlement n’ont pas voulu discuter de la mission fondamentale: tous les contre-projets ont été rejetés. L’initiative oblige à enfin aborder cette discussion et la définition de la mission fondamentale.»
Discussion de fond nécessaire
La population se prononcera le 8 mars prochain sur l’initiative visant à réduire la redevance SSR «200 francs, ça suffit!». Elle conduira à la discussion de fond nécessaire sur la définition et l’étendue du «service public» dans le domaine des médias. L’initiative allège la charge financière de tous les citoyens, mais surtout des jeunes et des ménages d’une seule personne. La suppression de la double imposition des entreprises par la SSR allégera aussi la charge financière de la place économique suisse.
www.soulager-les-pme.ch
www.initiative-ssr.ch