La Confédération encourage indirectement la presse en lui accordant des tarifs postaux préférentiels. La presse quotidienne régionale en bénéficie en partie, mais aussi la presse associative et celle des conseils de fondation, notamment la Schweizerische Gewerbezeitung (sgz) publiée par l’usam et son équivalent francophone, le Journal des arts et métiers (JAM).
Médias imprimés sous pression
Le paysage de la presse écrite en Suisse est soumis à une forte pression. Ces dernières années, de nombreux titres de journaux ont disparu. Les titres régionaux et de petite taille, en particulier, ont été intégrés à des journaux plus importants, ont fusionné ou ont tout simplement disparu.
Lors de la session de printemps de mars 2025, le National et les États ont approuvé, dans le cadre de la discussion sur la mise en œuvre de l’initiative parlementaire «Pour une presse indépendante, il faut adapter les montants de l’aide indirecte», une augmentation de l’aide indirecte à la presse pour la distribution quotidienne de la presse régionale et locale, qui passe de 30 à 45 millions de francs par an. Cette mesure est valable pour une durée de sept ans. Dans le même temps, une proposition visant à supprimer la réduction annuelle des taxes postales pour la presse associative, d’un montant de 20 millions de francs, a été rejetée. Le nombre de signatures nécessaires pour lancer un référendum contre cette décision n’a pas été atteint.
Des centaines de titres concernés
Bien que le National et les États aient envoyé un signal clair et maintiennent le soutien indirect à la presse associative, le Conseil fédéral réitère sa demande six mois plus tard, en septembre 2025, dans le cadre du programme d’allègement budgétaire 27. De toute évidence, les décisions du Parlement ne comptent pas beaucoup! La suppression du soutien indirect à la presse associative et à la presse des fondations touche environ 900 titres, dont ceux de l’usam, mais aussi d’autres titres comme le «Bauernzeitung», la «Zürcher Wirtschaft», la presse syndicale et bien d’autres. Si l’aide indirecte à la presse pour ces titres est supprimée, il faut s’attendre à ce que de nombreuses associations doivent cesser leurs publications imprimées, ce qui nuira à la diversité des médias et au commerce.
Selon les estimations approximatives de l’association professionnelle et membre de l’usam dpsuisse, les pertes de chiffre d’affaires présumées du secteur graphique devraient avoisiner les 100 millions de francs. Les conséquences sont donc beaucoup plus graves que ne le laisse supposer la réduction de 20 millions de francs.
Formation des opinions
Tout comme la presse régionale, la presse associative joue un rôle important dans la démocratie et contribue de manière significative à la formation de l’opinion des membres et du public. Elle favorise la connaissance du secteur et sert à informer sur la politique et les décisions des associations. En outre, la presse associative apporte une contribution importante à l’intégration et à la cohésion au-delà des frontières linguistiques, de nombreux titres – comme la sgz et le JAM – étant publiés en deux ou trois langues. Cet argument prend encore plus d’importance dans le contexte où certains cantons alémaniques souhaitent supprimer l’enseignement précoce du français.
Rejet par les États
Le programme d’allègement budgétaire 27 a été examiné par le Conseil des États lors de la session d’hiver 2025. Il a approuvé à juste titre la proposition de la commission consultative de renoncer à la suppression de l’aide indirecte à la presse. Au total, il a réduit le projet du Conseil fédéral de plus d’un tiers. L’usam soutient en principe le programme d’allègement et les mesures. Les finances fédérales doivent être assainies de manière durable. Cependant, les 59 mesures ne sont pas toutes politiquement acceptables. L’usam rejette les augmentations d’impôts pour les PME et les citoyens. La hausse prévue de l’imposition des retraits en capital des 2e et 3e piliers est particulièrement inacceptable. Il faut aussi renoncer à la suppression de l’aide indirecte à la presse et à un affaiblissement de la démocratie. La balle est désormais dans le camp du Conseil national.
Dieter Kläy, usam