En tout 1,3%: c’est la part des coûts du Téléjournal (TJ) dans le budget d’un milliard de francs de la SSR. L’ensemble des dépenses du TJ s’élève à 21 millions par an. Sur un budget total de 1,560 milliard, c’est peu!
Le lobby de la SSR pratique une désinformation active. Les opposants à l’initiative contre la SSR montrent une image du TJ qui s’estompe. Apparaît alors le slogan «Bonne nuit, informations sérieuses». C’est trompeur! En effet, même si l’initiative était acceptée, la SSR disposerait encore d’un budget de 850 millions. Elle pourrait assumer les coûts du TJ avec cette petite caisse.
Bien sûr, il n’y a pas que le TJ. Mais même les coûts total des émissions quotidiennes de la SRF ne dépasse pas un total annuel de 48 millions. À peine 3,1% du budget total. Le slogan n’est pertinent que si on l’applique à la campagne menée par les opposants à l’intiative. La SSR devrait prendre ses distances face à cette campagne, mais elle ne le fait pas. C’est irritant car elle se présente souvent comme la gardienne de la vérité.
Le responsable, c’est Jean-Michel Cina. L’ancien conseiller d’Etat et conseiller national valaisan est devenu le président de la SSR en 2017. Pour empêcher une baisse des redevances, il envoie Susanne Wille, sa directrice, au front. Populaire, elle est douée en rhétorique et parle sans cesse de changement et de transformation. Mais son patron reste un conservateur.
Des phrases creuses,des relations publiques sans effet: en 2018 déjà , Jean-Michel Cina avait annoncé des réformes. Une expression était sur toutes les lèvres: il n’y aurait «pas de tabou». Que s’est-il passé depuis? Pas grand-chose. Susanne Wille prend ses fonctions en 2024. Elle aussi promet des économies et «aucun tabou». Récemment, elle a encore utilisé cette expression en évoquant les conséquences d’une acceptation de l’initiative SSR. Une fois de plus, «pas de tabou».
Ce qui est tabou à la SSR, en revanche, c’est l’allègement fiscal des PME! Lors des débats parlementaires, le lobby de la SSR s’est opposé avec véhémence à une contre-proposition modérée. Celle-ci aurait progressivement allégé la double imposition des entreprises sur dix ans. Si la SSR considérait vraiment que l’initiative était aussi dangereuse qu’elle le prétend aujourd’hui, elle aurait dû accepter cette contre-proposition. Toute autre position était irresponsable.
Même si l’initiative était acceptée, la SSR disposerait tout de même d’un budget de près d’un milliard. C’est beaucoup d’argent. Elle n’aurait qu’à établir un plan et montrer comment elle compterait s’acquitter de sa mission avec ces moyens. Mais elle refuse de le faire. Au lieu de cela, elle peint le diable sur la muraille et prétend qu’un milliard, c’est trop peu pour fournir des informations sérieuses. Tout cela n’est guère crédible.
La double imposition des PME est anticonstitutionnelle. Pourtant, la SSR ne veut rien changer. De nombreux acteurs ont peur de la critiquer sur ce point. Ils craignent en effet des répercussions négatives sur leur couverture médiatique. De nombreuses organisations caressent d’ordinaire l’idée que l’allègement de la charge des entreprises est une bonne chose. Elles en font des discours. Ces temps, force est de constater qu’elles se montrent plutôt discrètes. Il revient donc au peuple de trancher en décidant du futur montant de la redevance accordée à la SSR.