Publié le: 23 janvier 2026

Éviter le cumul des risques

COMMERCE EXTÉRIEUR – Les participants ont abordé les défis de la politique commerciale extérieure. Intervenants et participants ont plaidé pour un réseau diversifié d’accords de libre-échange. En revanche, la discussion sur les accords avec l’UE a mis en évidence les divisions qui prévalent au sein de l’économie.

L’après-midi du jeudi a été entièrement consacré aux défis et aux opportunités en matière de politique étrangère. Le professeur Reto Föllmi, de l’Institut suisse d’économie internationale de l’Université de Saint-Gall, a analysé la situation de la Suisse, une toute petite économie confrontée à un défi particulier: la Suisse dépend beaucoup du commerce. Chez nous, le rapport entre le commerce international et le PIB est très élevé par rapport à d’autres pays. En revanche, sa part dans les importations mondiales totales de biens et de services est assez faible. Pas de quoi désespérer, car cela a toujours été le cas.

Mais comment la Suisse peut-elle s’imposer? «Nous devons éviter les risques de concentration et les vulnérabilités stratégiques en entretenant un réseau d’accords de libre-échange, vaste et diversifié.» Et se préparer par une réforme au plan national. «Nous devons augmenter la productivité du marché intérieur et créer des conditions-cadres favorables à l’innovation.»

US: «parmi les mieux traités»

L’ambassadeur Ivo Germann, chef de la Direction des affaires économiques extérieures du SECO, était sur la même longueur d’ondes. «Il est essentiel de disposer de bonnes conditions-cadres.» Dans son aperçu de politique économique extérieure et des principaux partenaires commerciaux, il a insisté sur le fait que la Suisse réalise son plus gros volume d’échanges commerciaux avec les États membres de l’UE, suivis par les États-Unis et la Chine.

Selon lui, il est crucial que la Suisse ne rejoigne pas de bloc. «Nous nous engagerons dans ce sens.» L’ambassadeur a ensuite donné un aperçu de la déclaration d’intention négociée avec les États-Unis en matière de droits de douane. Pondérés en fonction des échanges commerciaux, ceux-ci ne s’élèvent pas à 15%, mais à environ 7%. «Nous sommes ainsi parmi les mieux traités.» Les négociations avec les États-Unis devraient désormais être menées rapidement afin que la situation redevienne claire. L’objectif est d’obtenir d’autres exemptions douanières. La promesse des entreprises suisses d’investir environ 200 milliards de francs aux États-Unis ne se résume pas à un jeu à somme nulle. Ces investissements visent plutôt à permettre aux deux pays de croître ensemble. Compte tenu de l’instabilité globale, la Suisse doit rester ouverte. Une bonne coopération et un commerce diversifié sont importants. «Nous devons rester agiles.»

PME: un chapitre spécial

Au cours de la discussion qui a suivi, Daniel Woker, ancien ambassadeur dans divers pays et spécialiste en géopolitique, a clairement indiqué que les États-Unis étaient en train de rompre complètement avec l’ordre établi, non seulement en matière de politique commerciale, mais aussi en matière de politique de sécurité. Si les États-Unis venaient à disparaître totalement en tant que partenaire commercial, il serait difficile de compenser cette perte ailleurs, a lancé Reto Föllmi. Et cela ne devrait d’ailleurs pas être l’objectif. Patrick Dümmler, responsable de la politique économique à l’usam, a rappelé à quel point les PME devaient aujourd’hui savoir se montrer «plus vigilantes qu’auparavant et observer de plus près ce qui se passe sur le plan géopolitique, par exemple en ce qui concerne leur chaîne d’approvisionnement».

Mais comment une PME peut-elle réussir à s’implanter sur les marchés étrangers? Patrick Dümmler a expliqué que la plupart des accords de libre-échange comportaient un chapitre spécial consacré aux PME. Grâce à l’IA, les PME peuvent évaluer si ces accords leur offrent des opportunités. M. Woker a fait part de sa longue expérience en tant qu’ambassadeur, notamment en Australie. Aujourd’hui, V-Zug et Geberit sont tous deux présents dans ce pays. «Je conseille aux entreprises de se rendre dans les ambassades locales.»

UE: la stabilité ou l’inutilité

Un débat contradictoire était attendu sur les nouveaux accords avec l’UE. Y participaient Rudolf Minsch, économiste en chef d’Economiesuisse, Marco Sieber, entrepreneur et membre de Kompass Europa. Pour ce dernier, dont l’entreprise SIGA exporte environ 40% de sa production vers l’UE, les avantages économiques du nouveau paquet d’accords ne sont pas évidents. «Les coûts de certification des produits représentent au maximum 1% par entreprise. C’est une somme dérisoire.» Et de conclure: «Pour les PME, c’est un très mauvais accord.» Rudolf Minsch a quant à lui rétorqué qu’il était très malvenu de se mettre à dos le meilleur partenaire commercial de la Suisse. Les accords ont un champ d’application clair. «Nous ne sommes pas obligés d’accepter tout et nous pouvons continuer à livrer sans complication tout en restant indépendants. Les accords apportent de la stabilité.»

Les intervenants étaient en désaccord sur de nombreux points. Et sur l’initiative de l’UDC contre une Suisse à 10 millions d’habitants. Pour Marco Sieber, il n’existe pas d’autre solution en l’absence de volonté politique de freiner l’immigration, dont l’ampleur et le rythme sont bien trop rapides. Rudolph Minsch y est opposé, car une limite fixe serait absurde. «Si celle-ci était atteinte, un employeur suisse devrait attendre qu’une personne émigre pour pouvoir embaucher un collaborateur étranger.»

usam: majorité des cantons

Pour conclure, le micro est revenu à Urs Furrer, directeur de l’usam, qui a présenté la position de l’usam concernant le paquet d’accords avec l’UE. La plus grande organisation faîtière de l’économie suisse laisse la porte ouverte. Toutefois, un éventuel accord est soumis à des conditions claires. «Il faut un allègement sensible pour les PME.»

De plus, l’usam rejette le renforcement de la protection contre le licenciement et exige une majorité des cantons. La Chambre suisse des arts et métiers, le parlement de l’usam, définira sa position définitive à l’issue du débat parlementaire.

Rolf Hug

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