Une double imposition qui alourdit les PME
LILIANE KRAMER – Propriétaire et directrice de l’entreprise Joggi AG à Morat, elle estime qu’il faut «rétablir un équilibre entre service public et médias privés».
PHILIPPE NANTERMOD – Pour le conseiller national (PLR/VS), le vrai sujet n’est pas de savoir si la SSR doit
disparaître, mais plutôt si son financement, et donc son fonctionnement, sont encore adaptés à notre époque. Le Valaisan recommande de voter en faveur de l’initiative «200 francs, ça suffit!».
Le débat sur la redevance audiovisuelle est trop souvent caricaturé. Être favorable à l’initiative «200 francs, ça suffit!», ce serait vouloir affaiblir le service public, attaquer la culture ou saboter l’information. Pire encore, lorsque l’on vient d’un canton alpin, ce serait presque un acte de trahison envers les régions périphériques. Tout cela est faux. Le vrai sujet n’est pas de savoir si la SSR doit disparaître, mais si son financement, et donc son fonctionnement, sont encore adaptés à notre époque.
Le monde des tubes cathodiques et des ondes hertziennes, dans lequel une redevance élevée et obligatoire pouvait se justifier, n’existe plus. À l’époque, la SSR diffusait en prime time les grandes séries populaires.
«MOINS D’AUTOMATISMEs, PLUS D’ENVIE. À LONG TERME, C’EST PEUT-ÊTRE CE QUI PEUT ARRIVER DE MIEUX À LA SSR.»
Elle était le passage obligé des grands événements sportifs. Son audience était captive, ou presque. Ce monopole a disparu. Dans le sport, la SSR a perdu du terrain face à des acteurs comme Swisscom, qui proposent des offres payantes, certes, mais plus complètes et mieux adaptées aux attentes du public. Les gens paient volontairement, parce que la qualité est au rendez-vous.
La même évolution s’observe dans le divertissement. Là où la SSR se vantait autrefois de diffuser les séries avant tout le monde, elle ne les diffuse souvent plus du tout. Elles sont désormais sur Netflix et autres plateformes. Et personne ne descend dans la rue pour protester. Le public a intégré une réalité simple: un service de qualité a un prix, et chacun est libre de choisir de le payer.
C’est précisément là que le système actuel montre ses limites. Aujourd’hui, on oblige l’ensemble de la population à financer un service audiovisuel que seule une minorité utilise encore régulièrement. Le décalage est évident. On n’accepterait pas un tel modèle ailleurs. Prenons le train. C’est un service public essentiel. Tout le monde le finance via l’impôt, mais seuls les utilisateurs paient un billet ou un abonnement. Personne n’y voit une injustice. C’est du bon sens. Pour la SSR, c’est l’inverse. Que vous regardiez la télévision tous les jours ou jamais, vous payez le même montant.
Je ne suis pas opposé au principe d’une redevance. Au contraire. Une base de financement collective se justifie pour garantir l’information, la cohésion nationale et la prise en compte des minorités linguistiques. Mais un média qui vit presque exclusivement de revenus garantis n’a que peu d’incitations à convaincre, à séduire ou à se renouveler. La SSR bénéficie aujourd’hui de l’une des redevances les plus élevées d’Europe. Ses revenus sont largement déconnectés de son succès réel. Avec ou sans public, la radio et la télévision encaissent la même somme. Or, la meilleure chose qui puisse arriver à la SSR est précisément d’avoir l’obligation de trouver son public.
Partout en Europe, les services publics audiovisuels se cherchent. La BBC, souvent citée en exemple par la RTS, développe des offres en ligne et des contenus payants pour toucher de nouveaux publics. Plusieurs pays ont tout simplement abandonné la redevance. En Suisse, on s’accroche à un modèle aussi singulier qu’obsolète, avec les mêmes arguments qu’il y a dix ans, lors de la votation sur No Billag.
L’initiative «200 francs, ça suffit!» ne détruit pas le service public. Elle l’oblige à entrer pleinement dans son époque. Une époque dans laquelle les citoyens ont le choix. Moins de rente, plus de clients. Moins d’automatismes, plus d’envie. À long terme, c’est peut-être ce qui peut arriver de mieux à la SSR.
Philippe Nantermod,
conseiller national (PLR/VS)
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