Publié le: 27 février 2026

Service public sans contenus loufoques

PAULINE BLANC – Vice-présidente des Jeunes PLR Suisse et conseillère communale à Lausanne, elle s’engage avec vigueur pour l’initiative SSR. Et nous explique pourquoi et comment le géant des médias doit très vite être réformé.

L’initiative «200 francs, ça suffit!» a pour but de maintenir un montant de redevance permettant à la SSR d’avoir les moyens financiers nécessaires pour répondre à son mandat de service public. Au vu des dépenses actuelles de la SSR, il apparaît clairement que les recettes provenant d’une redevance par ménage à 200 francs sont suffisantes pour que le service public actuel perdure.

Aujourd’hui, la population finance la folie des grandeurs de la SSR et du contenu qui dépasse largement la définition de service public. Produire des téléréalités ou encore des émissions de rencontre ne fait pas partie du mandat de service public. Et pourtant, la SSR crée et diffuse ce type de contenu avec l’argent perçu à titre de redevance!

Dans la poche du citoyen

200 francs, ça suffit pour avoir un service public de qualité. La voilure actuelle de la SSR est démesurée. Dans la mesure où elle perçoit systématiquement le montant à titre de redevance, soit 1,25 milliard par année, elle ne doit pas se remettre en question. Que le contenu soit bon, plaise à la population ou encore soit consommé par les citoyens, la SSR perçoit un montant d’une telle ampleur. Par conséquent, aucune remise en question ne semble nécessaire. Aucune réflexion entrepreneuriale n’est effectuée.

La SSR a annoncé récemment des coupes budgétaires, comme la majorité des entreprises a d’ailleurs été contrainte de le faire. Ceci à l’immense différence près que ces dernières ne perçoivent pas d’argent directement de la poche du citoyen pour faire vivre leurs affaires, payer les salaires des collaborateurs et s’acquitter des factures.

Les annonces de la SSR concernaient des optimisations et harmonisations de processus internes, d’éviter de faire quatre fois ce que l’on peut faire en une fois.

Il était grand temps! Le fait que ces annonces n’interviennent que quand le Conseil fédéral décide d’une baisse du montant de redevance est en soi parlant: la seule marge de manœuvre que nous avons en tant que citoyen sur le service public est le montant de la redevance. Les nombreuses fois où des voix se sont élevées pour demander davantage d’efficience et un calibrage de production des contenus, ces efforts n’ont pas porté leurs fruits. Au final, c’est la population qui décidera du montant de la redevance: charge ensuite au Conseil fédéral de déterminer le cadre de la concession en respectant la volonté populaire.

Double imposition: Ă  combattre

L’initiative a aussi pour but d’exonérer toutes les entreprises du paiement de cet impôt profondément injuste. Injuste car, en plus de constituer une double taxation, le montant perçu est bien disproportionné et basé uniquement sur le chiffre d’affaires. Le Tribunal fédéral a confirmé par ailleurs que le système actuel était anticonstitutionnel. Il est donc temps de changer tout cela et d’exonérer les entreprises. Le contre-projet du Conseil fédéral n’est qu’un petit pas mou. Cela est insuffisant. Accepter l’initiative est le seul moyen de rééquilibrer le système actuel.

Enfin, le texte de l’initiative prévoit très clairement que le système péréquatif actuellement prévu doit perdurer en ce sens que toutes les régions linguistiques minoritaires doivent recevoir une part de redevance suffisante pour produire du contenu adapté. La cohésion nationale et l’actualité adaptée aux régions linguistique sont donc assurées. Baisser la redevance à 200 francs, c’est financer un service public de qualité qui répond à sa mission première d’information neutre, complète, correcte et qualitative dans l’ensemble du pays, et adaptée aux régions linguistiques. C’est permettre à la SSR de continuer à faire son travail et à honorer son mandat.

Cela ne marque pas la fin du service public et de l’information, c’est sonner la fin du financement par la population des idées les plus farfelues les unes que les autres de la SSR. C’est laisser la liberté de choix aux citoyens du contenu qu’ils consomment. C’est aussi garantir aux acteurs privés une réelle et concrète place sur le marché.

Médias privés écrasés

La SSR écrase actuellement les médias privés (qui ne seront aucunement touchés par une baisse de redevance). Un service public plus sobre permettra de dégager des parts de marché aux médias privés.

Pour un service public fort et de qualité, pour une diversité d’offre, pour un libre choix de la population, il faut voter oui à l’initiative «200 francs ça suffit»!

Pauline Blanc,

vice-prés. des Jeunes PLR Suisse, conseillère communale, Lausanne

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