Publié le: 27 mars 2026

Construire plus de logements

SSE – Il faudrait 50’000 nouveaux logements par an pour que les loyers et les prix de l’immobilier ne grimpent pas et que les besoins en logement soient satisfaits. Mais ce chiffre n’a plus été atteint depuis 2018 – et rien n’indique actuellement qu’il le sera à nouveau dans un avenir proche. La Société suisse des entrepreneurs (SSE) identifie quatre axes d’action.

La construction de logements est actuellement un facteur clé de stabilité pour le secteur principal de la construction. Il faudrait 50’000 nouveaux logements par an pour que les loyers et les prix de l’immobilier ne grimpent pas et que la population puisse se loger selon ses besoins. «Or, ce seuil n’a été atteint pour la dernière fois qu’en 2018 et rien n’indique actuellement que suffisamment de nouveaux logements seront construits dans un avenir proche», indique la Société suisse des entrepreneurs (SSE)dans un communiqué. Selon elle, l’activité de construction de logements, élevée mais insuffisante, prévue pour 2025 et 2026 s’explique par la baisse des taux d’intérêt et la stabilisation tant attendue des coûts de construction.

«Les demandes de permis de construire doivent être traitées dans un délai de 100 jours.»

Il y a deux ans, le plan d’action contre la pénurie de logements a été lancé au niveau fédéral, mais seules cinq des trente-cinq mesures prévues ont été mises en œuvre à ce jour. «Tous les acteurs concernés, de l’administration aux maîtres d’ouvrage en passant par les entreprises de construction, doivent se montrer plus actifs.» La SSE identifie concrètement quatre axes d’action pour permettre la construction d’un plus grand nombre de logements:

Réduire les oppositions: moins de motifs fallacieux, moins de personnes habilitées à former opposition, participation aux frais en cas d’oppositions abusives.

Accélérer les demandes de permis: traiter les demandes dans un délai de 100 jours, privilégier le numérique et les déclarations plutôt que les autorisations.

Dérèglementer: harmoniser et alléger plus de 140’000 prescriptions, simplifier les lois cantonales et l’aménagement du territoire, créer des «zones blanches» pour suspendre temporairement certaines prescriptions en matière de construction dans les communes confrontées à une pénurie de logements.

Aménagement: cantons et communes devraient actualiser tous les cinq ans l’aménagement de leurs zones à bâtir en fonction des prévisions démographiques.

Le secteur a su s’imposer

Comme l’indique la SSE, le secteur principal de la construction suisse dresse le bilan d’une année 2025 globalement positive. L’activité de construction dans le bâtiment et le génie civil a augmenté de 2,1% en glissement annuel, pour atteindre 23,9 milliards. Il a su s’imposer dans un contexte où l’économie suisse n’enregistrait qu’une croissance plus modérée. Le T4 s’avère encourageant: d’octobre à décembre 2025, la construction a augmenté de 6,3% en glissement annuel, soit + 7,5% pour le bâtiment et +4,8% pour la construction de logements.

Risque d’essoufflement

La demande de nouveaux projets a connu une évolution positive avec des entrées de commandes dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (+3,7%). La construction de logements s’est montrée particulièrement dynamique, (+11%). Si le carnet de commandes est bien rempli, cet essor devrait toutefois s’essouffler au cours de l’année, car les demandes de permis de construire ont diminué au cours de l’année 2025. Fin décembre 2025, les carnets de commandes était supérieur de 4,5% à 2024. «Or, c’est ce facteur qui garantit à de nombreuses entreprises un taux d’utilisation fiable au cours des prochains trimestres et renforcent la sécurité de planification», précise la SSE.Com/réd

Perspectives 2026

De la stabilité plutôt que de la surchauffe

L’indice de la construction prévoit pour 2026 un chiffre d’affaires d’environ 24,4 milliards de francs dans le secteur principal de la construction. Cela correspond à une nouvelle hausse du chiffre d’affaires de 1,9% par rapport à l’année précédente. «Le secteur se maintient ainsi à un bon niveau dans un contexte où l’économie suisse affiche une croissance inférieure à la moyenne et où le chômage augmente», écrit la SSE.La construction de logements restera le principal moteur de croissance en 2026. La pénurie structurelle de logements, l’évolution démographique et l’urbanisation garantissent une demande toujours élevée. De plus, la stabilité des taux d’intérêt facilite le financement des projets et renforce l’attractivité des investissements immobiliers. Si des fluctuations régionales persistent au niveau des permis de construire, le niveau global reste toutefois suffisamment élevé pour soutenir l’activité de construction.

baumeister.swiss/fr/

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