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RÈGLEMENTATION – Les PME suisses contribuent déjà au développement durable, pragmatiques, ancrées dans le terrain. Dommage que les exigences règlementaires ne cessent de s’intensifier.
SUISSE–USA – On est loin des «républiques sœurs»: la Suisse aime cultiver l’image d’un partenariat privilégié avec les États-Unis.Mais à en croire les événements récents, un partenariat fiable, c’est tout autre chose. Il est grand temps pour la Suisse de reconnaître la réalité et de se recentrer sur ses propres atouts.
La Suisse et les États-Unis se considèrent depuis toujours comme des «républiques sœurs»: dotées d’une organisation fédérale, marquées par la démocratie directe et libérales sur le plan économique. Les États-Unis constituent le deuxième marché d’exportation de la Suisse après l’UE. Pour de nombreuses PME des secteurs de la construction mécanique, des technologies médicales, de l’horlogerie ou de l’agroalimentaire, le marché américain revêt une importance capitale. Il existe entre les deux pays des liens multiples, souvent aussi personnels.
Pendant des décennies, la Suisse a entretenu l’idée d’un «partenariat privilégié» avec les États-Unis. Mais entre-temps, même les derniers optimistes devraient avoir médité la petite phrase souvent répétée par Charles de Gaulle: «Les États n’ont pas d’amis, seulement des intérêts.» Le «partenariat privilégié» est une illusion helvétique – et ce, bien avant l’administration Trump.
La pression exercée par les États-Unis sur la Suisse est d’ordre règlementaire, fiscal et commercial. À propos de notre place financière, on évoque la fin forcée du secret bancaire; le litige fiscal avec divulgation, obtenue sous contrainte, de données sur des clients étrangers; les conflits récurrents autour des obligations de déclaration et de notification; des amendes se chiffrant en milliards.
À cela s’ajoutent les répercussions de la Seconde Guerre mondiale: le débat virulent sur les avoirs en déshérence, les «class actions» contre les banques suisses aboutissant à un règlement qui semblait alors astronomique, de plus de 1,25 milliard de dollars américains. Pour conclure, il suffit de comparer la position de la place financière suisse face à ses concurrentes américaines. À cela s’ajoute la pression en faveur d’un impôt minimum de l’OCDE, que la Suisse a mis en œuvre – contrairement aux États-Unis, bien sûr! En matière de politique commerciale et douanière, mentionnons les droits de douane sur l’acier et l’aluminium toujours en vigueur, l’échec de plusieurs accords de libre-échange, la Suisse tenant sa part de responsabilité. Et récemment, l’introduction arbitraire puis l’augmentation des droits de douane. Sur l’armement, ce «partenariat privilégié» ne brille pas: le F-35 et son système de défense Patriot coûtent plus cher et les délais sont repoussés.
On prendra en compte la forte portée extraterritoriale du droit américain, les risques financiers et juridiques élevés pour les entreprises suisses concernées – et, en fin de compte, l’asymétrie politique en faveur des États-Unis. La récente décision de la Cour suprême d’annuler les droits de douane de Trump apporte certes une clarté juridique à court terme, mais sans éliminer les préjudices économiques.
CONNAÎTRE ses dépendances et les gÉreR activement POUR ÊTRE PLUS COMPÉTITIF.
Les emplois perdus – sans doute plus de 10’000 en Suisse – ne réapparaîtront pas du jour au lendemain. Idem pour les investissements qui avaient été reportés jusqu’à présent. La décision de la justice américaine ne résout pas le problème: l’incertitude liée à la politique commerciale extérieure imprévisible des États-Unis persiste à l’échelle mondiale. Les entreprises délocalisent leurs chaînes d’approvisionnement et adaptent leurs sites ou renoncent à investir.
Le marché US reste attractif, mais politiquement instable. Les fluctuations des taux de change, la politique douanière, les directives «Buy American» ou les ajustements règlementaires peuvent rapidement créer de nouveaux obstacles. Ceux qui y sont fortement exposés courent un risque de concentration. Plus d’indépendance ne signifie pas se détourner des États-Unis, mais évaluer ces relations de manière réaliste. Les PME devraient diversifier leurs chaînes d’approvisionnement et développer des débouchés alternatifs, par exemple en tirant parti des accords de libre-échange existants. Il faut penser aux scénarios permettant d’affronter les perturbations de la politique commerciale. Et recourir aux instruments existants (assurances à l’exportation, couvertures de change et partenariats locaux).La Suisse est forte parce qu’elle est flexible. Elle ne devrait pas se reposer sur l’idée du «partenaire privilégié» de Washington. La décision du tribunal américain est à la fois un avertissement et une opportunité: celui qui connaît ses dépendances et les gère activement assure sa compétitivité – même en période d’incertitude.
Patrick Dümmler, usam
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