Publié le: 27 mars 2026

RPLP adaptée à la transition électrique

POIDS LOURDS – Les entreprises suisses misent de plus en plus sur les camions électriques exonérés de la RPLP. L’usam soutient la décision du Conseil national visant à taxer ces véhicules. La prolongation de la période transitoire jusqu’en 2031 offre toutefois aux PME une plus grande sécurité de planification.

Le 9 mars, lors de la révision de la redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations (RPLP), le Conseil national a envoyé un signal fort: oui à l’intégration des camions électriques, mais avec discernement et en tenant compte des réalités économiques. Cette décision renforce la sécurité de planification pour les entreprises et table sur une mise en œuvre réalisable et progressive. Soumettre les camions électriques à la RPLP est acceptable.

LES CAMIONS ÉLECTRIQUES USENT AUSSI LES ROUTES. le principe du pollueur-payeur se justifie.

Les camions électriques utilisent les infrastructures routières et contribuent à leur usure. Un financement fondé sur le principe du pollueur-payeur est donc justifié. Déterminante dans ce contexte, la mise en œuvre concrète de la mesure. À cet égard, le National a apporté d’importants correctifs: au lieu d’une introduction précoce, il mise sur des dispositions transitoires généreuses prévoyant des allègements importants.

Une fiabilité indispensable

Du point de vue des entreprises, cette approche est essentielle. Ces dernières années, de nombreuses entreprises ont réalisé des investissements considérables dans de nouvelles technologies respectueuses du climat, souvent dans un contexte où la règlementation future n’était pas encore clairement prévisible.

Une charge supplémentaire trop rapide ou trop lourde dévaloriserait a posteriori ces investissements et mettrait les entreprises concernées sous pression financière. La décision du National tient compte de cette réalité et crée la fiabilité nécessaire à la prise de nouvelles décisions entrepreneuriales.

La transition prend du temps

Cette sécurité de planification est cruciale pour les PME des transports et de la logistique. Les investissements nécessitent d’importants capitaux et comportent des risques considérables. Des conditions-cadres fiables sont essentielles pour que les entreprises puissent investir dans les nouvelles technologies et contribuer à décarboner le secteur. Selon le secteur, l’argument selon lequel les allègements prévus pourraient affaiblir l’effet incitatif de la RPLP ne tient pas la route. Le passage à des motorisations alternatives ne se fait pas du jour au lendemain. Il nécessite du temps, des moyens financiers considérables et des conditions-cadres stables. Une règlementation transitoire équilibrée ne constitue donc pas un affaiblissement, mais bien une condition préalable à une transformation réussie et économiquement viable du transport de marchandises.

Il reste encore des mesures à prendre en matière de neutralité technologique. Outre les motorisations électriques à batterie, il existe d’autres solutions neutres en CO2, comme le biogaz, les carburants synthétiques ou l’hydrogène. Une politique des transports tournée vers l’avenir devrait tenir compte de cette diversité et ne pas mettre en place des incitations unilatérales. L’innovation naît là où différentes approches restent possibles et peuvent faire leurs preuves dans un contexte concurrentiel.

Une RPLP économiquement viable

La décision du Conseil national constitue donc une étape importante vers un développement équilibré et économiquement viable de la RPLP. Elle montre que les objectifs écologiques et la réalité économique sont compatibles lorsque les conditions-cadres sont soigneusement définies. Le dossier n’est toutefois pas encore clos. Le Conseil des États va également examiner le projet, et des détails essentiels – notamment concernant la mise en œuvre concrète des rabais – seront fixés au cours de la suite de la procédure parlementaire ainsi qu’au niveau de l’ordonnance. Il est d’autant plus important de maintenir le cap fixé: une solution équilibrée qui concilie les objectifs écologiques avec les besoins des entreprises et des professionnels.

Philipp Bauer,

respons. a.i., usam

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