Initiative pour des multinationales responsables 2.0 – Au lieu de stimuler l’économie, le contre-projet alourdit la bureaucratie
Établir des priorités avec discernement
TRANSPORTs 2045 – Avec «Transports 2045», le Conseil fédéral pose les bases du développement des infrastructures de transport en Suisse. Pour l’usam, ces dernières doivent répondre aux besoins des PME en favorisant une circulation fluide et un réseau fiable. La route constitue en l’occurrence l’épine dorsale de l’économie suisse.
Avec «Transports 2045», le Conseil fédéral prend une décision stratégique en matière de politique des transports. Cette initiative fait suite au rejet du projet d’autoroutes 2024 et à la forte augmentation des coûts liés à l’extension du réseau ferroviaire. À l’avenir, la Suisse ne pourra plus financer tous les projets d’infrastructure prévus et devra redéfinir ses priorités.
Les enjeux sont considérables. Au total, ce sont des projets d’un montant total d’environ 100 à 120 milliards de francs qui sont en discussion. Pour les prochaines étapes, seule une fraction de cette somme devrait toutefois être disponible – environ 30 à 40 milliards de francs. La différence est considérable et oblige à y regarder de plus près: quels projets apportent réellement le plus grand bénéfice, et où peut-on attendre?
Rail, le transfert problématique
C’est précisément à ce stade qu’intervient «Transports 2045». Pour la première fois, la route, le rail et le trafic d’agglomération sont considérés conjointement et mis en balance les uns par rapport aux autres. Cette approche marque une rupture avec la pratique antérieure, dans laquelle les modes de transport étaient planifiés de manière largement séparée. À l’avenir, les décisions devront être prises davantage dans une perspective globale. Cette nouvelle approche est en principe positive.
Et pourtant: les décisions prises jusqu’ici laissent entrevoir une tendance claire. Pour la prochaine étape, sept grands projets ferroviaires sont prévus, contre seulement deux projets routiers nationaux. L’accent est donc mis sur le rail. Parmi les rares projets routiers prioritaires figure le tunnel sous le Rhin à Bâle, qui doit permettre d’éliminer un goulet d’étranglement important.
Pour les PME, cette évolution favorisant le rail pose problème. La route reste l’épine dorsale de l’économie suisse et supporte la majeure partie du trafic de marchandises. Les bouchons sur le réseau routier national ont un impact direct sur les chaînes d’approvisionnement, les services et l’accessibilité des entreprises.
Cette hiérarchisation favorisant le rail risque d’affaiblir le bon fonctionnement de l’ensemble du système. Si les extensions de capacité nécessaires sont reportées ou ne sont pas mises en œuvre, les problèmes s’aggraveront. Il est donc indispensable d’investir dans la suppression des goulets d’étranglement sur les routes nationales afin de maintenir le bon fonctionnement du réseau de transport.
Simplifier les procédures
Il est incontestable que les moyens financiers sont limités et qu’il n’est pas possible de «continuer comme avant». Une autre question se pose désormais: celle de l’efficacité. Les retards, la complexité des procédures et les dépassements de coûts font grimper les dépenses depuis des années. Les experts y voient un potentiel d’amélioration considérable. Grâce à de meilleurs processus de planification, à des procédures allégées et à l’utilisation ciblée de nouvelles technologies, les moyens disponibles permettraient d’obtenir des résultats nettement supérieurs.
«Transports 2045» n’est pas un nouveau programme d’extension, mais constitue la base des prochaines décisions politiques. L’usam s’exprimera plus concrètement sur la conception précise du projet dans le cadre de la procédure de consultation. Cette dernière est prévue pour l’été 2026. Une chose est déjà claire aujourd’hui: les décisions à venir détermineront dans quelle mesure le système de transport suisse sera performant et favorable à l’économie à l’avenir.
Philipp Bauer, usam (a.i)
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