Les PME ont besoin de conditions-cadres fiables en matière d'octroi de crédits
Arrosage tous azimuts à Berne
POLITIQUE SOCIALE – La Commission du National souhaite encore augmenter les allocations familiales. Cette mesure proÂfiÂterait Ă tous les mĂ©nages concernĂ©s, quel que soit leur revenu. Une fois de plus, les PME sont mises Ă contribution. Évolution prĂ©occupante: Ă Berne, la politique famiÂliale et sociale dĂ©rape.
Avec la mise en œuvre de l’initiative parlementaireJost, la CSSS du National veut relever uniformément les allocations familiales au niveau fédéral. Or une politique familiale sérieuse ne se mesure pas au volume des prestations promises, mais à sa capacité à répondre aux besoins réels sans affaiblir l’économie ni vider le fédéralisme de sa substance.
C’est précisément le défaut de cette proposition. Le système actuel repose sur une logique claire: la Confédération fixe des montants minimaux, tandis que les cantons restent libres d’aller plus loin selon leurs priorités, leurs moyens et leur réalité économique. Plusieurs cantons versent déjà des allocations supérieures au minimum légal. Imposer depuis Berne une nouvelle hausse uniforme ne corrige donc aucune lacune manifeste. Cela affaiblit au contraire un système décentralisé qui permet aujourd’hui des réponses différenciées.
Hausse du coût du travail
Surtout, il est trompeur d’apprécier la politique familiale des cantons en comparant uniquement le montant des allocations. Une telle lecture est réductrice. Il faut considérer l’ensemble: financement de l’accueil extrafamilial, politique fiscale, aides ciblées à certaines catégories de familles, voire subventionnement des primes d’assurance-maladie. Isoler les allocations familiales n’a guère de sens, d’autant plus qu’il s’agit d’une prestation générale, peu ciblée et versée indépendamment du revenu.
La proposition est aussi problématique sur le plan économique. Selon les estimations disponibles, elle entraînerait plus de 360 millions de francs de coûts supplémentaires, supportés pour l’essentiel par les employeurs. Pour les PME, ce n’est nullement un détail. C’est un renchérissement supplémentaire du travail, donc une pression accrue sur l’emploi, l’investissement et la compétitivité. À cela s’ajoute un effet politique prévisible. Dans les cantons qui versent déjà des allocations supérieures au minimum fédéral, une hausse décidée à Berne créera presque inévitablement une pression pour relever à nouveau les montants cantonaux afin de préserver l’écart existant. Le coût annoncé de 360 millions pourrait ainsi n’être qu’un point de départ. Au final, la charge pour l’économie pourrait être sensiblement plus lourde.
Des instruments plus adéquats
Le plus contestable est toutefois ailleurs. Cette hausse générale ne convainc pas sur le plan social. Elle profiterait à tous les ménages concernés, indépendamment de leur revenu.
Plus de 360 millions de coûts supplémentaires, supportés pour l’essentiel par les employeurs.
Il s’agit donc, une fois encore, d’une mesure selon le principe de l’arrosoir. Or, si l’objectif est de lutter contre la pauvreté ou de soutenir les familles réellement en difficulté, il existe des instruments bien plus ciblés. Une politique sociale crédible ne consiste pas à distribuer davantage à tout le monde, mais à aider mieux là où le besoin est réel. Si les allocations familiales contribuent à stabiliser les revenus, des hausses générales ne sont ni l’instrument le plus précis ni le plus efficace. Pire, elles peuvent affaiblir les incitations au travail, notamment pour les deuxièmes revenus. À l’inverse, des mesures ciblées, notamment fiscales, agissent de manière plus fine et plus favorable à l’activité professionnelle. Aucun besoin objectif d’intervention fédérale supplémentaire n’apparaît aujourd’hui. Les montants minimaux ont déjà été adaptés au renchérissement au 1er janvier 2025. Parallèlement, le Parlement a déjà engagé d’autres projets coûteux en matière de politique familiale et sociale. À force d’additionner des charges nouvelles, financées principalement par les employeurs, on affaiblit précisément la base économique qui permet de financer durablement notre cohésion sociale.
Politique familiale désorientée
Une politique familiale crédible doit rester ciblée, subsidiaire et économiquement supportable. Elle doit tenir compte de l’ensemble des instruments déjà mobilisés par les cantons, et non se réduire à une hausse uniforme de prestations générales. Les familles ont besoin de solutions efficaces. Les PME n’ont pas à devenir la variable d’ajustement permanente d’une politique familiale sans boussole.
Simon Schnyder, usam
Communiqués de presse
Initiative pour des multinationales responsables 2.0 – Au lieu de stimuler l’économie, le contre-projet alourdit la bureaucratie
Un nouveau monitoring de la charge réglementaire le confirme: la bureaucratie reste la principale préoccupation des PME
L'usam demande un renforcement de la formation professionnelle
Financement de la 13e rente AVS: le Conseil des États lâche les PME et la population active
Une victoire d'étape pour les PME suisses: fin de l'avantage concurrentiel des colis en provenance de Chine
