Les PME ont besoin de conditions-cadres fiables en matière d'octroi de crédits
Pas plus dâéconomies sur le dos de nos PME
On demande aux entreprises et Ă la population de se serrer la ceinture. Quâen est-il de lâĂtat? Il doit montrer lâexemple. Car lâheure est aux Ă©conomies. Le Parlement vient dâapprouver le programme dâallĂšgements budgĂ©taire 2027. AprĂšs des discussions acharnĂ©es, on a Ă©conomisĂ© 5,2 milliards. Mais 8,5 milliards Ă©taient lâobjectif. Rien nâest donc rĂ©glĂ©. Ces coupes sont encore insuffisantes pour lâĂ©quilibre des finances fĂ©dĂ©rales.
Dâautant plus que lâenvironnement Ă©conomique est fragilisĂ©. La gĂ©opolitique dicte sa loi aux marchĂ©s. La liste des crises se rallonge chaque semaine: guerre entre les Ătats-Unis, IsraĂ«l et lâIran, persistance du conflit en Ukraine, tensions sur les routes maritimes et remontĂ©e des prix de lâĂ©nergie ainsi que le rĂ©amĂ©nagement de la politique douaniĂšre amĂ©ricaine. Sans oublier le franc fort.
Un contexte international dangereux et volatile, qui pĂšse Ă la fois sur la prospĂ©ritĂ©, lâinflation, lâemploi et qui entraĂźne de graves rĂ©percussions sur nos entreprises. MalgrĂ© ce climat dâinstabilitĂ©, les dĂ©penses de la ConfĂ©dĂ©ration ne cessent de grimper: plus de 3% par an. De plus, il va falloir financer la 13e rente de lâAVS et les investissements indispensables pour notre dĂ©fense.
Sâil est essentiel de respecter la volontĂ© populaire en assurant le financement de lâAVS et de donner Ă notre armĂ©e les moyens nĂ©cessaires pour prĂ©server notre souverainetĂ©, il est tout aussi important de maintenir une croissance forte et des finances publique saines. Toutefois, le remĂšde ne passe pas par une augmentation dâimpĂŽts, comme le rĂ©clament certains milieux. Ce serait une dĂ©cision lourde de consĂ©quences que dâinfliger de nouvelles taxes aux entreprises et Ă la population.
Les expĂ©riences en France et en Allemagne prouvent que des impĂŽts Ă©levĂ©s, des cotisations sociales en hausse, un endettement croissant et des prix qui prennent lâascen-seur ont affaibli la place Ă©conomique de ces pays et les ont plongĂ©s dans lâincertitude. Un scĂ©nario que la Suisse doit Ă©viter.
Car nos entreprises sont dĂ©jĂ pressurisĂ©es de toute part. Dans de telles conditions, il leur serait difficile de rĂ©percuter lâintĂ©gralitĂ© de toute nouvelle taxe ou de tout nouvel impĂŽt sur les prix. Cela occasionnerait une baisse de la demande, avec pour rĂ©sultat des marges diminuĂ©es. Le pouvoir dâachat de la classe moyenne serait aussi pĂ©nalisĂ©. Les fiches de paie sont dĂ©jĂ grignotĂ©es par une charge fiscale toujours plus grande. Les hausses dâimpĂŽts ou nouvelles taxes comportent plus de risques Ă©conomiques et politiques â toute majoration de la TVA est soumise au rĂ©fĂ©rendum â quâun ajustement des dĂ©penses.
La solution la plus efficace est de fixer des prioritĂ©s budgĂ©taires. Il faut mettre de lâordre dans les finances fĂ©dĂ©rales. Comme les entreprises et les particuliers, lâĂtat doit rembourser ses investissements et sa dette.
Surtout quâil y a une marge de manĆuvre pour rĂ©aliser des Ă©conomies. Le rapport dâexperts de la ConfĂ©dĂ©ration estime le potentiel dâallĂšgement Ă cinq milliards par an. Il sâagit de trouver des Ă©quilibres, de mettre en Ćuvre des solutions basĂ©es sur des compromis pragmatiques et Ă©conomiquement supportables. Sortir des guĂ©guerres dâinfluence oĂč chaque groupe dâintĂ©rĂȘt veut bien Ă©conomiser, mais surtout pas chez lui.
Des options existent. Certaines subventions doivent ĂȘtre revues Ă la baisse, notamment dans le domaine social oĂč les dĂ©penses explosent depuis des dĂ©cennies. Les coĂ»ts du personnel doivent ĂȘtre stabilisĂ©s. Il est aussi possible dâenvisager la mobilisation ponctuelle de capital, comme une vente partielle de Swisscom ou la privatisation de PostFinance. Voire une affectation ciblĂ©e des distributions supplĂ©mentaires de la BNS. Aucune piste ne doit ĂȘtre nĂ©gligĂ©e.
Certes, ces mesures demandent du courage. Il en faudra, si nous voulons avancer. La prochaine bataille budgĂ©taire se dĂ©roulera au Parlement en dĂ©cembre. Elle ne doit pas se faire au dĂ©triment de ceux qui font marcher lâĂ©conomie et qui assument leurs responsabilitĂ©s.
Il est temps de se réveiller. Il en va de notre prospérité.
*ConseillĂšre nationale (PLR/VD).
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