La flexibilité, cet atout stratégique
RÉORIENTATION – Le marché du travail suisse est en pleine mutation. Pour réduire la rotation du personnel et attirer les talents, les employeurs doivent comprendre ce qui compte vraiment pour les candidats.
PIONNIER – Le canton d’Argovie a lancé le réseau interinstitutionnel «Coopération sur le marché du travail».afin que les demandeurs d’emploi en situation difficile aient un accès durable au marché du travail. Sur place, le conseiller fédéral Beat Jans a découvert le rôle précurseur joué par ce canton.
Le canton d’Argovie fait figure de pionnier en matière d’intégration interinstitutionnelle sur le marché du travail. Pour comprendre ce phénomène, le conseiller fédéral Beat Jans s’y est rendu à la mi-avril et a visité le centre de formation Swiss Logistics à Rupperswil en compagnie de Jérôme Cosandey, chef de la Direction du travail du SECO, et de Dieter Egli, conseiller d’État du canton d’Argovie. Sur place, des spécialistes ont présenté le réseau «Coopération marché du travail», qui permet aux demandeurs d’emploi confrontés à des difficultés particulières d’accéder durablement au marché du travail et aux entreprises de recruter efficacement des collaborateurs.
Ce qui est décisif, c’est que les personnes qui vivent déjà ici puissent travailler – qu’il s’agisse de réfugiés, de demandeurs d’emploi âgés ou de femmes qui souhaitent reprendre une activité professionnelle. Le canton d’Argovie prouve que cela fonctionne lorsque toutes les démarches sont centralisées auprès de l’ORP, qui fait office de «point de contact unique», a déclaré Beat Jans. «L’intégration est toujours bénéfique pour tout le monde», a ajouté le conseiller fédéral.
C’est ce qu’a également confirmé Jérôme Cosandey: «Où trouve-t-on encore un potentiel de main-d’œuvre inexploité en Suisse? Je peux vous le dire: les personnes à la recherche d’un emploi constituent un levier important, ce sont elles qui incarnent ce potentiel.» Pour les individus concernés et leurs familles, les employeurs et les finances de nos institutions sociales, l’intégration durable sur le marché du travail des personnes déjà établies passe par une volonté commune.
«Pour que des personnes avec des conditions de départ difficiles trouvent du travail, de nombreux rouages doivent s’engrener avec précision», a souligné Dieter Egli, Afin d’éviter «l’effet tourniquet», autrement dit les allers-retours incessants entre les services, sans définition claire des compétences, l’Office de l’économie et du travail du canton et la SVA Argovie ont lancé en 2019 la «Coopération marché du travail» (KoAm), un réseau qui relie les ORP, l’assurance-invalidité, la promotion cantonale de l’intégration, les services sociaux des communes partenaires, les entreprises et les associations.
L’«Intégration professionnelle plus» (AMIplus) est un instrument central de KoAm. À la disposition des communes ou de l’office des migrations, cette offre prévoit un accompagnement et un conseil renforcés pour les bénéficiaires de l’aide sociale et les réfugiés reconnus, afin de les qualifier pour le marché primaire du travail. Quelque 2019 cas ont été traités dans ce cadre depuis 2019. En 2025, le taux de placement des participants bénéficiant de l’aide sociale s’élevait à près de 45%.
Le taux d’activité des ressortissants d’Ukraine résidant dans le canton depuis au moins trois ans montre également l’efficacité du modèle: fin février 2026, ce taux s’élevait à 56% en Argovie, contre une moyenne suisse de 46%. L’Argovie atteint ainsi l’objectif fixé par la Confédération d’un taux d’activité de 50% après trois ans. Tous groupes de réfugiés confondus (statut S et personnes ad-mises à titre provisoire), 47,5% des personnes concernées exerçaient en moyenne une activité lucrative dans le canton, contre 39,8% à l’échelle nationale.
Coopération marché du travail, Canton d’Argovie
Informations sur le réseau «Coopération marché du travail» à l’adresse suivante:
uniquement en allemand:
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