Vent de fraîcheur à l’usam: trois nouveaux membres au Comité directeur
Les valeurs face au remue-ménage
ASSOCIATION AMÉNAGEMENT SUISSE – L’ameublement est en pleine mutation, confronté à des attentes croissantes de la part des clients, à la numérisation et à une règlementation de plus en plus stricte. Sur un marché hétérogène, qui va de la production en série à l’artisanat, la qualité et le conseil personnalisé gagnent en importance, avec les technologies, la formation et la politique.
Qu’il s’agisse d’acheter des meubles, de choisir de nouveaux rideaux ou de changer de revêtement de sol, les clients attendent aujourd’hui un accompagnement complet, de l’idée initiale bien au-delà de l’achat. C’est précisément dans ce contexte, marqué par la diversité, le changement et des exigences croissantes, que se positionne le secteur de l’ameublement.
«Notre secteur est extrêmement hétérogène et organisé en petites entités: il réunit sous un même toit des fabricants en série, des prestataires de conseil et des entreprises à caractère artisanal», explique Walter Pretelli, directeur général de l’association aménagement suisse. Parallèlement, la numérisation et la mondialisation modifient rapidement les conditions-cadres, et les défis et besoins au sein de l’association aménagement suisse sont d’autant plus variés. Dans le contexte de mutation structurelle du secteur, le succès pointe à l’horizon: la spécialisation et l’individualité dans le segment haut de gamme.
«Quiconque propose des prestations de grande qualité et clairement différenciées peut s’imposer face à la concurrence internationale, indépendamment de la taille ou de la forme de l’entreprise», affirme notre interlocuteur. Cette orientation cohérente attire une clientèle exigeante, qui accorde une grande importance à la qualité, au design et à une expérience globale. Mais malgré la numérisation croissante, l’habitat et l’ameublement restent un secteur résolument axé sur les relations humaines.»
«Aujourd’hui, les clients sont très bien informés, comparent les offres avec un regard critique et ont des attentes bien définies, poursuit Walter Pretelli, le conseil personnalisé et compétent n’en est que plus important. Seuls ceux qui savent instaurer un climat de confiance, répondre aux besoins individuels et offrir une réelle valeur ajoutée pourront s’imposer durablement sur ce marché exigeant.»
Valeurs «swissness» et qualité
Le secteur suisse de l’ameublement allie exigences modernes et traditions ancestrales. Il est à la fois innovant et profondément enraciné.
«La qualité est ici comprise de manière globale – non seulement comme une précision technique, mais aussi comme l’expression d’une attitude, de valeurs vécues et d’une conception durable», explique le directeur. En parallèle, le secteur reste émotionnellement très attaché à ses origines. Les meubles suisses continuent d’incarner la fiabilité et la qualité – même si tous les composants ne proviennent pas entièrement de Suisse.
La «swissness» offre à ses yeux un repère important, tant dans le conseil que dans l’artisanat, et souligne l’importance des prestataires de services suisses au sein du secteur. Avec creationsuisse, l’association s’engage en outre activement en faveur de l’économie culturelle et créative. Cette initiative met en avant la compétence créative du secteur et contribue à renforcer sa visibilité tant au niveau national qu’international.
Dans le secteur suisse de l’ameublement, la haute technologie est utilisée de manière ciblée pour stimuler l’innovation. C’est notamment dans la fabrication que les technologies modernes ouvrent de nouvelles perspectives. Parallèlement, le lien avec la tradition artisanale et l’utilisation de matériaux de grande qualité est préservé – une combinaison qui fait tout le caractère particulier de ce secteur.
«L’intelligence artificielle est actuellement le principal moteur de l’innovation et des nouvelles opportunités de marché dans notre secteur», indique Walter Petrelli. Son utilisation ciblée – notamment dans le développement de produits et la fabrication – entraîne des gains de productivité considérables tout en ouvrant de nouvelles perspectives créatives et économiques tout au long de la chaîne de valeur.
Dès 2028, un nouveau cursus: designer d’intérieur CFC
L’association s’engage activement en faveur du développement des profils professionnels dans le secteur. Au cœur de cette démarche figure la réforme de la palette des métiers, notamment le regroupement de professions apparentées en profils clairs et tournés vers l’avenir. Les missions de formation sont regroupées au sein de l’association faîtière et assumées conjointement, notamment en collaboration avec l’École suisse d’aménagement et de design ainsi que par la présence aux SwissSkills.
«Notre objectif est une formation professionnelle moderne et attractive, dotée d’une identité sectorielle claire et forte, lance notre interlocuteur, parallèlement, l’association fait avancer le développement de nouvelles stratégies de formation afin de lutter activement contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.»
Cela comprend des concepts de formation modulaires, le regroupement de profils professionnels similaires, le développement d’offres de formation continue axées sur la pratique ainsi qu’une collaboration plus intense avec les entreprises, les écoles professionnelles et d’autres partenaires.
Ces efforts sont complétés par des formats d’apprentissage numériques et une approche ciblée de nouveaux groupes cibles, dans le but de rendre ce secteur professionnel plus attractif et pérenne à long terme.
À partir de 2028, les trois métiers de tapissier industriel, de créatrice en textiles d’intérieur et de décoratrice d’intérieur, qui comptent actuellement environ 50 apprentis par an, seront regroupés en un nouveau profil professionnel: celui de designer d’intérieur CFC. «Ce métier allie la tradition artisanale à des compétences créatives contemporaines et reflète l’évolution du secteur vers un savoir-faire plus polyvalent et interconnecté dans le domaine de l’aménagement intérieur.»
«Ce ne sont pas les jeunes qui posent problème. l’offre de formation représente le PRINCIPAL DÉFI.»
La relève dans le secteur reste à un niveau élevé. L’association continue de jouir d’une excellente réputation auprès du grand public, et de nombreux jeunes découvrent le secteur par les canaux traditionnels. Ce qui manque, ce sont suffisamment de places d’apprentissage.
«Ce n’est pas la relève qui pose problème, mais l’offre de formation représente le principal défi. Notre association développe systématiquement son offre de formation continue et envoie ainsi un signal clair pour l’avenir du secteur. Parmi les offres phares figurent la passerelle vers le métier de designer d’intérieur avec certificat et de planificateur d’aménagement avec brevet fédéral, ainsi que le titre de maître artisan déjà harmonisé dans le domaine de la décoration d’intérieur.
«Ces parcours de formation renforcent la perméabilité verticale et contribuent à promouvoir de manière ciblée des spécialistes et des cadres qualifiés», explique le directeur. Malgré cette évolution positive, la demande en main-d’œuvre qualifiée reste forte. Les professionnels qualifiés, en particulier, sont très recherchés. Cet excédent de la demande souligne les perspectives à long terme du secteur: celui-ci est en mesure de fournir des professionnels compétents aux marchés futurs et se positionne comme un domaine professionnel attractif offrant des perspectives claires.
Règlementer ou penser l’avenir
Au niveau politique, l’association confie ses intérêts à l’usam. En complément, elle mise sur un lobbying ciblé et adapté, une approche pragmatique, flexible et ciblée sur des thèmes précis. La préoccupation la plus urgente concerne le respect des prescriptions légales.
«La densité règlementaire de l’UE a aussi des répercussions sur nos PME, mais elle n’est jusqu’ici traitée que de manière insuffisamment nuancée sur le plan politique, lance le directeur, au lieu de solutions pratiques, les discussions pro ou anti-UE occupent le devant de la scène.» Pour les entreprises du secteur de l’ameublement, les questions concrètes priment: «Nos membres sont tenus de mettre en œuvre les nouvelles exigences règlementaires de manière efficace et conforme à la loi – indépendamment du climat politique général.»
Le secteur est en pleine mutation et son potentiel, considérable. L’association élabore sa stratégie 2035. La question centrale est de savoir comment elle doit se positionner pour être efficace sur le plan politique avec une structure allégée et, en même temps, performante, afin de pouvoir défendre durablement les intérêts du secteur de l’ameublement, même dans un environnement de plus en plus complexe et dynamique. «Notre objectif est de mettre en place une architecture associative pérenne et résiliente, capable de répondre aux exigences à long terme du secteur.»
Corinne Remund
Communiqués de presse
NON clair des arts et métiers à l’initiative sur l’alimentation
Les PME ont besoin de conditions-cadres fiables en matière d'octroi de crédits
Initiative pour des multinationales responsables 2.0 – Au lieu de stimuler l’économie, le contre-projet alourdit la bureaucratie
Un nouveau monitoring de la charge réglementaire le confirme: la bureaucratie reste la principale préoccupation des PME
L'usam demande un renforcement de la formation professionnelle
