Publié le: 12 juin 2026

Un simple état des lieux? Berne peut faire mieux!

SÉCURITÉ – L’usam s’implique de plus en plus sur diverses questions de politique de sécurité, en particulier au sein de l’Alliance Sécurité Suisse. C’est donc d’un œil critique que la faîtière des PME examine le rapport du Conseil fédéral sur la politique de sécurité.

La situation en matière de sécurité dans le voisinage de la Suisse se détériore d’année en année. L’ordre international est en pleine mutation. En Suisse, d’importants référendums sur la politique de sécurité sont prévus, comme la modification de la loi sur le service civil ou la loi sur le matériel de guerre (lire ci-dessus).

À l’avenir, l’usam se penchera davantage sur les questions de politique de sécurité et s’engage aussi, dès cette année, au sein de l’Alliance Sécurité Suisse. Dans le cadre de la procédure de consultation qui s’est achevée fin mars, la faîtière des PME s’est aussi exprimée sur la stratégie de politique de sécurité.

Contenu et orientation

En décembre 2025, le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) a mis en consultation sa stratégie de sécurité de la Suisse. Cette stratégie analyse le contexte sécuritaire ainsi que les menaces et les dangers qui pèsent sur la Suisse. Sur cette base, elle décrit le profil de sécurité de la Suisse, avec ses valeurs, ses intérêts, ses caracté-ristiques et ses vulnérabilités. Elle définit trois axes prioritaires: le renforcement de la résilience, l’amélioration de la défense et de la protection contre les attaques, ainsi que le renforcement de la capacité de défense. Elle présente à cet effet, dans ces trois axes, un total de dix objectifs et plus de 40 mesures.

Économie et infrastructures

Dans sa réponse à la consultation, l’usam salue l’initiative visant à publier un rapport sur la politique de sécurité dans un contexte en pleine mutation. Elle estime toutefois qu’il est nécessaire d’agir sur plusieurs points. Il est important que la stratégie apporte des réponses claires et contraignantes aux questions de politique de sécurité. En tant que centre international des services financiers, de l’économie et de l’énergie, mais aussi en tant que petit État non aligné, la Suisse se trouve au centre de divers intérêts.

L’usam salue le fait que la stratégie accorde une large place aux aspects économiques et à l’approvisionnement énergétique. Il en va de même pour les infrastructures, même s’il est nécessaire de prêter également attention à la mobilité routière. Dans une société de plus en plus interconnectée, la mobilité routière revêt une importance croissante en matière de politique de sécurité.

Des finances publiques saines sont tout aussi importantes pour la sécurité du pays que la question du changement climatique.

Les tendances en matière de règlementation internationale et les possibilités techniques conduisent à un recours accru à la surveillance, au diagnostic, à la maintenance et à la réparation à distance (par exemple via des mises à jour de logiciels). Cela nécessite des connexions (réseaux) stables, et les accès aux unités de commande doivent être protégés dans l’intérêt de la cybersécurité.

Si la conduite autonome ou semi-autonome se développe, il faudra garantir à la fois les capacités sans risque et la fonction de surveillance. Pour atteindre un haut niveau de résilience, il faut disposer de l’infrastructure nécessaire, qui peut tout à fait acquérir le statut d’«infrastructure critique». Ces évolutions technologiques doivent être prises en compte dans le cadre des projets d’armement et des organisations de crise afin de garantir un fonctionnement prolongé et autonome en cas d’incident.

Finances résilientes

En revanche, ce qui manque dans le rapport, c’est une politique financière stable et résiliente, assortie de finances publiques saines. Des finances publiques saines sont tout aussi essentielles à la sécurité du pays que, par exemple, la lutte contre le changement climatique – à cette différence près que des finances en difficulté ont des répercussions plus rapides.

L’usam soutient les trois axes stratégiques que sont «renforcer la résilience», «renforcer la protection de la population» et «accroître la capacité de défense». Les objectifs correspondants ne sont toutefois formulés que de manière vague. Il faut ici établir des priorités claires et définir des mesures concrètes, un calendrier et des responsabilités bien définies.

Réorientation vers la défense

La Stratégie de politique de sécurité de la Suisse 2026 ne va pas, ni en ce qui concerne les trois axes proposés, ni en ce qui concerne le caractère contraignant de la stratégie, au-delà du Rapport sur la politique de sécurité 2021 et du rapport complémentaire au Rapport sur la politique de sécurité 2021 concernant les conséquences de la guerre en Ukraine.

La Stratégie de politique de sécurité doit certes être examinée par le Parlement. Mais aucune décision n’est prévue. L’ensemble du processus comporte le risque de se limiter à un simple état des lieux non contraignant et dépourvu d’urgence. Il faut au moins aborder dès maintenant, de manière prioritaire et ciblée, la réorientation de l’armée vers les tâches de défense. Cela va de pair avec le renforcement des capacités de l’armée suisse et le comblement des lacunes en matière de capacités de défense.

Dieter Kläy, usam

www.alliancesecurite.ch

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