Une meilleure utilisation du potentiel de main-d’œuvre nationale profiterait à toutes les entreprises suisses, car le nombre de salariés quittant actuellement le marché du travail est supérieur à celui des nouveaux arrivants. Cette tendance devrait se poursuivre au cours des dix prochaines années. En conséquence, il devrait manquer entre 300’000 et 400’000 travailleurs dans les années 2030. L’intelligence artificielle et l’automatisation ne pourront pas compenser cette perte de main-d’œuvre.L’initiative pour le développement durable, qui visait à plafonner la population à dix millions d’habitants, a certes été rejetée par le peuple le 14 juin 2026. Cependant, il faut aussi tenir compte des 45% qui ont voté en sa faveur. Pour réduire la pression exercée par l’immigration, une piste consiste à mieux exploiter le potentiel existant sur place.
Large éventail de mesures
L’usam s’engage depuis quinze ans, avec les partenaires sociaux, les associations professionnelles et les entreprises, dans plusieurs projets visant à accroître le potentiel de main-d’œuvre nationale. Outre les tables rondes consacrées aux travailleurs âgés (de 2015 à 2021) et l’initiative en faveur des travailleurs qualifiés lancée en 2014 sous l’égide de l’ancien conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, le préapprentissage d’intégration Invol a vu le jour en 2018 et a depuis été intégré dans le système régulier. Le projet Viamia permet aux salariés de plus de quarante ans de bénéficier gratuitement d’un bilan de compétences. Le dialogue avec les partenaires sociaux et les mesures prises par le Conseil fédéral dans le cadre de l’initiative pour la durabilité ont marqué les travaux de 2024 et 2025.
Depuis 2025, l’usam est membre et copromoteur de focus50+, une initiative axée sur le soutien aux travailleurs âgés de plus de 50 ans. Le projet Perspecta, lancé en 2025, vise à déterminer comment mieux intégrer sur le marché du travail les personnes issues du regroupement familial. Un projet est en consultation.
Renforcer l’intégration
Depuis mai 2026, l’usam s’engage en faveur de l’association d’utilité publique Path2Work, une organisation à but non lucratif développée conjointement par l’ETH Zurich et l’Université de Lausanne, qui gère une plateforme destinée aux réfugiés et sert de point de contact pour les entreprises et les secteurs d’activité (lire ci-dessus).
l’usam est engagée depuis quinze ans dans divers projets.
Cette plateforme adopte une approche de mise en relation basée sur les compétences dans le cadre d’une phase pilote destinée aux réfugiés, afin d’acquérir de l’expérience. Path2Work permet aux entreprises d’accéder à de nouveaux talents.
Mais la plateforme met aussi en relation les entreprises et les travailleurs issus de l’exil. Depuis 2022, de nombreuses personnes en provenance d’Ukraine bénéficiant du statut S se sont intégrées sur le marché du travail. L’objectif de 50% fixé par la Confédération n’a pas encore été tout à fait atteint.
Le statut S à l’avenir
Le Conseil fédéral souhaite prolonger le statut de protection S au-delà de 2027 et reprendre les restrictions imposées par l’UE aux hommes ukrainiens soumis à l’obligation de service militaire.
Ces restrictions sont subordonnées à une décision en ce sens de l’UE. Si le Conseil de l’UE devait se prononcer contre une telle restriction, la pratique suisse en matière d’octroi du statut de protection S ne serait pas non plus modifiée.
Après les vacances d’été, une consultation sera en outre lancée concernant la modification de l’ordonnance n° 2 sur l’asile. Il s’agit en particulier de supprimer la disposition prévoyant, en matière d’aide sociale, l’égalité de traitement entre les personnes à protéger titulaires d’un titre de séjour et la population locale.
Dieter Kläy, usam