Publié le: 3 juillet 2026

L’ÉDITO

La colonne vertébrale de la politique économique

«Les PME sont la colonne vertébrale de l’économie»: c’est l’une des affirmations les plus fréquentes. En effet, leur nombre et leur diversité confèrent à l’économie suisse la stabilité et la résilience nécessaires. Elles créent aussi des emplois dans les zones rurales et approvisionnent le pays en biens et services, des grandes villes aux vallées reculées. Sous-traitantes, distributrices, formatrices, partenaires innovantes ou prestataires de services, elles assurent le fonctionnement dont dépendent les grandes entreprises.

Jusqu’ici, tout va bien. Mais qu’est-ce que la colonne vertébrale de la politique économique? L’essentiel est de s’en tenir à une ligne libérale cohérente, même si l’air du temps s’y oppose. L’ancien gouvernement allemand dirigé par Olaf Scholz, qui s’était complètement écarté de cette ligne, en est un exemple négatif frappant. Je n’oublierai jamais comment, il y a quelques années, lors d’un événement organisé par l’ambassade de Suisse à Berlin, un haut fonctionnaire allemand m’a remis sa carte de visite. Sur celle-ci, à côté de la mention «Ministère fédéral de l’Économie et de l’Énergie», le mot «Énergie» avait été barré au stylo à bille et remplacé à la main par «Protection du climat». J’ai d’abord pensé à une plaisanterie.

Mais c’était sérieux! Au bout de quatre ans, ce cauchemar a quand même pris fin et le ministère a retrouvé son ancien nom. Aujourd’hui pourtant, l’Allemagne continue d’afficher les prix de l’énergie les plus élevés. La seule chose durable que cette politique économique sans colonne vertébrale ait laissé derrière elle, c’est l’atteinte durable à la compétitivité de l’industrie allemande.

En Suisse aussi, la politique économique manque souvent de courage. Face à des défis colossaux, notre pays aurait besoin de soulager l’économie. Que fait le Conseil fédéral? Exactement le contraire. Il veut introduire des obligations supplémentaires en matière de diligence raisonnable et de reporting via une nouvelle «loi fédérale sur la gestion d’entreprise durable». Une loi qui s’accompagne bien sûr de la création d’une nouvelle autorité. On ne peut que secouer la tête devant une telle initiative.

Mais les associations professionnelles doivent faire preuve de fermeté. Il faut rejeter sans réserve cette nouvelle loi. Et pas pour une question de «Swiss Finish» par rapport à l’UE. Mais parce qu’elle est simplement inutile. C’est là que la position cohérente de l’usam se distingue de ceux qui s’orientent en fonction de ce qui s’applique dans l’UE.

Garder le cap, même dans l’adversité. Cela signifie refuser un financement public des crèches imposé par la Berne fédérale, s’opposer à la taxe de la SSR aux PME, ne céder ni face aux syndicats, concernant la soi-disant «mesure 14» des accords avec l’UE, ni face à l’administration fédérale sur les recommandations exagérées de l’OMS.

L’usam fait preuve de cohérence. Mais elle se retrouve malheureusement souvent isolée. En effet, même les associations professionnelles peuvent s’écarter de leur ligne. Pour s’en expliquer, elles invoquent parfois le manque de fiabilité du Parlement, dont la majorité est certes bourgeoise sur le papier, mais qui, sur de nombreuses questions, vote contre les intérêts de l’économie. Il faudra s’en souvenir quand on abordera les recommandations de vote pour les élections fédérales de 2027.

Articles approfondis

Les plus consultés