Publié le: 3 juillet 2026

Les listes de Noël, c’est terminé!

TRANSPORTS ’45 – La Suisse doit fixer des priorités en matière de transports. Il n’est pas possible de financer simultanément tout ce qui a été prévu, rêvé ou promis sur le plan politique. C’est le but de ce projet. Pour l’usam, une chose est claire: dans une économie suisse marquée par les PME, la route joue un rôle central pour la logistique et l’accessibilité.

Avec le projet Transports ’45, le Conseil fédéral a mis en consultation l’un des chantiers les plus importants des prochaines années en matière de transports. Il concerne les projets ferroviaires, les routes nationales et les programmes d’agglomération. Mais en réalité, il va bien au-delà: il s’agit de déterminer comment la Suisse planifiera et financera ses infrastructures de transport à l’avenir.

Transports ’45 est donc moins un programme d’extension classique qu’une refonte de la politique des transports. Pour la première fois, le rail, la route et le trafic d’agglomération sont considérés conjointement. La Confédération entend départager les projets prioritaires d’ici 2045 de ceux qui ne le seront pas.

Forte demande, moyens limités

Une chose est claire: la demande en infrastructures de transport a fortement augmenté ces dernières années. Dans le même temps, les marges de manœuvre financières se sont réduites. La hausse des coûts de construction, la rareté des ressources et les nombreux projets déjà approuvés obligent les responsables politiques à faire des choix.

pour les pme, l’essentiel est d’avoir des routes en bon état, une bonne logistique et des accès dégagés.

Pour utiliser des ressources limitées de manière responsable, il faut faire des choix. Mais selon quels critères? Le Conseil fédéral s’appuie sur une expertise de l’ETH Zurich et d’autres études qui analysent la qualité de l’offre, la stabilité du réseau, la rentabilité, l’impact territorial et les aspects environnementaux, ainsi que des considérations stratégiques relatives au développement de l’ensemble du réseau.

On voit moins clairement quel poids a été accordé à des critères comme l’accessibilité, le trafic économique, la valeur ajoutée et la qualité de l’implantation. Pour les entreprises, il s’agit là de conditions essentielles à la réussite.

Quid du financement

La qualité des infrastructures est déterminante: pour permettre aux collaborateurs de se rendre sur leur lieu de travail, de servir leurs clients et d’assurer un transport fiable des marchandises. «Pour les PME, ce qui compte, ce sont des routes en bon état, des chaînes d’approvisionnement fiables et une bonne accessibilité, lance Urs Furrer, directeur de l’usam, le projet Transports ’45 doit être évalué à l’aune de sa capacité à prendre suffisamment en compte ces besoins.»

Les infrastructures ne devraient pas seulement être jugées en fonction des avantages pour le système de transport, mais via leur contribution à la création de valeur et à la compétitivité. Il est aussi question de subsidiarité: lorsque les moyens sont limités, la distinction entre les missions nationales et régionales prend toute son importance. La Confédération devrait se concentrer sur les projets qui présentent un intérêt national et qui profitent à tout le système.

Enfin, Transports ’45 soulève des questions de financement. Les routes nationales sont financées par des redevances affectées à un usage précis, le pour mille de TVA, jusqu’ici temporaire, destiné au fonds d’infrastructure ferroviaire, doit être pérennisé. Mais quel rôle doivent encore jouer le principe de l’utilisateur-payeur, la vérité des coûts et l’autofinancement? Il faut viser un financement aussi équitable que possible, basé sur le principe du pollueur-payeur.

Utilisateur-payeur

Ce débat est nécessaire. La question centrale n’est pas seulement de savoir quels projets doivent être réalisés, mais aussi selon quels principes les moyens limités doivent être utilisés. Du point de vue du secteur privé, cinq critères méritent une attention particulière: l’accessibilité, le trafic économique, l’utilité économique, la subsidiarité, ainsi que le principe de l’utilisateur-payeur et l’autofinancement. En consultation, l’usam examine d’un œil critique le financement. Le principe de l’utilisateur-payeur et la vérité des coûts sont des conditions essentielles à une politique des transports durable et économiquement viable. Le financement des infrastructures doit, dans la mesure du possible, être basé sur le principe du pollueur--payeur, et les fonds alloués doivent être utilisés de manière transparente et efficace.

Philipp Bauer, usam, a.i.

Articles approfondis

Les plus consultés