Publié le: 3 juillet 2026

Naissance d’un nouveau métier

ÉLECTROMÉNAGER – Les exigences imposées aux professionnels du service après-vente des appareils électroménagers ont évolué. Afin de s’adapter à cette évolution, la FEA met en place une nouvelle formation professionnelle initiale, dont l’objectif est de concilier technique, numérisation, relation client et développement durable au sein d’un profil professionnel tourné vers l’avenir.

Quand on parle de développement durable, on pense souvent au recyclage. Or, la préservation des ressources passe par des produits durables, une culture de la réparation efficace et des solutions d’élimination responsables. C’est là qu’intervient le secteur suisse de l’électroménager. Grâce à des appareils de haute qualité, à un réseau de service après-vente couvrant l’ensemble du territoire et à leur engagement en faveur du recyclage, les membres de la FEA contribuent à ce que les appareils électroménagers soient utilisés le plus longtemps possible et à ce que des matières premières précieuses restent dans le circuit économique.

«En Suisse, il existe une culture de la réparation pour les appareils électroménagers. Grâce au service après-vente et aux réparations, les appareils restent en service plus longtemps», explique Diego De Pedrini, directeur général de la Fédération suisse des appareils électriques pour le ménage et le commerce (FEA). «Des enquêtes montrent que plus d’un million de réparations sont effectuées chaque année, dont la grande majorité aboutit.» Avec le recyclage volontaire des réfrigérateurs, la FEA a fait partie des pionniers de la gestion des déchets en Suisse.

L’étiquette énergétique

L’efficacité énergétique est un enjeu majeur dans le secteur. C’est dans cet esprit que l’étiquette énergétique, lancée avec succès par le secteur, a été mise en place. «L’étiquette énergétique offre aux consommateurs un repère simple et indique d’un seul coup d’œil le niveau d’efficacité énergétique d’un appareil, précise notre interlocuteur, les méthodes de mesure sur lesquelles elle repose bénéficient d’un large soutien et sont reconnues.»

Le respect des prescriptions est contrôlé par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN). La FEA tient à ce que ces contrôles soient effectués de manière rigoureuse et que les ressources nécessaires soient mises à disposition. «C’est la seule façon d’éviter les distorsions de concurrence et de garantir des conditions de marché équitables pour tous les fournisseurs.» Le secteur améliore l’efficacité énergétique, l’automatisation croissante, la connectivité et les solutions de recyclage innovantes.

Nouveaux métiers

La formation professionnelle est devenue, ces dernières années, un domaine d’activité central de la FEA. La modification des statuts de 2026 a officialisé cette évolution: depuis lors, l’association n’est plus seulement une association sectorielle, mais aussi une association professionnelle. «Cette évolution a été motivée par la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans le secteur de l’entretien des appareils électroménagers ainsi que par l’importance croissante accordée à la durabilité et à la réparabilité. C’est de là qu’est née l’initiative visant à développer notre propre formation professionnelle initiale», explique le directeur de la FEA. Ce projet revêt une importance stratégique à ses yeux. Outre les cotisations ordinaires, les entreprises membres versent des contributions financières supplémentaires à durée déterminée. La FEA investit aussi ses propres ressources. L’approbation à l’unanimité par l’assemblée générale souligne le large soutien dont bénéficie cette initiative au sein de la branche: «La collaboration avec la Confédération et les cantons est constructive. Ce projet nous ouvre également la voie à des entreprises n’appartenant pas encore à notre cercle de membres, en particulier aux entreprises de service et de réparation.»

Avec le métier de «Spécialiste en technique de service des appareils électroménagers CFC», la FEA développe une nouvelle profession pour répondre à un besoin clairement identifié. À moyen terme, on prévoit jusqu’à 200 apprentis par an, contre une cinquantaine au départ. «Aujourd’hui, les spécialistes sont souvent recrutés parmi des métiers apparentés et formés en interne, ce qui ne répond que partiellement aux exigences spécifiques du service après-vente des appareils électroménagers», précise-t-il. «Ce nouveau métier englobe le diagnostic, l’entretien, la réparation, l’installation et la mise en service d’appareils électroménagers, ainsi que l’analyse des pannes en dialogue avec le client, la gestion des problèmes logiciels et le contrôle des appareils. Le conseil à la clientèle concernant l’utilisation, l’entretien et l’utilisation durable revêt aussi une importance capitale. Ce développement est exigeant, car toutes les bases doivent être élaborées à partir de zéro.» La FEA en est à la phase de mise en œuvre. En parallèle, des concepts de mise en œuvre sont élaborés pour les entreprises et les formateurs. Le début de la formation est prévu pour l’été 2029, et le lieu de formation sera l’école professionnelle d’Olten.

Conditions de marché équitables

La FEA s’engage en faveur de conditions-cadres compatibles avec les normes internationales pour le secteur. Il s’agit ainsi d’éviter autant que possible les règlementations énergétiques et environnementales spécifiques à la Suisse, car les fabricants internationaux seraient sinon contraints de développer, à grands frais, des solutions sur mesure pour le marché suisse. L’association renvoie régulièrement les autorités aux solutions proposées par l’organisation faîtière européenne.

Outre la problématique des «profiteurs» dans le domaine de l’élimination des déchets, les priorités politiques actuelles portent notamment sur les questions de sécurité électrique. Les appareils qui arrivent en Suisse via des plateformes en ligne étrangères et qui ne sont pas compatibles avec le système de prises local posent notamment problème. L’utilisation combinée de prises Schuko et d’adaptateurs peut en effet présenter un risque pour la sécurité.

Du point de vue de la FEA, le législateur est appelé à agir pour prévenir les dommages corporels et matériels. Parmi les autres défis figurent les pénuries d’approvisionnement en semi-conducteurs, l’application insuffisante des règles à l’égard des fournisseurs en ligne étrangers ainsi que la persistance des effets de parasitisme dans le domaine de la gestion des déchets. Et de lancer en guise de conclusion: «Il convient d’aborder ces questions de manière systématique afin de garantir des conditions de marché équitables et sûres.»

Corinne Remund

www.fea.ch/fr

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