Publié le: 3 juillet 2026

Soixante ans: un atout pour les PME

NOUVELLE ÉTUDE – Quelles sont les incitations qui poussent les employeurs à embaucher des salariés de plus de 60 ans et quels sont les obstacles qui les en empêchent? Comment cela se passe dans les entreprises? Quelles mesures publiques sont efficaces? C’est pour répondre à ces questions que focus50plus a chargé Alixio Group Suisse de mener l’enquête.

Selon les analyses de la BNS, l’évolution démographique entraînera, au cours des dix prochaines années, un déficit de main-d’œuvre pouvant atteindre 400’000 personnes. Les travailleurs âgés constituent un potentiel important pour pallier la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Comment les employeurs perçoivent-ils leurs salariés de plus de 60 ans, quelles mesures prennent-ils pour les maintenir en activité jusqu’à l’âge de référence et au-delà, et qu’attendent-ils des responsables politiques? L’enquête a permis de tirer les conclusions suivantes:

Plus de 60 ans: très appréciés

Les employeurs interrogés confirment sans ambiguïté qu’ils tirent profit: de l’expérience et du savoir-faire acquis au fil des années (82%), du sens des responsabilités et de la loyauté (67%), des compétences professionnelles (66%), de la connaissance de la culture d’entreprise (61%) et des réseaux de contacts avec les clients et les partenaires (56%) de leurs collaborateurs plus âgés. Les limites de cet attrait sont parfois perçues dans les coûts salariaux plus élevés, la capacité d’adaptation au changement et les compétences informatiques.

Employabilité et fidélisation

Les entreprises soutiennent leurs salariés séniors grâce à une culture de valorisation (67%), à des modèles d’horaires flexibles et au travail à temps partiel (60%) et à la promotion de la collaboration intergénérationnelle (44%).

Jusqu’à 67 ans: les avantages

Le soutien sans équivoque en faveur du recrutement de salariés de plus de 60 ans, des mesures visant à préserver la capacité de travail ainsi que du soutien actif permettant de travailler jusqu’à l’âge de référence et au-delà sont plutôt faibles, avec des taux compris entre 20 et 30% dans chaque cas.

La planification individuelle de la retraite et de la poursuite de l’activité professionnelle est particulièrement déterminante pour maintenir plus longtemps en poste les salariés de plus de 60 ans.

Dans 83% des entreprises interrogées, les départs à la retraite interviennent majoritairement lorsque l’âge de référence est atteint. Toutefois, lorsqu’on interroge les employeurs sur les répercussions d’un âge de départ à la retraite fixé à 67 ans sur leur entreprise, une opinion favorable, mais prudente, prévaut, selon laquelle cela permettrait de conserver un savoir-faire précieux et d’atténuer la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. De plus, elles tablent sur une augmentation des embauches de travailleurs de plus de 60 ans, une offre plus large de modèles de travail flexibles, des rôles adaptés ainsi qu’un soutien accru à cette tranche d’âge.

Les entreprises devraient donc tester activement le travail jusqu’à 67 ans et vérifier si elles-mêmes et leurs collaborateurs tirent profit de la poursuite volontaire de l’activité professionnelle.

Charges salariales: le défi

Pour le recrutement de salariés séniors, les charges salariales indirectes constituent un facteur déterminant pour environ 40% des PME. Une réduction des écarts liés à l’âge dans les cotisations aux caisses de retraite soulagerait les PME et contribuerait à atténuer la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Les employeurs accueillent aussi avec une prudence favorable les incitations financières destinées aux salariés et aux entreprises visant à encourager le maintien dans l’emploi. L’étude montre que le potentiel des travailleurs âgés peut être exploité efficacement grâce à des mesures appropriées prises par les entreprises et les pouvoirs publics. La base de cette démarche, à savoir la reconnaissance de la part des employeurs, existe.

Edgar Spieler

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