L’IPI justifie son changement de pratique concernant la croix suisse (lire ci-dessus) par le fait que l’économie suisse est «soumise depuis quelque temps à une forte pression en raison de la vigueur persistante du franc suisse et des droits de douane élevés imposés par les États-Unis» et que ce changement de pratique permettra de «renforcer durablement la Suisse comme pôle d’innovation».
L’usam a souhaité en savoir plus. Elle a mené de mi-juillet à début août 2026, par l’intermédiaire de ses associations cantonales, un sondage en ligne non représentatif sur l’importance de la «Swissness» et sur le changement de pratique de l’IPI: 289 réponses ont été reçues. En parallèle, un sondage représentatif a été mandaté, puis réalisé par Demoscope auprès de 1154 personnes âgées de plus de 18 ans et de nationalité suisse, dans les régions germanophones, francophones et italophones de la Suisse. Ce sondage confirme pour l’essentiel les résultats de l’enquête de l’usam auprès des PME.
«Très préjudiciable» selon la majorité
Près de 70% des personnes sondées en ligne par l’usam jugent que l’utilisation de la mention d’origine «Suisse» (par exemple «Swiss Made») pour leur entreprise ou pour les produits de leur entreprise est «très importante» ou «plutôt importante». Les PME considèrent donc la marque «Suisse» comme un facteur concurrentiel pertinent.
De plus, 89% des personnes interrogées estiment que l’économie serait mieux soutenue si la croix suisse restait réservée aux producteurs suisses. À la question de savoir comment mieux soutenir l’économie suisse, compte tenu des conditions-cadres difficiles (force du franc, évolutions géopolitiques), 55% ont répondu «en réservant l’utilisation de la croix suisse comme droit exclusif aux producteurs suisses». Et 34% de plus ont complété cette affirmation en réclamant des allègements pour les producteurs suisses concernant les seuils légaux relatifs aux coûts de fabrication et au poids des matières premières. La majorité des sondés jugent les répercussions du changement de pratique de l’IPI «très défavorables» aux PME suisses ne disposant pas de sites de production à l’étranger et qui ne souhaitent pas recourir à l’utilisation de la croix suisse pour des produits fabriqués à l’étranger. Neuf personnes sur dix sont tout à fait d’accord ou plutôt d’accord avec l’affirmation selon laquelle une délocalisation de la production à l’étranger affaiblit également la capacité d’innovation de la place économique suisse.
La confiance s’effrite
Compte tenu des difficultés rencontrées par les producteurs suisses, 88% des personnes interrogées dans le cadre du sondage représentatif réalisé par Demoscope estiment que l’économie serait mieux soutenue si la croix suisse était réservée aux producteurs suisses. Et 60% des sondés ont répondu que leur confiance dans la valeur symbolique de la croix suisse en tant que signe d’origine et de qualité suisses diminuait en raison du changement de pratique de l’IPI. Cette proportion se répartit à parts égales entre les réponses «Ma confiance diminue fortement» et «Ma confiance diminue plutôt». Enfin, 85% des sondés sont tout à fait d’accord ou plutôt d’accord avec l’affirmation selon laquelle la délocalisation de la production à l’étranger affaiblit la capacité d’innovation de la Suisse.
«Ces deux sondages montrent que le changement de pratique de l’IPI est clairement rejeté tant par les professionnels que par l’opinion publique», a lancé Urs Furrer, directeur de l’usam, à l’occasion de la conférence de presse du 11 août dernier. sgv/sgz/JAM