Publié le: 14 août 2026

Le spectre d’un État végan

VOTATIONS – Qu’il s’agisse de l’œuf dans la salade, du lait dans le café, du fromage, du poisson ou du poulet: ces merveilles dis­pa­raîtraient de notre alimentation, pour ne rien dire du cervelas ou de la fondue! L’initiative sur l’alimentation mérite claire­ment d’être rejetée, le 27 septembre prochain dans les urnes.

Cette volonté constante de mise sous tutelle ne connaît plus de limites depuis longtemps. Qu’il s’agisse de l’alimentation, en particulier de la viande, du tabac, de l’alcool ou de la publicité: partout, on dicte aux citoyens ce qu’ils doivent faire et ne pas faire. Ils se sentent de plus en plus mis sous tutelle et rabaissés au rang d’êtres ayant besoin d’assistance. L’initiative sur l’alimentation, soumise au vote le 27 septembre prochain, marque un nouveau sommet de cette culture de la tutelle. L’usam rejette clairement cette initiative au titre totalement trompeur – «Pour une alimentation sûre».

Cette initiative n’appelle rien d’autre qu’un revirement radical à 180 degrés vers une alimentation végétalienne. Attention: pas végétarienne! Qu’il s’agisse de l’œuf dans la salade, du lait dans le café, du fromage, du poisson ou du poulet: toutes ces bonnes choses devraient disparaître de notre alimentation. Et plus question de faire griller des cervelas lors d’une randonnée! Au final, une atteinte massive à la liberté de choix individuelle, en plus d’être une mesure totalement incompatible avec les ressources naturelles et les réalités de la Suisse.

Réforme en profondeur

Concrètement, la Constitution fédérale devrait désormais préciser que la Suisse vise un taux d’autosuffisance net d’au moins 70%, ce qui est bien supérieur au niveau actuel. On y trouverait en substance cette déclaration: «À cette fin, [la Confédération] prend notamment des mesures visant à promouvoir un régime alimentaire davantage basé sur les aliments d’origine végétale et un secteur agricole et alimentaire orienté en ce sens.»

Dans ce contexte, le mot «promotion» est un euphémisme pour «mise sous tutelle» et «paternalisme». En effet, l’initiative sur l’alimentation vise à imposer une refonte en profondeur du système alimentaire suisse. Selon le Conseil fédéral et le Parlement, le taux d’autosuffisance requis de 70% ne pourrait être atteint qu’au prix de changements radicaux dans la production et la consommation. Et par un abandon définitif des aliments d’origine animale. Même si les auteurs de l’initiative le nient, nous serions obligés d’adopter un régime végétalien.

Ingérence étatique croissante

Fabio Regazzi, président de l’usam et conseiller aux États (Le Centre/TI) a résumé la situation lors d’une conférence de presse mi-juin: «La Suisse se porte mieux avec la liberté et la responsabilité individuelle qu’avec de nouvelles restrictions.» Cette initiative pèserait de tout son poids sur de nombreuses PME de la chaîne alimentaire, de la transformation à la restauration. L’entrepreneur tessinois a par ailleurs critiqué la bureaucratie supplémentaire et la tutelle croissante de l’État induite par cette initiative jusqu’au-boutiste.

«Cette initiative part peut-être d’une bonne intention, mais elle est dangereuse. Elle menace la liberté de choix, le caractère régional de notre alimentation, la diversité culinaire, la rentabilité, les emplois et la sécurité d’approvisionnement, a souligné Beat Imhof, président de GastroSuisse et membre du comité directeur de l’usam. La restauration suisse mise déjà aujourd’hui sur les produits régionaux, les offres saisonnières et davantage de durabilité, tout en restant en phase avec les besoins des clients.»

Si l’initiative était acceptée, les conséquences seraient désastreuses pour l’hôtellerie-restauration et les consommateurs: moins de choix, prix encore plus élevés, baisse de la qualité suisse, encore plus d’importations. Avec des dommages collatéraux irréparables causés dans tout le secteur des produits carnés et laitiers.

Miracle au plan digestif?

Le caractère radical de cette initiative est également illustré par le fait qu’aucun représentant de la gauche et des Verts n’a voté en faveur de cette initiative populaire au Parlement. Celle-ci a été rejetée en bloc par le Parlement, sans aucune voix pour et sans aucune abstention.Reste à savoir ce qu’il adviendrait, en cas d’adoption, de l’ensemble des prairies suisses, idéales pour l’élevage et la production laitière, mais impropres à la culture des grandes cultures. Les auteurs de l’initiative espèrent-ils un miracle digestif, une multiplication de nos estomacs qui permettrait soudainement aux êtres humains de se nourrir d’herbe?

Non seulement cette initiative paternaliste poursuit des objectifs utopiques et renchérit le prix des denrées alimentaires, mais elle menace aussi toute la sécurité d’approvisionnement. Les prairies ne seraient plus disponibles pour la production alimentaire. Cette initiative mérite un rejet clair le 27 septembre prochain.

Rolf Hug/ JAM

www.initiative-alimentation-non.ch

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