La préservation et la promotion des langues nationales relèvent de la responsabilité conjointe de la Confédération et des cantons. La Constitution fédérale (Cst.) en pose les fondements à l’article 70. Comme l’enseignement du français à l’école primaire est remis en question dans certains cantons alémaniques, le débat sur les langues nationales reprend du nerf. Du point de vue de la formation professionnelle, les quatre langues nationales occupent une place importante. Mais revenons brièvement en arrière: en 2004, les cantons ont adopté une stratégie linguistique qui est mise en œuvre dans presque tous les cantons.
formation professionnelle: les quatre langues nationales occupent une place importante.
Elle prévoit l’apprentissage de deux langues étrangères dès l’école primaire. Ces deux langues étrangères sont l’anglais et une deuxième langue nationale. Pour les élèves de Suisse alémanique, par exemple, il s’agit de l’anglais et du français.Cette disposition a été concrétisée par le concordat HarmoS, entré en vigueur le 1er août 2009. La Constitution fédérale, dans son article 70, pose les bases d’une politique linguistique coordonnée. Cet article stipule que la Confédération et les cantons favorisent la compréhension et les échanges entre les communautés linguistiques. L’harmonisation du système scolaire relève de la compétence des cantons. Si cette harmonisation est remise en cause, la Confédération peut édicter des prescriptions en la matière.
Consultation préventive
Étant donné que, dans certains cantons, dont Zurich, des initiatives visant à supprimer l’enseignement du français au niveau primaire ont déjà été transmises à l’exécutif cantonal, le Conseil fédéral estime que le mandat d’harmonisation conféré par la Constitution fédérale est menacé. C’est pourquoi il a lancé en juin une consultation sur la révision de la loi sur les langues, qui se poursuivra jusqu’au début du mois d’octobre.
Selon le Conseil fédéral, la nécessité d’une intervention au niveau fédéral découle de la «responsabilité en matière de politique linguistique visant à favoriser la compréhension entre les communautés linguistiques et de l’impératif de politique éducative en matière d’harmonisation, dans l’optique de la perméabilité de l’espace éducatif». La consultation préventive doit examiner différentes options à temps.
Atouts pour la formation
L’article 61a de la Constitution fédérale a instauré en 2006 l’«espace suisse de formation» uniforme, destiné à garantir une formation de haute qualité et à faciliter la mobilité de la population. À la fin de la scolarité obligatoire, les élèves devraient maîtriser au moins une deuxième langue nationale et une autre langue étrangère (l’anglais). La stratégie linguistique de 2004, ou plus précisément le concordat HarmoS, a été intégrée dans la loi sur les langues. Dans sa consultation, le Conseil fédéral soumet désormais deux variantes à la discussion. La première variante consiste à inscrire la solution HarmoS en vigueur dans la loi sur les langues.
La deuxième variante prévoit l’ancrage légal du début de l’enseignement d’une deuxième langue nationale dès l’école primaire et de sa poursuite jusqu’à la fin du degré secondaire I.
On ne sait pas encore du tout si une variante s’imposera lors de la procédure de consultation – à laquelle les membres de l’usam ont été invités – et, le cas échéant, laquelle.
Il est toutefois incontestable que la question linguistique a aussi des répercussions sur les entreprises et l’attractivité de la Suisse en tant que site d’implantation. Outre l’anglais, dont l’importance ne fait aucun doute, il ne faut pas sous-estimer l’importance des langues nationales pour la formation professionnelle et l’artisanat.Dieter Kläy, usam