Publié le: 14 août 2026

Nos précieux atouts géostratégiques

LIBRE-ÉCHANGE – L’économie mondiale est en pleine mutation. Les tensions géopolitiques, les nouvelles barrières commerciales et les tendances protectionnistes exercent une pression sur les économies tournées vers l’exportation. Il est donc d’autant plus important que la Suisse poursuive avec détermination sa politique de libre-échange – dont les accords avec la Malaisie et les pays du Mercosur.

La Suisse vit du commerce international. On le sait bien, un franc sur deux est gagné à l’étranger, et de nombreuses PME sont intégrées, directement ou indirectement, à l’économie mondiale. En ces temps d’incertitude croissante, l’accès non discriminatoire aux marchés internationaux ne cesse de gagner en importance. Les accords de libre-échange garantissent une sécurité de planification, réduisent les droits de douane, simplifient les procédures administratives et renforcent la compétitivité des entreprises.Cela vaut tant pour l’accord avec la Malaisie que pour le Mercosur. Ces deux marchés totalisent plus de 300 millions d’habitants et offrent un potentiel de croissance considérable.

Désavantages concurrentiels pour les PME suisses: stop!

L’accord avec les pays du Mercosur revêt un caractère particulièrement urgent. L’Union européenne a déjà conclu son propre accord et l’a mis en œuvre à titre provisoire. Chaque jour où la Suisse continue d’attendre, les désavantages concurrentiels pour nos entreprises s’aggravent. Pour les PME orientées vers l’exportation, une différence tarifaire de quelques points de pourcentage suffit déjà à déterminer si une commande sera passée en Suisse ou à l’étranger.

Le libre-échange ne signifie en aucun cas une ouverture unilatérale des marchés. Les entreprises suisses bénéficient d’un meilleur accès à d’importants débouchés commerciaux, tandis que des règles claires sont établies en matière d’investissements, de protection de la propriété intellectuelle et de coopération économique. Les petites entreprises, en particulier, profitent de conditions-cadres plus transparentes et de coûts commerciaux réduits.

Agriculture: du discernement au lieu d’exiger le maximum

Bien sûr, les accords de libre-échange peuvent être adaptés. Il est donc normal de discuter de mesures d’accompagnement adaptées pour les secteurs concernés. En revanche, la demande de l’Union suisse des paysans visant à obtenir une compensation de plusieurs centaines de millions de francs n’est guère convaincante. Un financement d’une telle ampleur serait sans commune mesure avec les répercussions réelles des accords. Compte tenu de la situation financière tendue de la Confédération, une telle augmentation des dépenses serait difficilement justifiable sur le plan budgétaire.

Pour la Suisse, l’enjeu va bien au-delà de simples baisses de droits de douane.

Mieux vaut viser un compromis viable. Apporter un soutien ciblé aux entreprises réellement touchées se justifie. En revanche, accorder de telles indemnités forfaitaires mettraient non seulement en péril l’acceptation politique de tels accords, mais repousserait au second plan les avantages obtenus pour toute l’économie.

Penser à l’avenir de nos PME

Pour la Suisse, l’enjeu va bien au-delà de simples baisses de droits de douane. Il s’agit de savoir si une petite place économique tournée vers l’exportation saura préserver son ouverture. Ou bien si elle perdra du terrain face à la concurrence internationale. Nos PME ont besoin de conditions-cadres stables et fiables, car elles sont moins à même d’absorber la hausse des coûts commerciaux que les grands groupes. Le Conseil fédéral et le Parlement sont donc appelés à faire avancer rapidement ces deux accords de libre-échange.

En parallèle, il faudra trouver un compromis politique équilibré avec le secteur agricole, tenant compte des préoccupations légitimes sans grever les finances fédérales. Dans un monde marqué par une incertitude croissante, le libre-échange reste l’un des instruments les plus efficaces pour garantir à long terme la prospérité, l’innovation et l’emploi en Suisse.

Patrick DĂĽmmler, usam

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