La formation professionnelle a commencé pour les nouveaux apprentis dans tous les cantons. Les premières expériences et impressions ont suscité un large écho sur les réseaux sociaux et dans la presse régionale. Pour les jeunes, mais aussi pour leurs parents et leur entourage, le passage à l’apprentissage professionnel en alternance constitue une étape décisive qui s’accompagne de grands changements. Le cadre scolaire se limite désormais à la fréquentation de l’école professionnelle. En revanche, la formation et le travail en entreprise constituent une nouveauté. Les jeunes font leur entrée dans le monde des adultes et doivent s’adapter et s’intégrer dans un environnement professionnel compétitif, aux côtés de leurs collègues, de leurs formateurs et de leurs supérieurs.
Couverture médiatique biaisée
La couverture médiatique n’en est que plus partiale. L’accent est mis sur les expériences négatives, horaires de travail irréguliers, libertés restreintes et débuts difficiles pour certains dans le monde du travail. C’est normal qu’il y ait certaines difficultés au démarrage. Environ 70% des jeunes choisissent la voie de la formation professionnelle en alternance. Plus de 200’000 d’entre eux suivent une formation professionnelle, pilier principal du système éducatif. Des dizaines de milliers d’entreprises formatrices s’engagent pour que les apprentis puissent prendre un bon départ dans la vie professionnelle.
Compétences de base: la clé
Ce qui préoccupe de plus en plus les entreprises formatrices, c’est la baisse des compétences de base. Une enquête récemment publiée par les organisations faîtières du monde économique, dont l’usam, révèle, sur la base d’environ 2900 réponses, qu’une grande partie des entreprises constate chez leurs apprentis des lacunes dans les compétences de base, l’écriture et les maths.
L’école transmet l’indispensable
Les entreprises formatrices doivent pouvoir compter sur le fait que les jeunes disposent des bases nécessaires pour suivre la formation en alternance. Sinon, le recrutement d’apprentis adaptés deviendra plus difficile et les petites et micro-entreprises formeront moins de jeunes, voire, dans le pire des cas, n’en formeront plus du tout. Des lacunes dans les compétences de base entraînent pour les entreprises formatrices plus d’encadrement et des coûts liés aux mesures de soutien.
Maintenir la volonté de former
Les entreprises assument leurs responsabilités et investissent des ressources considérables dans la formation de leurs apprentis. Le fait qu’une entreprise sur cinq sondée indique vouloir recruter moins d’apprentis à l’avenir en raison de la baisse des compétences de base et des coûts supplémentaires que cela implique doit être considéré comme un signal d’alarme. Les mutations du monde du travail conduisent les entreprises à durcir leurs critères de sélection, voire à laisser des places d’apprentissage vacantes, faute de candidatures adéquates. Cette évolution pose particulièrement problème pour le secteur artisanal et les petites entreprises.
L’usam soutient le renforcement
des compétences de base
Compte tenu des exigences croissantes du marché du travail, il est nécessaire de renforcer systématiquement les compétences de base. La lecture, l’écriture et les mathématiques doivent occuper une place plus centrale à l’école primaire. Ce n’est qu’en comblant dès le plus jeune âge ces lacunes en matière de compétences de base que l’on pourra réussir son entrée dans la vie professionnelle. Après tout, nous devons en grande partie notre prospérité à nos travailleurs qualifiés et à notre système de formation duale.
Dieter Kläy, usam