Publié le: 4 septembre 2026

Quand la prudence étouffe l’audace

FINANCEMENT DES PME – L’économie a besoin de risque pour innover, mais les autorités publiques et les institutions financières le fuient de plus en plus. Un déséquilibre dangereux pour le dynamisme économique.

L’économie moderne est tiraillée entre deux impératifs: l’audace entrepreneuriale, moteur de l’innovation, et la prudence règlementaire, garante de la stabilité. Or, aujourd’hui, la balance penche trop du côté de la sécurité, au point d’asphyxier la prise de risque, pourtant vitale pour la croissance. Les entrepreneurs, qui engagent leurs ressources dans des projets incertains, se heurtent à un système financier de plus en plus réticent.

Les banques privilégient les actifs sûrs (obligations d’État, immobilier), les fonds d’investissement fuient l’incertitude, et les régulateurs multiplient les contraintes (registre de transparence, compliance), alourdissant le fardeau des PME.

Le risque, moteur du progrès

Pourtant, comme l’a montré Israël Kirzner (n.d.l.r., *1930, économiste américain appartenant à l’école autrichienne), ce qui fait avancer l’économie, c’est cette vigilance entrepreneuriale, la découverte d’opportunités non exploitées, ou lorsque de nouvelles idées remplacent les anciennes. Sans prise de risque, pas d’innovation, pas de progrès.

Le paradoxe? En cherchant à éliminer le risque, à stabiliser, on étouffe la source même de la croissance. Des exigences plus élevées pour le financement des projets audacieux signifie moins de succès, ce qui renforce l’idée que le risque ne «paie» plus. Un cercle vicieux s’installe: le système se prive de son propre moteur.

L’illusion de la sécurité absolue

L’aversion au risque n’est pas totalement infondée. Les crises financières ont rappelé les dangers d’un capitalisme sans garde-fous. Mais cette quête de sécurité absolue ignore une évidence: le risque est consubstantiel au progrès. Les grandes avancées sont toujours nées de paris audacieux.

Pire, cette prudence excessive crée une asymétrie perverse: l’entrepreneur qui échoue en assume seul les conséquences, tandis que le banquier ou le régulateur qui refuse de financer un projet innovant n’en subit aucune. Dans ce contexte, la mentalité «zéro risque» devient la norme. Et l’économie en paie le prix.

Vers un équilibre réinventé

La solution ne réside pas dans un choix manichéen entre laissez-faire et hyperrégulation, mais dans un équilibre réinventé. Il faut d’abord reconnaître la valeur sociale du risque entrepreneurial.

Les mécanismes de financement doivent être adaptés aux PME: garanties publiques ciblées, fonds de capital-risque dédiés, ou allègement des contraintes de compliance pour les PME.

Enfin, il faut accepter le fait que le risque fait partie du jeu économique. L’économie n’est pas là pour être stable: elle est là pour innover, créer, parfois échouer. Les régulateurs doivent intégrer cette réalité.

«Cette prudence excessive crée une asymétrie perverse: l’entrepreneur qui échoue en assume seul les conséquences, LE BANQUIER OU LE RÉGULATEUR (...) N’EN SUBIT AUCUNE.»

Sans cela, les marchés seront étouffés, et la vitalité économique sera compromise. L’usam défend des conditions-cadres permettant cette prise de risque, indispensable à la dynamique des entreprises suisses.

Mikael Huber, usam

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