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Duperie et supercherie à gauche
AVS – «Il y a suffisamment d’argent», «le financement ne pose aucun problème», «sans alourdir les finances»: tels étaient les arguments des syndicats et de la gauche en faveur de la 13e rente AVS. Mais cette fable touche à sa fin: tout à coup, cettemesure ne peut plus être miss en place sans financement complémentaire.
Avant le vote sur la 13e rente AVS, les syndicats et la gauche n’avaient pas ménagé leurs efforts pour affirmer que l’AVS enregistrait des excédents records, disposait de fonds plus que suffisants et que ses caisses débordaient. Comme si la 13e rente n’allait pas coûter un centime de plus.
À l’époque, ceux qui craignaient un déficit de financement étaient considérés par la gauche, comme des alarmistes craintifs. «Depuis des années, on nous ressasse la même histoire alarmiste selon laquelle l’AVS manquerait d’argent», lançait en substance Pierre-YvesMaillard, président de l’Union syndicale suisse (USS). Et pourtant, il y a suffisamment d’argent!», relevait-il dans le «Blick».
Et selon Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, qui s’exprimait dans le même canal, «la 13e rente AVS est tout à fait finançable». Sur le blog en ligne de l’USS, il estimait qu’elle était finançable «sans alourdir la charge fiscale».
Quant à Walter Langenegger, ancien responsable de la rubrique nationale du «St. Galler Tagblatt» et proche du PS, il estimait sur «Nau» que la 13e rente AVS était «assurée pour les années à venir». Le fonds AVS n’aurait jamais disposé d’autant d’argent, et des excédents étaient prévus jusqu’en 2030, a seriné la gauche durant des semaines.
Irruption de déficits menaçants
Aujourd’hui, un peu plus d’un an et demi après le vote et une lutte acharnée au Parlement, il semble que tout cela n’était qu’un conte de fée. Tout à coup et à cause de la 13e rente, l’AVS aurait quand même besoin de fonds supplémentaires. Et il y aurait urgence, sans quoi des déficits par milliards creuseront bientôt un trou fabuleux en grignotant le fonds de compensation de l’AVS. Selon la loi, ce dernier ne saurait présenter montant inférieur à celui des dépenses annuelles. Or il passerait sous ce seuil critique dès 2028.
Panique Ă gauche
Daniel Lampart écrit sur son blog de l’USS: «Une 13e rente AVS signifie que les dépenses de l’AVS augmentent de 8,33%», ce qui conduirait «rapidement à des déficits» qui videraient bientôt les réserves. La 13e rente a besoin d’un financement complémentaire. On est passé du rose au noir. C’est la panique à gauche!
Cela ne peut pas continuer ainsi
La décision d’instaurer une 13e rente a été validée. Le premier versement sera bientôt dû. Mais au lieu de réformer en profondeur l’AVS, on fait payer le citoyen: une hausse de 0,4 point de pourcentage de la TVA. Le tout pour une durée indéterminée et sans aucune mesure structurelle.
Cela ne peut pas continuer! Une augmentation de la TVA serait un moindre mal par rapport à une hausse des cotisations salariales. Mais la TVA affecte aussi l’économie, les secteurs à faibles marges comme la restauration. Plus grave encore, la Confédération perçoit aujourd’hui 90 milliards par an – soit trois fois plus qu’il y a trois décennies.
Les fonds ne manquent pas. Les responsables politiques doivent redéfinir leurs priorités, au lieu puiser dans les poches des citoyens. La question de l’assainissement de l’AVS devra de toute façon être réglée lors de la prochaine réforme globale (AVS 2030). On le sait, l’évolution démographique va faire plonger l’AVS dans les difficultés. La 13e rente ne fait qu’aggraver cela. Le financement supplémentaire demandé n’est qu’un rafistolage qui ne résout aucun problème de fond.
Le financement supplémentaire est un rafistolage qui ne résoud aucun problème de fond.
Si cette supercherie devait aboutir, la responsabilité n’incomberait pas à ceux qui ont décrit les risques de déficits dans le financement et qui ont plaidé en faveur de réformes fondamentales. La faute se trouverait bien du côté de ceux qui à gauche s’opposent aux mesures structurelle. Ceux qui avant le vote sur la 13e rente affirmaient les yeux dans les yeux et contre toute évidence que tout cela pourrait être financé sans problème.
Tout bien pesé, cette mesure aura manifestement et durablement détérioré la situation financière de notre principal assurance sociale. Il conviendra de refuser ce financement additionnel le 28 novembre.
Rolf Hug
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