La préservation et la promotion des langues nationales relèvent de la responsabilité conjointe de la Confédération et des cantons. La Constitution fédérale en pose les fondements à l’article 70. Comme l’enseignement du français à l’école obligatoire est remis en question dans certains cantons alémaniques, le débat sur les langues nationales va reprendre. Dans ce contexte, la Confédération a mené une consultation sur une modification de la loi sur les langues, qui vient de s’achever.
Cette consultation a pour but de soumettre deux variantes à la discussion afin de garantir l’harmonisation de l’enseignement des langues dans l’école obligatoire. Et partant, de réserver la place d’une deuxième langue nationale.
La consultation revêt un caractère préventif, précise le Conseil fédéral, afin d’examiner différentes solutions possibles. Le Conseil fédéral ne proposerait pas de modification de loi au Parlement si les cantons continuaient à appliquer la stratégie linguistique adoptée en 2004, qui prévoit l’enseignement d’une deuxième langue nationale à l’école obligatoire.
La deuxième variante: modérée
L’usam soutient la nécessité d’un enseignement dans une deuxième langue nationale au niveau primaire, mais rejette, pour des raisons de fédéralisme, toute ingérence dans l’autonomie cantonale. Pour la faîtière des PME, modifier la législation de manière préventive au cas où les cantons viendraient à dénoncer le concordat HarmoS constitue une atteinte trop importante à l’autonomie cantonale.
C’est pourquoi elle ne voit pas la nécessité d’un tel projet. À titre subsidiaire, l’usam soutient la variante no 2 proposée par le Conseil fédéral, qui veut ancrer dans la loi le début de l’enseignement d’une deuxième langue nationale au niveau primaire et sa durée jusqu’à la fin du degré secondaire I. La variante no 2 empiète moins fortement sur les compétences des cantons et se limite, sur le fond, à garantir la transition entre les niveaux de formation, tandis que la variante no 1, préconisée par le Conseil fédéral, vise à inscrire la solution HarmoS dans la loi sur les langues.
Formation professionnelle
Depuis 20 ans, l’espace suisse de formation «harmonisé» profite à la formation professionnelle. Il garantit un niveau élevé de qualité de la formation et facilite la mobilité de la population. À la fin de la scolarité obligatoire, les élèves devraient maîtriser au moins une deuxième langue nationale et une langue étrangère (l’anglais). L’usam soutient cette démarche.Dieter Kläy, usam