La Suisse électrifie les transports, les bâtiments et l’industrie et doit assurer son approvisionnement électrique face aux hivers rigoureux. La contre-proposition indirecte à l’initiative contre les pannes d’électricité, adoptée en juin par le Parlement, met fin à l’interdiction légale de construire de nouvelles centrales nucléaires et ouvre la voie à une approche technologique ouverte.
Un référendum est lancé, la levée de l’interdiction de construire de nouvelles centrales sera soumise au peuple début 2027. L’initiative «Blackout» elle-même a entre-temps été retirée sous condition le 29 juin 2026.
Ouverture technologique
Pour les PME, l’électricité est un facteur de production et fait partie intégrante des décisions d’investissement. En cas de pénurie ou de hausse des prix, les coûts, les commandes et les emplois sont mis sous pression. L’hiver est une période bien difficile. L’hydroélectricité, le photovoltaïque, le stockage, les réseaux et les importations doivent fonctionner en synergie.
Parallèlement, l’électrification accroît la demande en électricité. L’économie a besoin de suffisamment d’électricité au bon moment et à des coûts compétitifs. À court terme, les centrales nucléaires existantes constituent un levier important. Sans émettre de CO2, elles contribuent à l’approvisionnement hivernal. Tant qu’elles peuvent être exploitées en toute sécurité, la Suisse ne devrait pas raccourcir leur durée de vie pour des raisons politiques. La contre-proposition indirecte du Conseil fédéral à l’initiative «Blackout» ne constitue pas une décision en faveur de la construction d’une nouvelle centrale nucléaire. Elle se contente de lever l’interdiction légale d’autoriser de tels projets.
La Suisse se garde ainsi une option, sans s’engager dès aujourd’hui sur un projet, un site ou un financement. Le Conseil fédéral justifie ce projet par l’ouverture technologique et par la garantie d’une sécurité d’approvisionnement à long terme.
Pas un chèque en blanc
C’est raisonnable. Une nouvelle centrale nucléaire ne se construit pas en quelques années. La planification, l’autorisation, le financement et la construction sont des processus exigeants. C’est précisément pour cette raison qu’il serait imprudent de se priver aujourd’hui de cette option et de ne réagir que lorsqu’une pénurie d’approvisionnement se profilera. L’énergie nucléaire ne remplace pas les énergies renouvelables. L’hydroélectricité, le photovoltaïque, le stockage et les réseaux restent essentiels. Les investissements dans les réseaux et les énergies renouvelables ne doivent pas être opposés à l’énergie nucléaire. L’ouverture technologique signifie ne pas exclure une option viable sans raison objective. Une fois l’interdiction levée, la Confédération et les cantons devraient définir des processus d’autorisation et de planification fiables, afin que les investisseurs potentiels puissent s’y référer.
La neutralité technologique n’est pas un chèque en blanc. Elle offre une liberté de choix. La question de savoir si une nouvelle centrale nucléaire sera un jour pertinente, finançable et compétitive devra être tranchée en fonction des technologies et des conditions de marché disponibles à ce moment-là .
Patrick DĂĽmmler, usam