Publié le: 6 novembre 2026

Étoiles filantes et questions d’avenir

FEUX D’ARTIFICE – Lorsque, le 1er août, le ciel s’illumine, l’enjeu dépasse le simple spectacle. Il y là tout un secteur caractérisé par une activité saisonnière, des exigences de sécurité élevées et des enjeux croissants en matière de développement durable. L’initiative sur les feux d’artifice pourrait influencer de manière décisive son évolution.

Chaque année, entre mille et deux milles tonnes de feux d’artifice sont tirés en Suisse. Le 29 novembre pourrait être décisif. Ce jour-là, la population suisse se prononcera sur l’initiative sur les feux d’artifice (cf. ci-contre).Un monde en pleine mutation: «L’ensemble du secteur des feux d’artifice s’est professionnalisé et modernisé», explique Urs Corradini, président du Bureau suisse de coordination des feux d’artifice (SKF). Aujourd’hui, les produits sont contrôlés selon des prescriptions strictes, et les artificiers professionnels suivent des formations reconnues. Les aspects environnementaux et de développement durable prennent aussi de l’importance. «D’un point de vue commercial, c’est un marché de niche, mais son importance économique est plus large», ajoute notre interlocuteur. Les grands feux d’artifice attirent du public, ce dont profitent les stands divers, boulangeries, boucheries et fournisseurs de boissons. Les petits commerces, magasins de jouets et papeteries, peuvent compenser la baisse de chiffre d’affaires pendant l’été.

Un concentré le 1er août

La fête nationale est la période où les ventes sont les plus importantes. La branche réalise environ deux tiers de son chiffre d’affaires annuel. La chaleur, la sécheresse et les interdictions officielles de feux d’artifice peuvent parfois porter un coup dur à l’activité. Certains grossistes et fabricants peuvent enregistrer des baisses de chiffre d’affaires pouvant atteindre 90 ou 95%.

Sécurité et formation

Selon la Suva, environ 280 accidents liés aux feux d’artifice se produisent chaque année en Suisse. «Nous voulons éviter tout accident», lance Urs Corradini. Cela implique de respecter des distances de sécurité suffisantes par rapport aux personnes, aux animaux et aux bâtiments, de s’assurer que le sol est stable au moment de l’allumage et de protéger les enfants. La formation des artificiers professionnels comprend des volets théoriques et pratiques. Le programme porte sur le transport des marchandises dangereuses, les bases légales, les distances de sécurité et la durabilité. Selon la formation, les cours et les formations de mise à niveau durent entre un et cinq jours. Cette qualification permet également aux professionnels d’utiliser des feux d’artifice qui ne sont pas librement accessibles aux particuliers.»

En matière d’homologation des produits, la branche collabore avec Fedpol et pour la formation, avec le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (Sefri). En revanche, les autorisations relatives aux feux d’artifice et à leur vente relèvent de la compétence des cantons et des communes. «C’est justement au niveau communal que nous constatons des règlementations très hétérogènes. Parfois, le savoir-faire technique nécessaire fait défaut lors de l’élaboration de ces règlementations», lance le président, ravi d’aider les communes dans ce sens.

Climat et approche durable

La durabilité environnementale occupe également une place de plus en plus importante dans les préoccupations de l’asssociation. «Nous examinons en permanence les domaines dans lesquels le plastique peut être remplacé par des matériaux biodégradables», explique-t-il. Parallèlement, il constate une légère hausse de la demande. Outre la croissance démographique, l’importance sociale de cet événement joue également un rôle: «Les feux d’artifice offrent aux gens un petit moment d’évasion loin des soucis et des problèmes qui nous préoccupent à l’échelle mondiale.»

Le changement climatique pose néanmoins des défis au secteur. La sécheresse et la pénurie d’eau peuvent entraîner des restrictions, tandis que les conditions météorologiques ont une influence directe sur l’activité. «L’année dernière, par exemple, le mois de juillet a été très pluvieux – et pourtant, les ventes de feux d’artifice ont très bien marché», précise Urs Corradini. Qui ne voit donc pas la fin de cette tradition: «Je ne voudrais pas parler d’une fin de la tradition des feux d’artifice due au changement climatique.» Le plus grand problème posé bien être pour l’instant cette initiative sur les feux d’artifice. Corinne Remund

www.feuerwerk-skf.ch/accueil

Articles approfondis

Articles approfondis

Les plus consultés