Publié le: 6 novembre 2026

L’État décide, les PME agonisent

FEUX D’ARTIFICE – Les partisans de leur interdiction s’empêtrent dans des contradictions et minimisent les conséquences. Le scénario évoqué est celui où les particuliers et les communes ne seraient plus autorisés à allumer des feux d’artifice. Avec à la clé toute une branche et ses PME avec leurs employés détruites.

L’émission «Arena» de la SRF consacrée à la votation du 29 novembre a montré comment les auteurs de l’initiative minimisaient les conséquences de leur projet. La conseillère nationale Anna Rosenwasser (PS/ZH) a affirmé que les feux d’artifice collectifs resteraient autorisés dans les communes, voire dans les quartiers.

Or une telle affirmation n’est pas honnête: l’initiative n’autoriserait les feux d’artifice «générateurs de bruit» que lors d’«événements suprarégionaux» et sur autorisation cantonale. Tout cela est flou. Le 1er août, il ne devrait donc pratiquement plus y avoir de feux d’artifice dans toute la Suisse. Car la fête nationale est d’abord célébrée dans les communes et non comme un événement suprarégional. Soit Anna Rosenwasser l’ignore, soit elle cherche à tromper les électeurs. Et comment faire pour protéger les animaux contre le bruit de manière concrète? L’élue n’a pas su apporter de réponse convaincante.

L’initiateur principal, Roman Huber, élude lui aussi les questions. Concernant les Frauenfürze (litt. pets de femme, en fait des pétards, n.d.t.), qui produisent surtout du bruit et pratiquement aucun effet visuel, il a expliqué en substance qu’il appartenait aux autorités chargées de l’application de la loi de déterminer si ceux-ci devaient être considérés comme trop bruyants et donc interdits. Le message est clair: l’interdiction ne sera pas appliquée de manière aussi stricte. Une fois l’initiative adoptée, ses auteurs devront au moins se laisser juger à l’aune de ces paroles rassurantes.

PME en voie de disparition

Un «oui» aurait des conséquences désastreuses pour le commerce local. Le secteur suisse des feux d’artifice, avec ses PME et ses emplois, serait en grande partie anéanti.

Les drogueries, papeteries et boutiques de cadeaux qui vendent des feux d’artifice seraient également touchées. Il en serait de même pour la restauration et l’hôtellerie, qui ne pourraient plus proposer de feux d’artifice à leurs clients, par exemple lors des festivités du Nouvel An.

Les particuliers ne seraient de toute façon plus autorisés à allumer de feux d’artifice: ni au 1er août, ni le soir du Nouvel An, ni lors d’anniversaires, de mariages ou de fêtes associatives. Si le club sportif local est promu, il n’y aura pas de feu d’artifice non plus.

À l’avenir, on risque de passer à côté de très nombreux moments de convivialité qui rassemblent les gens et renforcent la vie locale et son commerce. Les bouchers, les boulangers, les producteurs de vins qui approvisionnent ces festivités perdront bien des commandes. Aucun commerçant ou fabricant spécialisé dans les feux d’artifice ne peut survivre uniquement grâce aux feux de Bengale et aux volcans. À cela s’ajoute l’incertitude quant à d’autres restrictions. La commune de Greifensee, par exemple, a elle-même interdit les volcans pyrotechniques.

Prestataires étrangers

Le critère des «événements suprarégionaux» est particulièrement absurde. Après un «oui» massif, pratiquement aucun événement ne devrait plus entrer dans cette catégorie. Et même si certains organisateurs obtenaient une dérogation pour des feux d’artifice bruyants, ils ne pourraient plus s’approvisionner auprès des revendeurs suisses de feux d’artifice: ceux-ci seraient en effet rayés de la carte par l’interdiction – et la vente leur serait de toute façon interdite.

Le marché serait repris par des prestataires étrangers, qui livreraient les feux d’artifice par-dessus la frontière, avec leur personnel spécialisé.C’est un peu comme si l’on interdisait aux bouchers suisses de vendre des cervelas, alors que quelques rares festivals de cervelas officiellement autorisés pourraient continuer à avoir lieu. Tout viendrait de l’étranger.

Une initiative qui met ainsi le commerce local sur la touche soulève bien plus que des questions de politique économique. C’est pourquoi il faudra voter NON à l’interdiction nationale des feux d’artifice, le 29 novembre prochain!

Rolf Hug

www.nein-feuerwerksverbot.ch/fr

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