Publié le: 12 mai 2021

Brexit: une feuille de route pour la Suisse

ue – Le 12 avril 2021, la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national a tenu une séance. «Les conséquences économiques du Brexit» en était le thème. Pour l’usam, la discussion sur le Brexit sous-estime les signes d’optimisme.

Les audiences sont soumises au secret de la commission. Mais le simple fait qu’il y ait eu une séance sur ce sujet montre à quel point il est d’actualité. Les signes d’optimisme économique se perdent dans cette actualité. Pourtant, ils sont tout sauf non significatifs. La livre sterling fait un retour en force et l’humeur des managers britanniques est positive.

«‹mind the gap› n’est qu’une stratégie temporaire.»

Ces deux indicateurs sont importants car ce sont des indicateurs dits avancés. En d’autres termes, ils montrent des attentes concernant l’avenir. Tant la hausse de la livre que l’amélioration du climat laissent donc présager un bon développement de l’économie.

La livre à son plus haut niveau depuis cinq ans

Pas plus tard qu’en 2017, les gens faisaient état d’un plancher de 7 ans pour la livre, plein de peur. Le taux de change de la livre sterling s’est effondré par rapport à toutes les devises. Pendant un certain temps, il était même à environ 1,12 franc par livre. Il est depuis remonté à 1,27. Le comptage des haricots? Pas du tout. Cela représente une augmentation de plus de 13%.

Dans au moins une théorie économique, l’évolution du taux de change est un indicateur de l’évolution de la valeur ajoutée. Une hausse du taux de change indique donc une hausse de la valeur ajoutée. Si l’on examine les approches de la politique économique du gouvernement actuel, cette hypothèse est bien fondée. Après le Brexit, le premier ministre veut lancer un programme de relance des infrastructures et vita­liser le marché unique en réduisant les réglementations. Il convient toute­fois de faire preuve d’esprit critique: Le commerce extérieur ne semble jouer qu’un rôle mineur dans ce programme.

Les managers sont optimistes

Le sentiment est un autre indicateur de l’avenir. Il montre les prévisions des managers pour le prochain trimestre. Les derniers chiffres montrent qu’ils s’attendent même à un boom. Les PME et les grandes entreprises prévoient que des économies d’un montant de 192 milliards de livres (243 milliards de francs) seront dégagées en 2021. Le baromètre de la Fédération britannique des PME prévoit même une augmentation des bénéfices de 21%.

Il convient toutefois de noter ici un point critique: La croissance économique ne dépend des dépenses de consommation qu’à court terme. A long terme, les investissements sont beaucoup plus importants. Mais ce sont précisément ces derniers qui ne semblent pas augmenter. Autre point critique: les entreprises exportatrices se voient dans une tendance à la baisse.

Que fait la Suisse?

Dans le cadre de sa stratégie «mind the gap», le Conseil fédéral a largement pu réglementer le commerce de marchandises avec le Royaume-Uni. Le grand chantier ici reste le cumul de l’origine avec les marchandises de l’UE. Ce point est actuellement en cours de négociation.

Un accord de services est actuelle­ment en phase de consultation. Cela signifierait également une normalisation. Le chantier est ici celui de la reconnaissance de l’équivalence de la formation professionnelle suisse.

Quoi qu’il en soit, «mind the gap» n’est qu’une stratégie temporaire. La Suisse a besoin d’un accès complet au marché de son cinquième plus grand partenaire commercial. Et l’optimisme n’est pas de mise à cet égard.

Henrique Schneider, usam

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