Publiziert am: 05.07.2019

Coup de gueule de l’ours des PME

CHRONIQUE BERNOISE – «Une fois de trop»: Les arts et métiers de la ville de Berne rompent les pourparlers avec la Ville parce qu’elle mène une «politique anti-économique». Le déclencheur actuel est la politique climatique menée par le clan rouge-vert, même si le conflit couve depuis un certain temps.

«Si vous voulez lancer une entreprise en ville de Berne, mieux vaut ne pas avoir peur!» C’est en substance (et en bernois) ce que dit Thomas Balmer, président de l’association des PME en ville de Berne. Centre économique du canton. Centre administratif aussi, c’est clair.

«Nulle part ailleurs il n’y a autant d’administrations et de bureaux qu’ici, a-t-il lancé lors de l’assemblée générale des arts et métiers pour la ville de Berne. Normal, a-t-il ironisé, c’est devenu nécessaire avec toutes les réglementations parfaites qu’ils sont en train de mettre au point.»

Substance économique: zéro!

Dans son discours, Balmer a aussi poussé quelques chouettes coup de gueule: que toute la ville avance au pas à cause des zones à trente. Que les objectifs politiques de la municipalité ne sont plus orientés vers le succès économique et que cette dernière interfère avec le marché immobilier. Que la substance économique est vidée, remplacée par des administrations publiques et des services publics. Bref: il n’y en a que pour la Poste, les CFF et les forces motrices bernoises. C’est encore pire à l’ouest. Une nouvelle zone mixte n’en a que le nom, car elle comprendra 80% d’habitations, dans une zone normalement prévue pour le développement. Du pain béni pour loger des fonctionnaires bien payés.

Sans parler du mépris

Balmer parle de l’état d’esprit actuel comme de batailles dans des bacs à sable. «Mais le plus grave, c’est le mépris que l’on doit subir et la disparition progressive des entreprises, l’érosion du tissu économique. «Nous avons ici des manifs organisées par et pour les gens du centre alternatif proche de la Gare. Mais excusez! Nous avons nous aussi droit à une zone économique digne de ce nom!»

Alec von Graffenried, le maire de Berne, était aussi invité. Il a tenté de contrer les critiques et de souligner toutes les choses positives que l’on trouve à Berne. Sourires polis. Un ange passe…

Coopérer avec eux? C’est fini

Moins de deux semaines après ce mémorable coup de gueule de l’ours des PME bernoises public, le 4 juin, la ville de Berne du KMU a fait exploser une bombe: dans une lettre ouverte adressée aux «Dames et Messieurs du Conseil municipal de Berne», l’association professionnelle municipale a informé le gouvernement de la ville que la coopération serait interrompue pour un moment.

Une campagne théâtrale du Conseil municipal de Berne in corpore a mis en scène une offensive contre le climat urbain, le 27 mai dernier dans la tour de la Cathédrale. Il y fut question de réduire drastiquement la circulation automobile. On y envisageait même un avenir radieux et sans voiture à Berne! Cette opération mit le feu aux poudres...

C’était la fois de trop pour les PME bernoises. C’est devenu clair: la Ville de Berne poursuit une politique anti-commerce et anti-business en utilisant tous les prétextes possibles, ce qui aggrave considérablement les conditions-cadres de l’économie locale. L’ours des PME bernoises rappelle d’un bon coup de patte que les entreprises jouent le jeu depuis des années en réduisant les émissions de CO2, une économie annuelle plus de 120 000 tonnes de CO2.

Boucherie détruite

Cette politique anti-PME ne se voit guère de l’extérieur, soulignent les représentants de l’association. «Lorsque des défenseurs des droits des animaux ont récemment détruit les vitrines d’une boucherie de qualité qui existait depuis 1953 – nous n’avons observé aucune réaction officielle de la part de la Ville.

Menuiserie squattée

L’exemple le plus récent concerne l’ancienne menuiserie de la Länggasse, d’abord occupée par des squatters, puis évacuée. Un bureau d’architectes local voulait – et veut toujours – reprendre le bâtiment. Problème: les médias locaux ont rapporté que les architectes se retireraient après de violentes manifestations.

Mais il s’agissait en fait d’une fake news, sous la forme d’un communiqué de presse falsifié, apparemment et selon toute vraisemblance par les anciens occupants délogés de l’immeuble. Sans oublier les actes de sabotage contre le bureau d’architectes attaqué selon ces derniers à coup de bombes puantes.

Manque de respect, intimidation, sabotage – dans le microcosme des PME bernoises, on considère que le coup de gueule de Thomas Balmer était nécessaire. Car pour diriger une petite entreprise à Berne, mieux vaut être droit dans ses bottes.

En/JAM

microcosme politique urbain bernois

L’affaire du «Centime de la propreté»

Sous le joli label de «Sauberheits­rappen», Berne a tenté de bousculer ses PME en introduisant l’idée d’un «centime de la propreté». Peu avant de boucler cette édition, nous apprenons que l’exécutif fait machine arrière. Cette idée aurait pu lui rapporter des millions. Par le biais de cette nouvelle taxe, les entreprises de la ville rouge-verte auraient dû en plus «cofinancer» l’élimination des déchets dans les espaces publics.

C’était du moins l’intention d’Ursula Wyss, la conseillère municipale responsable. Son projet constituait «une véritable arnaque» aux yeux des représentants des arts et métiers de la Ville de Berne. La résistance s’est organisée et l’exécutif bernois a sonné la retraite.

Le plus surréaliste dans cette affaire, c’est que les gentils alternatifs du Schützenmatte, l’ex-centre équestre tout proche de la gare que tout le monde connaît, sont quant à eux déjà exonérés de toute taxe sur les déchets. Cette nouvelle disposition ne se serait pas appliquée à eux. «Après tout, c’est normal, c’est un lieu public, déclarait froidement l’un des responsables du centre au quotidien bernois Der Bund. Après tout, ils n’ont qu’à payer eux-mêmes pour le recyclage du verre.»

Cette situation est vécue comme une provocation par les PME qui triment et font des économies pour nouer les deux bouts. Le fameux «deux poids, deux mesures» au détriment des PME. Pour eux, la fameuse épine dorsale de l’économie fait ces temps plutôt penser à l’échine du mouton qui se fait tondre la laine sur le dos!En/JAM