Publié le: 6 novembre 2020

Du label en temps de crise

analyse – L’arbalète se porte encore mieux et fait un joli carton en Suisse occidentale. Les derniers chiffres en progression soulignent le grand attrait du marché local – une tendance que la crise sanitaire a contribué à renforcer.

A quoi peut servir un label tel que Swiss Label quand une crise sanitaire comme le Covid-19 se déchaîne sur les échanges et le commerce avec toutes les incertitudes que cela représente autant pour les entreprises que pour les consommateurs. Soyons clairs, les labels, marques ou certifications permettent en général de garantir le respect d’un certain nombre de critères. Dans les termes de l’échange, il y a aussi bien un producteur qu’un consommateur de biens ou de services. C’est à cette charnière entre l’offre et la demande que se trouve le terrain d’action d’un label et ses possibilités de se démarquer par rapport aux autres produits. Autant les entreprises que les consommateurs sont intéressés à trouver les meilleurs échanges possibles selon leurs moyens.

Un phare dans la tempête

Maintenant que la crise sanitaire a fortement secoué et continue d’ébranler l’économie suisse et surtout les PME, des questions se posent quant à la robustesse d’un label. Est-ce que le Swiss Label a constaté un net recul de ses membres? Ou même, est-ce que les membres ont montré des problèmes de paiement pour leur cotisation annuelle? En fin de compte, est-ce que l’arbalète sur fond rouge attire encore les entreprises en temps de crise?

«de mars à novembre 2020: + 79 nouveaux membres acceptés, dont 42 en suisse romande.»

La bonne nouvelle, c’est que le secrétariat de Swiss Label a été surpris de constater que depuis le début de la crise du Coronavirus les demandes d’adhésion à Swiss Label n’ont pas cessé de croître bien au contraire. Entre mars 2020 et la mi-novembre 2020, 79 nouveaux membres ont été acceptés et des nouvelles demandes sont en cours d’examen. La célèbre arbalète assortie du Swiss Made reste donc bel et bien une garantie de qualité, de rigueur, d’innovation, de proximité et de durabilité surtout en temps de crise. Par ailleurs, les membres de Swiss Label n’ont même pas eu de problèmes de paiement de leur cotisation annuelle qui se calcule en fonction du chiffre d’affaire.

Suisse romande surpondérée

Il est aussi intéressant de constater que les nouveaux membres viennent en majorité de la Suisse romande. Avec 42 nouvelles adhésions les francophones surpassent largement les 35 adhésions de la Suisse alémanique, alors que du Tessin juste 2 adhésions ont pu être enregistrées. Or, la Suisse occidentale a été bien plus touchée par la crise Covid-19 conduisant à des mesures bien plus musclées qu’en Suisse alémanique. La raison première se trouve sûrement dans la volonté pour les entreprises de prouver que les biens et services qu’ils offrent sur le marché viennent de Suisse; alors que les consommateurs souhaitent aussi soutenir plus spécifiquement leur économie domestique en souffrance.

Méfiance face à la Chine

Un second facteur s’ajoute à celui-ci qui reste plutôt trivial. Il s’agit de la méfiance qui s’est installée dans les relations commerciales de l’Europe avec la Chine. Les entreprises suisses veulent donc aussi se démarquer fortement des productions étrangères et notamment de celles de l’Empire du milieu, qui est pointé du doigt pour ses méthodes commerciales agressives. Le troisième facteur s’explique par l’importance de la préférence donnée aux produits et services suisses. Elle a légère­ment augmenté parce que la dépendance commerciale ne se révèle pas forcément de manière positive. En Suisse, il y avait non seulement un manque de masques, mais encore d’éthanol, et d’un seul coup on découvrait que de nombreux autres produits ne pouvaient plus être produits en Suisse.

Plus proche du marché local

Ces trois facteurs, parmi d’autres, ont contribué à souligner l’importance de disposer d’un label de qualité, hautement réputé par ses critères stricts pour jouer la carte de la différence et se rapprocher des consommateurs suisses. Une demande d’adhésion portait ainsi implicitement le message à l’intention des consommateurs sur le produit ou le service que la qualité est au rendez-vous et que la production se trouve à proximité, à savoir dans leur monde.

Mikael Huber,

directeur de Swiss Label

Quelques chiffres

1084 membres

L’association Swiss Label compte à ce jour environ 1084 membres dans toute la Suisse. La plupart des membres de l’association Swiss Label sont des PME. Le canton de Zurich tient le haut du pavé avec 151 membres suivi du canton de Vaud avec 137 membres et le Tessin avec 49 membres. Swiss Label s’applique aux biens dont au minimum 70% du coût de production est réalisé en Suisse et aux services réalisés à 100% en Suisse. Les biens alimentaires requièrent au minimum 90% des coûts de production en Suisse.

www.swisslabel.ch

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