Publiziert am: 04.10.2019

Elles ont besoin de marchés ouverts

étude – Un sondage mené par Credit Suisse auprès de 560 PME met en évidence les stratégies déployées à l’exportation face aux obstacles au commerce. Les petites entreprises ont plus de difficultés face aux barrières commerciales.

Dans le cadre de son enquête PME 2019, le Credit Suisse a interrogé quelque 560 petites et moyennes entreprises exportatrices suisses sur leurs expériences face au protectionnisme croissant à l’échelle mondiale. D’après les résultats de ce sondage, réalisé au printemps 2019, les barrières douanières et autres obstacles au commerce international représentent un défi certain pour un quart des PME et un défi important, voire très important, pour près de 30% d’entre elles. La majorité des entreprises sondées semble toutefois en mesure de surmonter ces difficultés. Quelles sont leurs stratégies pour faire face aux obstacles au commerce? Et quelles mesures se révèlent-elles les plus efficaces dans ce contexte?

Partenariats locaux et accords de libre-échange

Pour répondre à ces questions, une liste de huit mesures a été présentée aux entrepreneurs participant à l’enquête, ces derniers étant priés d’indiquer celles ayant déjà aidé par le passé leur société à mieux gérer les obstacles au commerce (voir graphique ci-dessous).

Dans l’ensemble, près de neuf PME sur dix déclarent qu’au moins une des mesures en question s’est révélée efficace pour elles. Deux stratégies se mettent principalement en évidence. En tête, on trouve la collaboration avec des partenaires externes ou des réseaux existants sur place, que 63% des PME exportatrices jugent être une mesure efficace face aux barrières douanières et commerciales.

La mise à profit des accords de libre-échange conclus par la Suisse, jugée utile par 57% des sondés, arrive à la deuxième place. Suivent plus loin avec moins de 50% d’avis favorables le soutien d’institutions et autorités ayant pour but de promouvoir le commerce (44%) et la collaboration avec des organismes de certification et d’homologation (39%). En revanche, seule une entreprise sur cinq estime que le choix d’autres produits ou d’autres pays de débouché ainsi que l’adaptation des chaînes de création de valeur (p. ex. l’implantation de succursales ou de site de production sur place) sont des stratégies efficaces pour lutter contre les obstacles au commerce.

PME: plus de difficultés face aux barrières commerciales

Un examen plus approfondi des ­résultats de l’enquête PME 2019 ­suggère que la difficulté à surmonter les barrières commerciales et douanières augmente à mesure que la taille de l’entreprise diminue. La part des entreprises jugeant utile une stratégie augmente avec le nombre d’employés, et ce, pour toutes les mesures citées. Près de 70% des moyennes entreprises ont efficacement profité d’une coopération avec des partenaires locaux, alors que cette proportion n’est que de 56% chez les micro-entreprises de moins de 10 collaborateurs. Si 92% des moyennes entreprises interrogées indiquent qu’au moins une des stratégies proposées est ­efficace, cette part baisse à 86% chez les petites entreprises et même à seulement 82% chez les micro-entreprises.

Fournir les preuves d’origine

Les entreprises elles-mêmes ne sont pas les seules à devoir agir pour faire face aux obstacles au commerce, les instances politiques et la Confédération sont également appelés à œuvrer dans ce sens. L’objectif de la politique de libre-échange de la Suisse est de garantir aux entreprises helvétiques un accès le plus stable possible aux marchés étrangers, sans entraves et sans discrimination. Un instrument important pour y parvenir est la conclusion d’accords de libre-échange.

Outre la Convention AELE et l’Accord de libre-échange de 1972 avec l’Union européenne, la Suisse a aujourd’hui conclu plus de 30 accords de libre-échange avec 40 partenaires commerciaux différents. En dépit des efforts qu’elles doivent déployer pour fournir la preuve d’origine de leurs produits, la mise à profit des accords de libre-échange semble être une stratégie payante pour les PME, comme le montrent les résultats de l’enquête présentés ci-dessus.

Avec quels partenaires commerciaux les PME interrogées souhaitent-elles voir la Suisse conclure de nouveaux accords de libre-échange?

USA: discussions exploratoires

Près de 60% des entreprises sondées s’expriment en faveur d’un tel accord avec les Etats-Unis, près d’un tiers l’estimant même indispensable. Il s’agit de loin de l’accord de libre-échange le plus souhaité par les PME exportatrices, ce qui n’est guère surprenant, les Etats-Unis étant le deuxième partenaire commercial de la Suisse après l’Union européenne. Pour l’heure, la Suisse ne mène pas de négociations officielles avec les Etats-Unis à ce sujet, mais de nouvelles discussions exploratoires entre les deux pays sont organisées depuis l’automne 2018.

Dans le contexte actuel de guerres commerciales impliquant les Etats-Unis, un tel accord serait sans doute garant de plus de sécurité pour les exportateurs suisses. Le besoin de stabilité des PME suisses en matière de relations commerciales s’exprime également dans leur soutien majoritaire au projet d’accord-cadre avec l’Union européenne. Ce dernier est approuvé par 56% des PME inter­rogées par le Credit Suisse.

Emilie Gachet, Senior Economist Swiss Sector & Regional Analysis, Credit Suisse