Publiziert am: 10.11.2017

En mode de vie post-pendulaire

bluelab – Sur l’ancien site Leclanché à Yverdon-les-Bains, Alexandre Hernan et ses coworkers expérimentent un monde du travail qui se situe entre la colocation et la couveuse pour jeunes entreprises. Il y a des hauts et des bas et les gens s’entraident volontiers.

Les mondes professionnels se façonnent à l’aide de nouveaux modèles de vie en commun. Comme ailleurs, le coworking monte en force. En Suisse romande, on observe plusieurs tendances. D’un côté les offres pachydermiques type Gotham, qui couvrent le terrain dans la galaxie lémanico-urbaine en mettant au point un modèle type «fitness» qui fait penser à une bibliothèque moderne. De l’autre, de petits acteurs de niche se dotent d’une offre de services bien étayées en cherchant à faire pousser localement un modèle plus communautaire. Dans cette veine, Alexandre Hernan fondateur de blueLab Coworking Yverdon nous a accueilli dans ses locaux.

Quel contraste, ce matin-là! D’un côté, les bouchons bruyants des pendulaires du lundi qui reprennent leurs droits – et la route – après les vacances d’automne. De l’autre, le doux mélange de convivialité et de concentration dans lequel sont plongés les coworkers installés sur l’ancien site Leclanché à Yverdon-les-Bains. Ils étaient une petite poignée lors de notre visite. «Le blueLab dispose de deux adresses à Yverdon, explique Alexandre Hernan, comptable de formation. Ici, il s’agit des anciens locaux d’un ancien sous-traitant horloger. Et en ville, nous offrons un autre espace de coworking, rue du Collège.»

Rendez-vous à la chill zone!

Le site Leclanché ne manque pas de charmer son visiteur. Le blueLab est doté d’une belle luminosité, offrant de vastes espaces de travail et un calme olympien. Dix-huit coworkers paient entre 100 et 300 francs par mois. «Outre un bureau et un économat, nous offrons le wi-fi, un réfectoire, que nous appelons le «food corner», un salon baptisé le blue lab café ou la chill zone et une salle de conférence – la meeting room.» L’ambiance est jeune mais sans jeunisme, professionnelle. Moyenne d’âge de 30 à 40 ans, quelques soixantenaires et stagiaires.

Gérer les hauts et les bas

Dans les métiers, des informaticiens, géomètres, architectes, horlogers, vendeurs et un créateur de vêtement. Le blueLab organise des apéros, invite des entrepreneurs à parler de leur métier. C’est un peu son crédo: «Nous travaillons ici aussi sur le mental de l’entrepreneur, sur sa vision, explique-t-il. Il faut savoir que les jeunes entrepreneurs sont sujets à de grandes fluctuations morale. Il faut gérer ces hauts et ces bas, extérioriser et se faire comprendre, aider parfois à retrouver la motivation. Leur chemin est semé d’embûches et il est bon de ne pas se sentir seul dans ces moments-là.»Alexandre raconte que justement, lui en a aussi vécu, des hauts et des bas. Et que le sens du blueLab consiste à créer un écosystème favorable à la création d’entreprise. Que l’entraide dépasse de loin la relation entre un bailleur et un locataire.

Moral entrepreneurial

L’ idée ne lui est pas venue par 
hasard. Et côté entrepreneurial, Alexandre Hernan dispose de ressources. «Swissoclock réalisait des masses oscillantes et des candrans, mais cette entreprise dont j’assurais la partie administrative n’a pas survécu à la crise horlogère, raconte-t-il. Lorsque nous avons été obligé de fermer cette entreprise, fin 2016, nous avions des machines et des compétences à disposition. Je me suis mis dans les rangs pour reprendre les locaux et nous y avons installé Ox Watch, une marque horlogère créée en 2014.» L’autre bébé d’Alexandre Hernan est emmené par un jeune ambassadeur bien connu, le comédien Kacey Mottet-Klein (le film «Gainsbourg»). C’est vraiment cela, l’esprit résiliant post-Leclanché à Yverdon.

François Othenin-Girard

camille germann

«Nous nous aidons!»

«Pour moi, le lien de travail est très important. Un léger bruit de fond m’aide à me concentrer. Un open space est un avantage.» Camille Germann est un spécialiste en motion design et montage vidéo, engagé lui aussi par Nocta. Il est le collègue de Dany Boletas. A 26 ans, il a bien roulé sa bosse. Lui aussi prend une bière de temps à autre avec les gens du blueLab et les autres coworkers. «On se salue, on se parle, cela va jusqu’à l’entraide. Certains ont parfois des problèmes informatiques, d’autres nous filent un conseil.» En revanche, les repas ne sont pas pris en commun. «Cela arrive par contre à Neuchâtel où je travaille deux jours par semaine comme coursier à vélo. A tour de rôle, l’un des cyclistes prépare le repas et nous mangeons ensemble.» Ce que j’apprécie beaucoup au blueLab, c’est le côté hyperlumineux.»

JAM

Dany boletas

«Comme une colloc!»

Cinq minutes en trottinettes pour venir au blueLab! Dany Boletas est un graphiste de 21 ans qui a terminé son école d’art en Valais. Engagé par l’entreprise Nocta (qui a assuré notamment l’identité graphique de blueLab), il s’occupe de communication visuelle. «J’avais fait des stages dans de grandes entreprises, mais je préfère un cadre comme celui-ci, raconte-t-il. J’ai eu des discussions intéressantes avec des géomètres, des architectes. Pour moi, c’était une première de travailler dans un tel espace. Au début, c’est étrange. Les gens ici sont un peu comme des collègues, mais ce n’est pas le cas! C’est un peu comme une collocation. Et puis, on s’habitude, on prend l’apéro de temps à autre ensemble. Pour moi c’est un grand plus de pouvoir travailler dans un cadre aussi agréable.»

JAM

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