Publiziert am: 08.02.2019

Il faut six pistes sur les autoroutes

autoroutes à six pistes – Le Conseil fédéral cherche à améliorer la capacité des grandes voies de communication. Une perspective à plus long terme des infrastructures routières est devenue nécessaire. Les bouchons se multiplient.

Le Conseil fédéral veut améliorer la capacité autoroutière de la Suisse avec des artères à six voies sur de longues distances. C’est sorti dans la NZZ am Sonntag, se basant sur un message du gouvernement publié mi-septembre. En effet, suite à l’adoption du Fonds national de transport routier et d’agglomération (NAF) par les électeurs en 2017, l’échéancier des prêts d’engagement est désormais clarifié. Selon le programme présenté, les routes nationales «à l’intérieur et entre» les grandes villes devraient être «systématiquement étendues à au moins deux fois trois voies».

«Sans perspective sur le long terme, la situation ne fera qu’empirer.»

Concrètement, le plan vise notamment le développement de l’autoroute reliant Zurich-Berne-Bâle, mais aussi l’artère entre Lausanne et Genève. Le futur réseau autoroutier comprendra également de nouvelles lignes. Par exemple, la Confédération envisage de transformer les autoroutes autour de Genève, Lausanne et Bâle en un «système en anneau». À l’heure actuelle, plus de 70% des 11 855 kilomètres de routes nationales disposent de quatre voies. Seuls 97 kilomètres d’autoroutes ont six pistes. Les commentaires vont bon train: «Il est grand temps de réagir. L’autoroute entre Lausanne et Genève a été construite dans les années 60. Elle a été terminée pour l’Expo 64. Depuis elle n’a jamais été adaptée au trafic actuel», réagit un lecteur du Matin. La parole à Dieter Kläy sur ce dossier, c’est l’une de ses spécialités à l’usam.

Dans le cadre de l’enveloppe prévue pour les Routes nationales 2020-2023, le Conseil fédéral met en œuvre le programme stratégique actualisé (STEP Routes nationales) et demande un crédit de 4,65 milliards de francs pour les projets d’extension de la phase 2019 et pour la concrétisation de la planification des autres projets d’extension des routes nationales du STEP. À cela s’ajoute une enveloppe de 8,16 milliards de francs pour les années 2020 à 2023, comprenant l’exploitation et l’entretien des routes nationales et leur modernisation.

Les trois projets prévus pour la phase d’extension 2019 comprennent l’extension de la capacité à Crissier, le contournement de Lucerne y compris l’extension sud (Kriens–Hergiswil) et l’extension nord (extension de capacité Rotsee-Buchrain), ainsi que le contournement du Locle. Cela fait longtemps que l’usam soutient ces projets.

Mais une perspective à plus long terme de l’extension de l’infrastructure routière nationale est également nécessaire, puisque près de 26 000 heures de congestion ont été enregistrées sur le réseau routier national suisse en 2017. Car voici un autre record et il est triste. Il s’agit d’un doublement par rapport à 2009 des embouteillages. Or ces derniers augmentent principalement en raison de problèmes structurels plutôt que d’accidents. En 2017, neuf heures de bouchon sur dix de bouchons étaient dues à des problèmes de capacité.

L’usam salue les six pistes

Le fait que le Conseil fédéral planifie actuellement des autoroutes à six voies est cohérent et correct. Aujourd’hui, moins de 100 km du réseau routier national sont à six voies. Sans perspective à long terme, la situation ne fera qu’empirer. Il convient donc de se féliciter de l’extension à six voies des tronçons autoroutiers congestionnés dans les agglomérations et entre les villes, en particulier le long de l’A1. Les heures de congestion sont improductives, empêchent les livraisons à temps et nuisent au commerce et à la clientèle. L’exigence des Verts et de la gauche de transférer le trafic vers le rail n’est pas réaliste. Environ 80% du trafic de fret est distribué par camionnette de livraison sur la route. De plus en plus de constructeurs optent pour des véhicules particulièrement respectueux de l’environnement.

Dieter Kläy, usam, adaptation jam

françois launaz, président d’auto-suisse

«Refuser d’adapter les infrastructures serait une erreur gravissime!»

François Launaz estime que le projet des autoroute à six pistes va dans le bon sens. Le président d’auto-suisse était interrogé par le quotidien neuchâtelois ArcInfo. Extraits.

«Les infrastructures n’ont pas été adaptées à l’augmentation du trafic et de la population. Celle-ci devrait atteindre 10 millions de personnes en 2035. L’autoroute Lausanne–Genève date de 1964.»

«Les bouchons coûtent des milliards et ça pollue. Pour réaliser Rail 2000, il a fallu utiliser des milliers d’hectares. Il faut faire de même pour le trafic routier. Celui-ci n’est pas seulement individuel, mais aussi commercial et de loisirs. Il y a un besoin de mobilité.»

«Dans la réalisation, il faut aussi avoir une certaine flexibilité. Dans certains endroits, on peut utiliser la bande d’arrêt d’urgence. Dans d’autres, c’est impossible.»

«Les ponts, par exemple, ne sont pas assez larges. Ils doivent être refaits. Les budgets sont à disposition. Il faudra des années et des années pour réaliser ces infrastructures parce qu’il y a des oppositions.»

«Des projets sont déjà en cours pour le tunnel de Gubrist, qui fait partie du contournement de Zurich, et à Härkingen sur l’A1 dans le canton de Soleure. Il faudra que l’Office fédéral des routes travaille en intelligence avec les villes pour fixer des priorités.»

«Avec Simonetta Sommaruga en charge maintenant des transports, nous verrons si elle arrive à calmer le débat et mettre un peu de bon sens dans la discussion.»

«Refuser d’adapter les infrastructures serait une erreur gravissime. Il faut ouvrir les yeux et ne pas utiliser des arguments qui n’ont rien à voir avec le trafic. C’est de l’électoralisme.»

«Doris Leuthard avait réussi à arrêter la bataille rail-route. Maintenant, on recommence.» ArcInfo