Publiziert am: 28.10.2019

«Je sais rassembler au-delà de mon parti!»

DEUXIÈME TOUR Olivier Français (PLR/VD) est candidat aux Etats face à un tiquet rose-vert uni. Il compte sur le soutien des associations économiques et des quatre partis du centre et de droite.

Olivier Français mène une campagne de proximité. Lorsque nous l’appelons, vendredi 25 octobre, il est au marché des Diablerets. «La campagne ne fait que commencer, elle n’a pas vraiment eu lieu au premier tour.» Le conseiller aux Etats Libéral-Radical mise sur le soutien des quatre partis du centre et du centre-droite – et rappelle que 2/3 des votants UDC l’ont soutenu lors de l’assemblée que ce parti a tenu après le 20 octobre. Interview second tour.

Olivier Français, vous vous présentez au second tour pour votre réélection au Conseil des Etats. Compte tenu de votre position au premier tour, quels seront les axes de votre campagne, comment espérez-vous défendre le camp bourgeois face au tiquet vert-rose ?

Olivier Français: Comme il n’y pas eu de véritable campagne spécifique au premier tour, ma campagne ne fait que commencer. J’ai dégagé neuf thèmes de campagne dont le plus important est l’emploi. Il faut vraiment pouvoir garantir des emplois pour l’avenir – et assurer de le faire au sein d’une économie saine, plurielle et fortement diversifiée comme l’est la nôtre dans le Canton de Vaud. Cela signifie qu’il va falloir continuer à se battre en amont pour la formation, la formation duale et la recherche, fondamentale et appliquée. Les deux autres piliers fondamentaux sont les infrastructures, la fiscalité – une fiscalité qui tienne compte de la diversité des tissus industriels, de celle des territoires et des populations.

A Berne, je me suis battu pour l’environnement. Le Conseil des Etats a accepté contre l’avis du Conseil Fédéral (par 36 voix sur 37) ma proposition pour que la Confédération devienne autonome électriquement d’ici 12 ans en installant sur ses propriétés l’équivalent de 170 terrains de foot de panneaux photovoltaïques. Pour un coût de 40 millions par an sur 12 ans, cette autonomie électrique peut être réalisée. Et sur la loi sur le CO2, les mesures qui ont été décidées nécessiteront une modification de la loi sur l’aménagement du territoire et de l’énergie, pour permettre par exemple de mettre en place des installations de photovoltaïque et de biogaz dans les zones agricoles.

De quels soutiens disposez-vous réellement au centre-droite et au centre – on a dit que l’UDC vous soutenait à reculons ?

C’est un titre de journal ! En fait, lors de cette assemblée, deux tiers des délégués ont voté en faveur de ma candidature. L’UDC me soutient donc comme candidat unique. En plus du soutien de ma famille radicale, j’ai celui des Verts libéraux et du PDC. Les quatre partis du centre et du centre-droite me soutiennent. Sur un plan arithmétique, cela signifie que je peux compter sur 57 à 58% des voix.

Dans le contexte actuel, vague verte, candidatures féminine et recul du camp bourgeois, quelles sont vos chances de l’emporter et comment pensez-vous tirer des voix en dehors de votre électorat naturel – ce qui est bien sûr un important critère pour l’emporter ?

Je suis toujours parvenu à rassembler bien au-delà de mon parti. Et ce que j’entend démontrer lors de cette campagne, c’est mon esprit d’ouverture bien réel. Je ne souhaite pas être le problème de la solution, mais la solution du problème. Je préfère la politique des petits pas et aboutir à un compromis en faisant ensemble une bonne partie du chemin. C’est par exemple le cas en matière de taxe. En effet une bonne partie de la population est d’accord de payer pour diverses prestations, mais jusqu’à un certain point. Si on place le curseur trop haut, on sera toujours combattu. Dans la fiscalité, c’est la même chose. Au-delà d’un montant raisonnable, les gens s’en vont.

Qui s’engage à vos côtés durant cette campagne ?

Les organisations économiques : la Fédération vaudoise des entrepreneurs (FVE) qui est mon milieu naturel, puisque je suis ingénieur de métier. Il y a aussi la Chambre vaudoise du commerce de l’industrie (CVCI), la Société suisse des entrepreneurs et l’usam. Et je compte sur de nombreux soutiens au Centre patronal...

Si vous êtes élu, que ferez-vous à Berne pour représenter les PME ?

L’un des dossiers qui me tient à cœur est celui des mesures d’application de la loi sur les marchés publics, pour lequel j’ai proposé quatre points majeurs. Sur la lutte de la sous-enchère, je pense que nous devons encore nous battre. Et surveillez cette ordonnance, lorsqu’elle sortira.

Sur les infrastructures routières et ferroviaires, c’est aussi prioritaire. J’estime que nous avons 10 ans de retard. Cela prend encore bien trop longtemps pour débloquer certains dossiers – à l’image du contournement de Crissier. Nous avons un immense retard à rattraper et je le ferai à Berne!

Interview: Journal des arts et métiers