Publié le: 4 juin 2021

La force tranquille de la CIME

Communauté d’intérêts MURS D’ESCALADE – Ce sport est devenu très populaire, dopé par une forte croiss­ance en 25 ans. Cependant, la pan­dé­mie a secoué le secteur et ses acteurs se sentent abandonnés par les déci­deurs politiques. La situation actuelle demeure bien incertaine.

Les murs d’escalade artificiels sont devenus indispensables de nos jours. La croissance de cette activité est constante. Les installations intérieures permettent la pratique indépendamment des conditions météorologiques, ainsi que la participation à des entraînements ou des compétitions axés sur des objectifs. Simon Riediker, président de la communauté d’intérêt Murs d’escalade (CIME) connaît bien ce microcosme. Il a fait de son hobby son métier et dirige depuis sept ans un centre d’escalade à Winterthur. Une activité dont il valorise la polyvalence, qu’il s’agisse d’organiser, de coordonner, d’activités pratiques dans la construction d’itinéraires ou de travail à la réception et à la cafétéria. Ce qui était autrefois destiné à l’entraînement en plein air sur la paroi rocheuse est devenu ces dernières années un sport populaire à la mode. Selon Simon Riediker, «les installations permettent aux habitants des villes de pratiquer ce sport qui n’est plus réservée aux grimpeurs et aux fous, mais à tout un chacun.»

Les infrastructures modernes sont ouvertes aux groupes scolaires et aux excursionnistes. Des formations permettent d’acquérir les compétences et les capacités nécessaires pour s’assurer mutuellement. L’escalade en salle fonctionne tout aussi bien comme un sport de compétition, car elle peut être pratiquée dans des conditions contrôlées. Cette «professionnalisation» du sport se reflète dans les infrastructures: «Les salles d’escalade sont devenues des lieux de loisirs. Les gens se rencontrent pour se former, échanger des idées et consommer. En outre, des cours et des événements sont désormais proposés.»

«L’impact financier de la pandémie sur nos entreprises n’est malheureusement pas pris suffisamment au sérieux par les responsables politiques.»

L’escalade à mains nues, en particulier, est devenue très populaire ces dernières années. Cette activité se pratique sans harnais ni corde. C’est précisément là que réside son attrait: grimper à la limite de la performance physique et repousser les limites.

Investir: la prochaine génération

Beaucoup de nouveaux membres s’entraînent à mains nues. Selon Simon Riediker, il n’y a pas de grimpeur «type». «Certains préfèrent cela, d’autres s’assurent. Certains aiment le défi sportif, pour d’autres c’est plus social. Chaque grimpeur détermine lui-même ce qui est important pour lui et le degré d’ambition qu’il veut avoir dans ce hobby.»

La plupart viennent ici toutes les semaines, les pros s’entraînent tous les jours. La plupart des gens pratiquent l’escalade en salle comme un hobby. «L’escalade vous met au défi de manière très globale, tant sur le plan physiologique que psychologique.» Les infrastructures modernes offrent de bonnes opportunités pour les nouveaux venus: par exemple, il existe des installations autosécurisées avec lesquelles on peut rapidement s’initier. «Nous donnons ainsi à un large public un accès facile à l’escalade. Le mouvement dans l’espace tridimensionnel est actuellement très demandé.»

De 3 à 80 ans, la grimpe!

Tout cela nécessite également une infrastructure moderne et constamment mise à jour. Ainsi, les exigences d’une installation de loisirs contemporaine sont en constante évolution. «La qualité de l’accueil, la propreté et l’hygiène sont des facteurs de base importants pour nous en tant que prestataire de services, ajoute notre interlocuteur. De nombreuses installations proposent également d’autres servies, un restaurant, un shop, des événements, des cours... Les gens sont prêts à payer quelque chose pour cela.»

Selon l’entrepreneur, l’accent sera à l’avenir mis sur les sports de masse. Toutes les offres et formes d’exercice qui offrent des «obstacles d’entrée» relativement faibles pour les nouveaux grimpeurs joueront un rôle central. «En proposant des offres pour les enfants d’aujourd’hui, nous investissons également dans la prochaine génération. Dans notre établissement, par exemple, nous disposons d’une aire de jeux avec un mur d’escalade pour les enfants dès l’âge de trois ans. Nos clients les plus seniors ont largement dépassé l’âge de 80 ans».

La formation et ses normes

La formation revêt une grande importance dans cette branche. La sécurité, c’est somme toute la clé de voûte de l’escalade. La communauté d’intérêt a donc standardisé la formation de base pour l’escalade sportive dans les installations du pays. «La plupart des organisations forment désormais à ces normes. Nous sommes également très heureux que nos organisations partenaires, comme le Club alpin suisse ou l’Association des guides de montagne, nous emboîtent le pas», relève Simon Riedker.

Parce que c’est évident: une erreur lors de la montée ou de l’assurage peut avoir des conséquences fatales. Alors que dans le passé, les règles et les astuces les plus importantes étaient montrées par un collègue, ce concept d’apprentissage ne fait plus recette.«Nous donnons à un large public un accès facile à l’escalade.»

«Les nouveaux venus doivent savoir exactement ce qu’ils sont autorisés à faire

Aujourd’hui, il faut donc des chefs de cours et des instructeurs pros, qui connaissent bien la gestion des risques sur les murs d’escalade et les parois rocheuses. Les grimpeurs qui s’entraînent aux normes de l’IG sont formés par leur agent de formation pendant plusieurs mois aux spécifications standard. Ils effectuent des stages et sont testés sur leurs compétences par deux experts extérieurs. «Les nouveaux venus doivent savoir exactement ce qu’ils sont autorisés à faire et ce qu’ils ne sont pas autorisés à faire.

De plus, la responsabilité personnelle est aussi une priorité absolue: «Si je dispose de la formation nécessaire, j’utilise généralement l’installation d’escalade à mes propres risques. Grâce à une bonne formation de base, relativement peu d’accidents se produisent», explique notre jeune expert en escalade.

Cela posé, les défis autour de la Covid-19 sont grands. La pandémie a frappé de plein fouet les installations. En raison des restrictions imposées aux sports et aux loisirs, les fermetures ont affecté la haute saison. «Bien sûr, il y a des indemnités de chômage partiel et un soutien en cas de difficultés ici et là. Mais c’est loin d’être suffisant pour couvrir les coûts fixes de nos installations à forte intensité d’infrastructures», note-t-il.

Les responsables des salles d’escalade se sentent donc abandonnés par les politiciens dans cette situation difficile: pour le bien de la population, les établissements ont dû fermer leurs portes malgré des concepts de protection bien rodés et personne ne veut aujourd’hui assumer la responsabilité des lourdes conséquences qui en découlent: «L’impact financier de la pandémie sur nos entreprises n’est pas suffisamment pris au sérieux par les politiciens, précise Simon Riedker. Les réserves financières sont détruites et ceux qui n’ont plus rien peuvent aller mendier.»

Cette impuissance face à l’échec politique a également incité la communauté à franchir le pas et à rejoindre l’usam en tant que membre, afin d’obtenir une attention commune et une audience. Pour les entreprises, il s’agit toujours de stabiliser la situation financière. «Nous commençons l’intersaison directement après le lockdown avec des réserves inexistantes.»

Les réserves financières sont détruites et ceux qui n’ont plus rien peuvent aller mendier.

Les obstacles bureaucratiques à l’obtention de l’aide financière constituent un défi supplémentaire pour le secteur. «À l’avenir, nous aurons besoin de toute urgence d’une base juridique pour une indemnisation adéquate en cas de pandémie. Les erreurs et les omissions ne doivent pas être répétées trop souvent», telles sont les demandes du secteur aux responsables politiques.

Corinne Remund

www.kletteranlagen.ch/fr/

ce que fait la communauté d’intérêts

Ouvrir les installations dès que possible!

La fondation de la Communauté d’intérêt suisse pour les murs d’escalade (CIME), le 13 octobre 2007, plonge ses racines dans les premières installations d’escalade des années 1990. La CIME a été fondée par plusieurs exploitants d’installations d’escalade et le Club Alpin Suisse SCA. L’objectif est de garantir un sport d’escalade en salle sûr et de haute qualité en Suisse. La formation et la sécurité restent des questions essentielles.

La CIME a notamment standardisé la formation de base pour l’escalade sportive et a créé sa propre formation de chef de cours. Les informations sur les normes d’infrastructure et la communication font également partie des services. La CIME encourage aussi la mise en réseau de ses membres et avec les autorités, d’autres associations, organisations et institutions. La CIME est membre du groupe d’experts Sécurité de la pratique des sports de montagne: www.securitealpine.ch. L’objectif est de promouvoir et d’entretenir un échange entre les différentes installations d’escalade afin de pouvoir, outre la collecte de savoir-faire, développer ensemble de nouvelles visions pour le sport de l’escalade.

La CIME compte en tout 78 membres. Ces derniers sont constitués d’exploitants d’installations d’escalade et de membres institutionnels tels que le Club alpin suisse SCA, l’Association suisse des guides de montagne, les écoles de montagne et le Bureau de prévention des accidents. Actuellement, 68 installations sont membres dans tout le pays – des petites installations gérées par une association aux exploitants de plusieurs installations d’escalade plus grandes, gérées de manière commerciale. Environ 70% sont des PME. L’industrie emploie environ 1000 personnes, dont la plupart travaillent à temps partiel et occupent de petits emplois. Le travail bénévole joue également un rôle important. CR

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