Publiziert am: 05.10.2018

Le facteur mental dans l’aéroportuaire

AEROSUISSE – Les compagnies d’aviation appartiennent aux transports publics! Le nouveau régime 
permettra d’optimiser l’exploitation des aéroports tout en maintenant les horaires actuels.

On l’a répété à l’envi, l’essor du trafic aérien se poursuit: l’année dernière, les aéroports civils suisses ont accueilli au total 55 millions de passagers. Il s’agit d’une augmentation de 6,4% en glissement annuel.

«L’aviation relève des transports publics et deviendra de plus en plus importante, plus que les routes et les chemins de fer s’agissant des liaisons mondiales avec notre pays, estime Philip Kristensen, directeur général d’Aerosuisse. La Suisse est l’un des pays où la demande de transport aérien par habitant est la plus élevée au monde.»

SkyWork: le paysage change

L’industrie a changé ces dernières années. «Il y a eu pas mal de consolidations et moins d’acteurs dans l’air», rappelle-t-il. Dernière en date, la défunte compagnie SkyWork à Berne, longtemps vantée comme la dernière compagnie en mains entière­ment suisses.

«Toutefois, le nombre de passagers a augmenté, les destinations aussi, tout comme la taille des avions, relève Philip Kristensen. À cela s’ajoute le fait que l’avion est devenu moins cher à exploiter.»

Résultat: pour de petits acteurs comme la Suisse, s’affirmer sur le marché mondial relève du défi 
majeur: «Nous devons disposer des possibilités de développement et des capacités nécessaires pour y parvenir afin que notre infrastructure 
aérienne puisse se développer en fonction de la demande», ajoute le directeur de l’association.

Taxes et ricochets

Parmi les facteurs susceptibles d’influencer massivement la donne 
figurent l’équilibre entre les intérêts économiques et environnementaux et le développement de l’habitat. D’où la grande importance accordée à la compétitivité des aéroports et, par ricochet, aux taxes, aux coûts d’exploitation et aux exigences liées à la réglementation.»

«De notre point de vue, il est essentiel de promouvoir une infra­structure nationale du trafic aérien efficace et des conditions-cadres qui soient absolument neutres sur le plan concurrentiel, lance Kristensen. Cela inclut non seulement les aéroports nationaux, mais aussi les aéroports régionaux.»

C’est pourquoi Aerosuisse soutient clairement la triple utilisation de l’aérodrome de Dübendorf avec l’aviation d’affaires, les forces 
aériennes et le parc d’innovation. L’aérodrome militaire d’origine est actuellement en exploitation limitée.

Limites atteintes?

L’association faîtière souligne également la grande importance de l’aviation d’affaires pour l’économie suisse. «L’aviation d’affaires génère une valeur ajoutée annuelle de plus de 1,4 milliard de francs suisses en Suisse avec plus de 17 300 collaborateurs», explique Kristensen.

Les aéroports de Zurich et de 
Genève atteignent leurs limites de capacité. «L’aviation d’affaires n’a pas sa place à l’aéroport de Zurich. C’est pourquoi elle doit être externalisée», explique le directeur général.

En ce moment, c’est le gouvernement fédéral qui s’occupe des affaires. Dans ce contexte, Aerosuisse exige également que les aéroports publics soient enfin optimisés. «Cela signifie créer des perspectives d’aménagement du territoire pour le développement d’ici à 2040, un 
démarrage direct sur la piste 16 à Zurich et aucune charge supplémentaire en termes de coûts et d’efforts administratifs», conclut Kristensen. «C’est la seule façon pour l’aéroport de Zurich de se développer en fonction de la demande croissante.»

Adapter l’existant

Il existe également un potentiel 
d’optimisation en ce qui concerne les temps d’exploitation de l’aéroport national. Aerosuisse est d’avis que les temps d’exploitation très restrictifs dans l’environnement international actuel devraient être mieux préservés.

«Les hubs comparables en Europe traitent beaucoup plus de trafic pendant cette période, poursuit Kristensen. Un système de tourniquets fonctionnant de manière optimale est indispensable si nous ne voulons pas mettre en péril les liens internationaux de la Suisse en matière d’économie et de savoir à l’avenir.»

Le rapport du Conseil fédéral sur la politique de l’aviation (Lupo 2016) traite également de ces questions. En 2004, l’organisation faîtière a incité le Conseil fédéral à rédiger un rapport politique. Aerosuisse 2017 a surveillé en permanence comment et où la Lupo sera mise en œuvre et continuera de l’être. «Avec la Lupo 2016, nous disposons d’une très bonne base», conclut-il.

Égalité de traitement

Une étape importante pour la protection du climat mondial dans l’aviation est la conception du système de compensation de CO2 Corsia, qui a été approuvé par l’Organisation de l’aviation civile interna­tionale (OACI). «Nous considérons qu’il s’agit d’une étape importante. Cela signifie qu’environ 90 pour cent des acteurs mondiaux de l’aviation commerciale sont à bord. Il n’est donc pas logique que les compagnies aériennes suisses soient 
soumises au système européen d’échange de quotas d’émission 
EU-ETS», déclare Kristensen. «Cela représenterait une double charge et fausserait sans aucun doute la concurrence.»

Corinne Remund

Adaptation: JAM/réd

aerosuisse: 50E anniversaire

Aerosuisse – l’organisation faîtière de l’industrie aéronautique suisse – a été fondée en 1968 à l’initiative d’Aero-Club Suisse, avec la participation de l’AOPA Suisse, Swissair et d’autres entreprises et associations. L’objectif était de renforcer l’image publique de l’ensemble de la branche et de repousser l’offensive politique contre le bruit et l’aviation. Aujourd’hui, la tâche principale d’Aerosuisse est de défendre les intérêts de l’industrie aéronautique, de représenter les besoins des différents acteurs à l’extérieur et d’assurer la base de son existence. L’association est également active au niveau politique et influence, entre autres, la conception de la base juridique dans le secteur aérospatial.

Aujourd’hui, Aerosuisse compte environ 150 entreprises et organisations. L’industrie aéronautique suisse emploie environ 190 000 personnes. L’ensemble de la branche réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 33,5 milliards de francs. CR

 

www.aerosuisse.ch